Interrogé pour savoir s'il allait répondre aux appels à la démission qui s'élèvent dans le pays, le président conservateur a répondu: "Non", tout en reconnaissant qu'il était "responsable d'une partie" des "problèmes qui se sont accumulés depuis trente ans".

Le mouvement de contestation est entré lundi dans sa troisième semaine malgré l'annonce de nombreuses mesures sociales. Il a débuté sur une protestation contre l'augmentation du prix du métro et s'est rapidement élargi à toute une série de revendications.

"Les problèmes se sont accumulés ces trente dernières années. Je suis responsable d'une partie d'entre eux et j'en assume la responsabilité, mais je ne suis pas le seul responsable", a souligné M. Piñera.

Évoquant "les nombreuses plaintes pour usage excessif de la force", il a assuré que "si cela s'est produit, je peux vous garantir qu'il y aura une enquête (...) et des poursuites en justice. Il n'y aura pas d'impunité".

Des militants, dont le prix Nobel de la paix Rigoberta Menchu, ont appelé Piñera à faire cesser les violations "systématiques et graves" des droits de l'Homme lors de la répression des manifestations.

Le président chilien a justifié l'instauration de l'état d'urgence en soulignant qu'il avait "employé les outils démocratiques et constitutionnels (...) pour rétablir l'ordre public et protéger nos citoyens".

La première semaine du conflit avait vu l'armée chilienne patrouiller aux côtés de la police dans les rues de Santiago.