Les difficultés d'approvisionnement des stations service du pays persistaient lundi, en dépit des promesses répétées de l'exécutif de "libérer" les sites paralysés.

"Cinq des huit raffineries françaises sont en grève, arrêtées ou en cours d'arrêt", a déclaré à l'AFP Emmanuel Lépine, secrétaire fédéral de la branche pétrole du syndicat CGT, en pointe du mouvement social contre la loi Travail.

Concentré jusqu'ici dans le nord-ouest du pays, le blocage de sites pétroliers s'est étendu lundi au sud-est.

Près de Marseille, un demi-millier de militants CGT ont barré d'un mur de pneus et de feux de palettes l'accès à un important dépôt de carburant à Fos-sur-Mer. Un second barrage empêchait aussi de rejoindre une raffinerie Esso.

Sur 189 dépôts paralysés dans le pays depuis la fin de semaine dernière, plusieurs ont toutefois été débloqués par les forces de l'ordre, selon un responsable CGT du géant pétrolier Total, dans l'incapacité de fournir un nombre précis de dépôts encore bloqués.

Entre le gouvernement socialiste et les opposants à sa réforme, le ton s'est encore durci lundi. "Si le gouvernement ne retire pas son projet (...) les mobilisations vont continuer, s'amplifier", a averti le numéro un de la CGT, Philippe Martinez.

Le ministre des Finances Michel Sapin a répliqué en fustigeant des blocages "illégitimes". Il a réaffirmé la volonté du gouvernement d'utiliser "tous les instruments" à sa disposition pour les faire cesser.

En déplacement en Israël, le Premier ministre Manuel Valls a assuré dimanche soir depuis Tel Aviv que les pouvoirs publics vont "continuer à évacuer un certain nombre de sites et notamment les dépôts" de carburant.

Dans le quart nord-ouest du pays, la ruée vers les pompes d'automobilistes inquiets a amené les autorités à prendre depuis vendredi des mesures de rationnement de la distribution.

-'Parler de pénurie crée la pénurie'-

Les difficultés d'approvisionnement ont entraîné une pénurie totale ou partielle de certains types de carburant dans quelque 1.500 stations sur les 12.000 du pays, selon le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies qui a appelé à ne pas céder à la "panique".

"Parler de pénurie crée la pénurie", a averti Michel Sapin.

Manuel Valls a réaffirmé que la réforme du droit du travail, contestée dans la rue depuis mars mais passée en force à l'Assemblée nationale la semaine dernière faute de majorité, irait "jusqu'au bout".

Ce texte ambitionne de déverrouiller le marché du travail dans un pays où le chômage endémique avoisine 10% de la population active, mais ses détracteurs estiment qu'il va renforcer la précarité des salariés.

Ils lui reprochent notamment de vouloir accorder une primauté aux négociations d'entreprises sur les accords de branche, ou de tirer les salaires vers le bas avec la possibilité de réduire le paiement des heures supplémentaires.

Le gouvernement a accordé ce week-end des garanties aux routiers, remontés contre ce dernier point, mais la semaine promet d'être encore chaude avec une nouvelle journée de grèves et manifestations prévue jeudi.

Outre les raffineries, les ports devraient également être touchés. Dans les chemins de fer, des grèves sont programmées mercredi et jeudi.

Les opposants à la loi Travail ont multiplié depuis début mars les journées d'actions, qui ont été émaillées de violences. Après un essoufflement en avril, le mouvement a repris de la vigueur la semaine dernière avec 128.000 à 400.000 personnes dans les rues.

En filigrane de la contestation, les accusations de trahison pleuvent sur le président François Hollande, au plus bas des sondages à un an de la fin de son mandat. "Est-ce que Hollande dans son programme avait dit +je vais m'attaquer au Code du Travail?", a dénoncé lundi le patron de la CGT.

A la tête de l'opposition de droite, Nicolas Sarkozy a véhiculé le même reproche la semaine passée. "Tout le problème est là: dans le sentiment justifié qu'ont tant d'électeurs d'avoir été trompés", a reproché l'ancien chef de l'Etat à son successeur.

Les difficultés d'approvisionnement des stations service du pays persistaient lundi, en dépit des promesses répétées de l'exécutif de "libérer" les sites paralysés."Cinq des huit raffineries françaises sont en grève, arrêtées ou en cours d'arrêt", a déclaré à l'AFP Emmanuel Lépine, secrétaire fédéral de la branche pétrole du syndicat CGT, en pointe du mouvement social contre la loi Travail.Concentré jusqu'ici dans le nord-ouest du pays, le blocage de sites pétroliers s'est étendu lundi au sud-est.Près de Marseille, un demi-millier de militants CGT ont barré d'un mur de pneus et de feux de palettes l'accès à un important dépôt de carburant à Fos-sur-Mer. Un second barrage empêchait aussi de rejoindre une raffinerie Esso.Sur 189 dépôts paralysés dans le pays depuis la fin de semaine dernière, plusieurs ont toutefois été débloqués par les forces de l'ordre, selon un responsable CGT du géant pétrolier Total, dans l'incapacité de fournir un nombre précis de dépôts encore bloqués.Entre le gouvernement socialiste et les opposants à sa réforme, le ton s'est encore durci lundi. "Si le gouvernement ne retire pas son projet (...) les mobilisations vont continuer, s'amplifier", a averti le numéro un de la CGT, Philippe Martinez.Le ministre des Finances Michel Sapin a répliqué en fustigeant des blocages "illégitimes". Il a réaffirmé la volonté du gouvernement d'utiliser "tous les instruments" à sa disposition pour les faire cesser.En déplacement en Israël, le Premier ministre Manuel Valls a assuré dimanche soir depuis Tel Aviv que les pouvoirs publics vont "continuer à évacuer un certain nombre de sites et notamment les dépôts" de carburant.Dans le quart nord-ouest du pays, la ruée vers les pompes d'automobilistes inquiets a amené les autorités à prendre depuis vendredi des mesures de rationnement de la distribution.-'Parler de pénurie crée la pénurie'-Les difficultés d'approvisionnement ont entraîné une pénurie totale ou partielle de certains types de carburant dans quelque 1.500 stations sur les 12.000 du pays, selon le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies qui a appelé à ne pas céder à la "panique"."Parler de pénurie crée la pénurie", a averti Michel Sapin.Manuel Valls a réaffirmé que la réforme du droit du travail, contestée dans la rue depuis mars mais passée en force à l'Assemblée nationale la semaine dernière faute de majorité, irait "jusqu'au bout".Ce texte ambitionne de déverrouiller le marché du travail dans un pays où le chômage endémique avoisine 10% de la population active, mais ses détracteurs estiment qu'il va renforcer la précarité des salariés.Ils lui reprochent notamment de vouloir accorder une primauté aux négociations d'entreprises sur les accords de branche, ou de tirer les salaires vers le bas avec la possibilité de réduire le paiement des heures supplémentaires.Le gouvernement a accordé ce week-end des garanties aux routiers, remontés contre ce dernier point, mais la semaine promet d'être encore chaude avec une nouvelle journée de grèves et manifestations prévue jeudi.Outre les raffineries, les ports devraient également être touchés. Dans les chemins de fer, des grèves sont programmées mercredi et jeudi.Les opposants à la loi Travail ont multiplié depuis début mars les journées d'actions, qui ont été émaillées de violences. Après un essoufflement en avril, le mouvement a repris de la vigueur la semaine dernière avec 128.000 à 400.000 personnes dans les rues.En filigrane de la contestation, les accusations de trahison pleuvent sur le président François Hollande, au plus bas des sondages à un an de la fin de son mandat. "Est-ce que Hollande dans son programme avait dit +je vais m'attaquer au Code du Travail?", a dénoncé lundi le patron de la CGT.A la tête de l'opposition de droite, Nicolas Sarkozy a véhiculé le même reproche la semaine passée. "Tout le problème est là: dans le sentiment justifié qu'ont tant d'électeurs d'avoir été trompés", a reproché l'ancien chef de l'Etat à son successeur.