Le politologue Roland Cayrol, dans son dernier livre sur Les Raisons de la colère des Français envers leur classe politique (Grasset), affirme que l'élection présidentielle des 23 avril et 7 mai est la " dernière chance peut-être pour pouvoir répondre aux colères qui montent du peuple ". Dernière " chance " avant quel séisme ? Un échec du prochain président, suggère l'ancien directeur de l'institut de sondages CSA, ouvrirait définitivement la voie au Front national en 2022. Et si, à la faveur d'une campagne atypique comme nulle autre, Marine Le Pen s'imposait dès ce printemps ? L'hypothèse n'est pas la plus probable, tant les enquêtes d'opinion la donnent perdante contre n'importe quel adversaire au second tour. Mais bien qu'ils continuent à dicter les débats dans l'Hexagone sans questionnement, les sondages n'ont-ils pas révélé leurs limites en bout de course aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, il n'y a pas si longtemps ? Alors, l'impensable est-il envisageable le soir du 7 mai ? Jamais en vérité la conjoncture française n'a été aussi propice à un vote extrême. Examen de la conjonction de planètes qui pourrait provoquer une éclipse sans pareil du rayonnement de la France.
...