En 1950, l'invasion du Sud par le Nord avait déclenché la guerre de Corée. Séoul avait changé quatre fois de mains à mesure des avancées et des reculs des forces de Pyongyang soutenues par Pékin et des troupes de l'ONU emmenées par les Etats-UNis qui soutenaient le Sud.

Le conflit s'est terminé par un armistice en 1953, si bien que les deux pays sont toujours techniquement en guerre, mais depuis le début de l'année, une détente spectaculaire est en cours.

Lors de leur sommet à Pyongyang en septembre, le président sud-coréen Moon Jae-in et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un avaient décidé entre autres d'éliminer un nombre limité de postes-frontières le long de leur frontière lourdement armée.

Pyongyang a détruit 10 de ces infrastructures à l'explosif en novembre. Dix ont été rasées au Sud à l'aide d'excavatrices.

D'après le ministère sud-coréen de la Défense, les inspecteurs militaires sud-coréens ont visité chaque poste-frontière nord-coréen afin de vérifier qu'ils avaient bien été détruits, ainsi que l'absence d'armes et de troupes.

Des inspecteurs nord-coréens ont fait de même pour les installations sud-coréennes. Sur des images vidéo, on peut voir des soldats sud-coréens serrer la main de leurs homologues nord-coréens sur la ligne de démarcation militaire au centre de la DMZ, avant de passer de l'autre côté.

"C'est la première fois depuis la partition que les soldats du Nord et du Sud (...) franchissent pacifiquement la ligne de démarcation militaire", a dit le ministère. M. Moon est partisan de longue date d'un dialogue avec le Nord armé de la bombe nucléaire. Son approche diverge de plus en plus de celle de Washington qui exige une dénucléarisation totale avant toute levée des sanctions contre Pyongyang.

Malgré son nom, la DMZ est l'une des frontières les plus militarisées du monde, truffée de champs de mines et de fils barbelés.

Les deux Corées sont toutefois en train de démilitariser le village frontalier de Panmunjom. Chaque côté n'y déploiera que 35 personnes, qui ne seront pas armées.