Le réservoir chimique de la Grande guerre

Le réservoir chimique de la Grande guerre
1. Les anciens champs de bataille de la Grande Guerre continuent à recracher chaque année des munitions. © Frédéric Pauwels - Collectif Huma

Pollution guerre © Frédéric Pauwels - Collectif Huma

1. Les anciens champs de bataille de la Grande Guerre continuent à recracher chaque année des munitions.

Pollution guerre © Frédéric Pauwels - Collectif Huma

Les anciens champs de bataille de la Grande Guerre continuent à recracher chaque année des munitions.

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Les agriculteurs qui retrouvent ces munitions non explosées ont l'habitude de les mettre de côté en attendant le passage des services de déminage.

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Plus d'1 million d'obus ont été projetés sur les 700 km de la ligne de front occidentale de la Grande Guerre, dont 20 à 30% n'ont pas explosé.

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Avec la corrosion, ces munitions deviennent de plus en plus sensibles et dangereuses. En France, environ 500 tonnes de munitions sont ainsi enlevées par les services de déminage, chaque année.

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Depuis la découverte en 2007 du site de la Place à Gaz, en forêt de Spincourt, près de Verdun, on découvre que le problème de la pollution héritée de 14-18 est sans doute encore plus important.

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Cette zone de 70 m de diamètre a été polluée par de l' arsenic suite à l'élimination par brûlage, dans l'entre-deux-guerres, de 200.000 obus chimiques.

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Le terrain contient aussi des métaux lourds, les restes des matières formant les explosifs et des toxiques de guerre arséniés (ici, une bouteille qui contenait ces arsines dans les obus toxiques).

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Les scientifiques allemands Tobias Bausinger et Johannes Preuß ont détecté des taux supérieurs à 100 grammes d'arsenic par kilogramme de "sol".

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La Préfecture de la Meuse a interdit l'accès et à cette zone et mandaté le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) pour évaluer cette pollution de façon plus approfondie.

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Géologue environnementaliste au sein du BRGM, Daniel Hubé a ainsi découvert en 2015 que la Place à Gaz n'était pas un cas isolé.

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Non loin de la Place à Gaz, des activités de brûlage et de pétardage de munitions ont été menées dans les années 1920 à Vaudoncourt, Loison et Muzeray.

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Ce morceau d'obus contient encore de la matière explosive, potentiellement dangereuse. L'agriculteur local a marqué discrètement son emplacement avec une tige métallique pour le signaler aux démineurs sans attirer de curieux.

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14. Personne ne sait à ce jour comment les terres dont la pollution est visible à l'oeil nu ont été réintégrées dans les parcelles cultivées à l'occasion de remembrement récents (ici une tête d'obus). En 2015, le préfet de la Meuse a décidé d' interdire la vente des productions agricoles issues de ces parcelles

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15. Ces installations industrielles, dirigées par la société "Clere & Schwander", ont laissé de nombreux déchets dans le sol (ici, fragments de bouteille en verre contenant les toxiques dans les obus).

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16. Sans doute les habitants des villages alentours ont-ils préféré "oublier" ce qui s'était passé en ces lieux.

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17. Selon Daniel Hubé, pas moins d'1,5 millions d'obus chimiques et 30.000 obus explosifs ont été acheminés sur ces terres à partir de 1919. Dépeuplé par la guerre, et déjà pauvre avant celle-ci, le département de la Meuse a pour ainsi dire servi de poubelle pour les autres régions après le conflit.

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Le bois de sapins qui jouxte une des parcelles polluées recèle une partie du secret.

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Ces mares sont en fait les cratères de l'ancien champ d'explosion dans lequel certains obus étaient détruits par pétardement.

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20. Une partie des installations de l'époque sont encore présentes sous la végétation, comme cet abri en tôle.

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21. Les tuyaux de grès étaient utilisés pour évacuer les produits toxiques.

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Ces tuyaux proviennent d'Alsace, région d'où provenait l'exploitant, Clere & Schwander.

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Selon Daniel Hubé, "L'e?limination d'engins de guerre du premier conflit mondial n'a pas uniquement laisse? ses traces chimiques dans les sols de la ligne de front, mais aussi la? ou? les surplus de munitions avaient e?te? stocke?s, non loin de leurs sites de production. C'est tout le territoire qui peut e?tre concerne? et peut-e?tre bien au-dela?."

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Outre le milliard d'engins de guerre tire?s en 3 a? 4 ans sur le front, dont 20 a? 30% n'ont pas fonctionne? correctement, plus d'1,7 million de tonnes de surplus de munitions non utilise?es ou récupérées ont constitué ce que Daniel Hubé appelle "le réservoir chimique de la Grande Guerre"

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Les paysans se sont sans doute trop habitués à la présence des munitions dans le sol, au point de ne plus les voir et de sous-estimer leur danger. Ils constituent de petits dépôts de munitions, débris et ferrailles en bordure de parcelle.

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C'est au cours de 4 ans de recherches sur le terrain et dans des archives disséminées dans le monde entier que Daniel Hubé a découvert comment, pour la toute premie?re fois dans l'Histoire de l'Humanite?, apre?s l'avoir produit et fait usage, on de?truisit en si peu de temps un arsenal infernal.

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Dans les années 1920, l'Etat français a passé des contrats avec une dizaine d'entreprises privées de désobusage. Celles-ci récupéraient le métal en échange d'une redevance. Elles ont mystérieusement terminé leurs activités à la fin des années 1920 en laissant les terrains en l'état.

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L'entreprise britannique Pickett & Fils tenait elle-même une dizaine d'usines de déconstruction de munitions en France. Ici, les vestiges de l'usine de Trélon, dans le Nord.

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Une autre Place à Gaz.