Star de la télé aux Etats-Unis, l'humoriste hôte du Jimmy Kimmel Live diffusé sur la chaîne ABC a livré la semaine dernière un poignant plaidoyer contre l'abrogation de l'Obamacare. Les larmes aux yeux et la voix tremblante, il a évoqué pendant près d'un quart d'heure la malformation cardiaque de son nouveau-né et son besoin urgent d'être opéré, suscitant l'émotion de son audience et de nombreuses marques de soutien sur les réseaux sociaux. "Si votre bébé est sur le point de mourir, on ne devrait pas se préoccuper de combien d'argent vous gagnez. C'est une chose sur laquelle tout le monde doit être d'accord, que vous soyez républicain, démocrate ou quelque chose d'autre", a dit l'humoriste. Billy, le fils de Jimmy Kimmel, est né le 21 avril. Quelques heures après sa naissance, des difficultés sont apparues et il a dû être opéré en urgence, avec succès.

Jimmy Kimmel explique : "Sans l'Obamacare entrée en vigueur en 2010, si vous étiez né avec une maladie cardiaque congénitale comme mon fils, il y avait de fortes chances pour que vous ne puissiez jamais obtenir d'assurance santé en raison de cette condition préexistante". Ajoutant des trémolos dans la voix: "Les parents ne devraient jamais avoir à décider s'ils ont les moyens de sauver la vie de leur enfant, ça ne doit pas arriver. Pas aux Etats-Unis". Dans le pays, les opérations cardiaques sur des nouveau-nés peuvent coûter plus de 100 000 dollars. Sans une bonne assurance maladie, certains frais de santé ne sont pas remboursés intégralement aux patients.

Son témoignage lui a valu les félicitations de Barack Obama. "Bien dit, Jimmy. C'est exactement pour cela qu'on s'est battu si dur pour l'ACA (l'Affordable Care Act ou Obamacare, NDLR), et c'est pourquoi nous devons la protéger pour des enfants comme Billy. Et félicitations", a-t-il tweeté. Hillary Clinton a également réagi.

Son intervention télévisée n'est pas anodine en pleine procédure d'abrogation de l'Obamacare par le Congrès américain. Ce jeudi 4 mai, la Chambre des représentants (à majorité républicaine) a en effet franchi la première phase du démantèlement de l'assurance maladie instaurée, en 2010, par Barack Obama. Les républicains ont trouvé la majorité pour faire passer la réforme de Donald Trump et annuler celle de son prédécesseur. Le texte est passé à une étroite majorité (217 voix contre 213), après un premier échec le 24 mars dernier. Le texte est désormais suspendu à la volonté du Sénat. Le projet risque encore d'être amendé en profondeur, lorsqu'il passera au Sénat.

"Tais-toi Kimmel, monstre élitaire !"

De retour de son congé de paternité, Jimmy Kimmel s'est exprimé en ce début de semaine dans un nouveau monologue. Il remercie les nombreuses marques de soutien envers sa famille et s'excuse aussi "d'avoir dit que les enfants américains devaient avoir accès à des soins de santé". "C'était faire preuve de peu de sensibilité et me montrer injurieux et j'espère que vous trouverez dans votre coeur de quoi me pardonner", a-t-il déclaré non sans une bonne dose de cynisme.

Car son plaidoyer n'a pas recueilli que des bons sentiments et des marques de soutien. La presse américaine a, entre autres, critiqué sa démarche. Le New York Post lui reprochant notamment "de mentir de façon obscène sur les soins de santé des enfants". Le Washington Times y va aussi de son commentaire: "Tais-toi Kimmel, monstre élitaire." Dans un extrait vidéo, le républicain Newt Gingrich assure qu'un enfant dans le besoin ne se verra jamais refuser d'aide médical si ses parents ne sont pas en mesure de pas payer les frais. Le républicain Joe Walsh, ancien élu de la Chambre des représentants lance, de son côté, sans nuance ni pitié, sur Twitter: "Désolé, Jimmy Kimmel. Votre triste histoire ne m'oblige pas, ni personne d'autre, à payer pour la couverture santé d'un tiers."

24 millions d'Américains privés d'assurance santé

Le "Trumpcare" est controversé, la mesure priverait ainsi au moins 24 millions d'Américains d'assurance santé d'ici à 2016, dénonce The New York Times, qui reprend une estimation réalisée pour une précédente version de la mesure, que les républicains avaient échoué à faire voter fin mars. Ils sont dix millions à ne pas être couverts à l'heure actuelle. Les conséquences de cette réforme pourraient être désastreuses, entraînant notamment des coupes franches dans le programme Medicaid (l'assurance santé pour les personnes défavorisées) ; la fin des subventions offertes à certaines catégories de population pour souscrire une assurance (remplacées par des crédits d'impôt) ; la fin de l'obligation individuelle de s'assurer imposée par l'Obamacare...Le "Trumpcare" supprimerait, en outre, l'obligation individuelle de s'assurer ainsi que les amendes infligées aux Américains sans couverture santé. Le nouveau projet pourrait autoriser les Etats à ne plus obliger les assureurs à couvrir tous les patients, même ceux qui ont des antécédents médicaux comme une maladie chronique ou un cancer, ou des malformations graves à la naissance.

Près de la moitié des 325 millions d'Américains bénéficient d'une couverture maladie souscrite par leurs employeurs auprès d'assureurs privés, ils ne sont donc pas directement touchés par la réforme. Seul un tiers d'entre eux, les plus vulnérables, ont une couverture publique. Les autres n'ont aucune assurance ou souscrivent à leurs frais auprès d'assureurs privés, à des coûts souvent exorbitants. Avec l'Obamacare, le nombre de personnes non assurées est passé de 16% de la population à 9%.

Star de la télé aux Etats-Unis, l'humoriste hôte du Jimmy Kimmel Live diffusé sur la chaîne ABC a livré la semaine dernière un poignant plaidoyer contre l'abrogation de l'Obamacare. Les larmes aux yeux et la voix tremblante, il a évoqué pendant près d'un quart d'heure la malformation cardiaque de son nouveau-né et son besoin urgent d'être opéré, suscitant l'émotion de son audience et de nombreuses marques de soutien sur les réseaux sociaux. "Si votre bébé est sur le point de mourir, on ne devrait pas se préoccuper de combien d'argent vous gagnez. C'est une chose sur laquelle tout le monde doit être d'accord, que vous soyez républicain, démocrate ou quelque chose d'autre", a dit l'humoriste. Billy, le fils de Jimmy Kimmel, est né le 21 avril. Quelques heures après sa naissance, des difficultés sont apparues et il a dû être opéré en urgence, avec succès. Jimmy Kimmel explique : "Sans l'Obamacare entrée en vigueur en 2010, si vous étiez né avec une maladie cardiaque congénitale comme mon fils, il y avait de fortes chances pour que vous ne puissiez jamais obtenir d'assurance santé en raison de cette condition préexistante". Ajoutant des trémolos dans la voix: "Les parents ne devraient jamais avoir à décider s'ils ont les moyens de sauver la vie de leur enfant, ça ne doit pas arriver. Pas aux Etats-Unis". Dans le pays, les opérations cardiaques sur des nouveau-nés peuvent coûter plus de 100 000 dollars. Sans une bonne assurance maladie, certains frais de santé ne sont pas remboursés intégralement aux patients.Son témoignage lui a valu les félicitations de Barack Obama. "Bien dit, Jimmy. C'est exactement pour cela qu'on s'est battu si dur pour l'ACA (l'Affordable Care Act ou Obamacare, NDLR), et c'est pourquoi nous devons la protéger pour des enfants comme Billy. Et félicitations", a-t-il tweeté. Hillary Clinton a également réagi.Son intervention télévisée n'est pas anodine en pleine procédure d'abrogation de l'Obamacare par le Congrès américain. Ce jeudi 4 mai, la Chambre des représentants (à majorité républicaine) a en effet franchi la première phase du démantèlement de l'assurance maladie instaurée, en 2010, par Barack Obama. Les républicains ont trouvé la majorité pour faire passer la réforme de Donald Trump et annuler celle de son prédécesseur. Le texte est passé à une étroite majorité (217 voix contre 213), après un premier échec le 24 mars dernier. Le texte est désormais suspendu à la volonté du Sénat. Le projet risque encore d'être amendé en profondeur, lorsqu'il passera au Sénat.De retour de son congé de paternité, Jimmy Kimmel s'est exprimé en ce début de semaine dans un nouveau monologue. Il remercie les nombreuses marques de soutien envers sa famille et s'excuse aussi "d'avoir dit que les enfants américains devaient avoir accès à des soins de santé". "C'était faire preuve de peu de sensibilité et me montrer injurieux et j'espère que vous trouverez dans votre coeur de quoi me pardonner", a-t-il déclaré non sans une bonne dose de cynisme.Car son plaidoyer n'a pas recueilli que des bons sentiments et des marques de soutien. La presse américaine a, entre autres, critiqué sa démarche. Le New York Post lui reprochant notamment "de mentir de façon obscène sur les soins de santé des enfants". Le Washington Times y va aussi de son commentaire: "Tais-toi Kimmel, monstre élitaire." Dans un extrait vidéo, le républicain Newt Gingrich assure qu'un enfant dans le besoin ne se verra jamais refuser d'aide médical si ses parents ne sont pas en mesure de pas payer les frais. Le républicain Joe Walsh, ancien élu de la Chambre des représentants lance, de son côté, sans nuance ni pitié, sur Twitter: "Désolé, Jimmy Kimmel. Votre triste histoire ne m'oblige pas, ni personne d'autre, à payer pour la couverture santé d'un tiers."Le "Trumpcare" est controversé, la mesure priverait ainsi au moins 24 millions d'Américains d'assurance santé d'ici à 2016, dénonce The New York Times, qui reprend une estimation réalisée pour une précédente version de la mesure, que les républicains avaient échoué à faire voter fin mars. Ils sont dix millions à ne pas être couverts à l'heure actuelle. Les conséquences de cette réforme pourraient être désastreuses, entraînant notamment des coupes franches dans le programme Medicaid (l'assurance santé pour les personnes défavorisées) ; la fin des subventions offertes à certaines catégories de population pour souscrire une assurance (remplacées par des crédits d'impôt) ; la fin de l'obligation individuelle de s'assurer imposée par l'Obamacare...Le "Trumpcare" supprimerait, en outre, l'obligation individuelle de s'assurer ainsi que les amendes infligées aux Américains sans couverture santé. Le nouveau projet pourrait autoriser les Etats à ne plus obliger les assureurs à couvrir tous les patients, même ceux qui ont des antécédents médicaux comme une maladie chronique ou un cancer, ou des malformations graves à la naissance. Près de la moitié des 325 millions d'Américains bénéficient d'une couverture maladie souscrite par leurs employeurs auprès d'assureurs privés, ils ne sont donc pas directement touchés par la réforme. Seul un tiers d'entre eux, les plus vulnérables, ont une couverture publique. Les autres n'ont aucune assurance ou souscrivent à leurs frais auprès d'assureurs privés, à des coûts souvent exorbitants. Avec l'Obamacare, le nombre de personnes non assurées est passé de 16% de la population à 9%.