Arrivé à 20H30 GMT, le pape argentin, 79 ans, qui semblait fatigué et pâle après une grippe qui l'a affecté ces derniers jours, est arrivé au milieu d'une longue procession dans la nef de la basilique au son du "Gloria in excelsis Deo". Ce chant traditionnel ouvre la longue célébration de la messe dite de minuit, avancée de plus d'une heure depuis des années. Les flashs de centaines de portables immortalisaient l'instant.

Les pèlerins, par crainte d'attentats, n'étaient pas venus en foule plus tôt dans la journée sur la place Saint-Pierre, malgré l'ouverture début décembre du "Jubilé de la miséricorde" par le pape François.

Soldats, policiers et gendarmes étaient déployés dans tout le quartier autour du Vatican, comme ils le sont chaque jour depuis le début de cette "Année Sainte".

Les célébrations de cette fête de la "paix" pour les chrétiens, qui célèbre la naissance de Jésus, ont lieu dans un contexte international tendu, notamment en raison des menaces du groupe Etat islamique et d'autres mouvements djihadistes.

Alors que débutait plus tôt une journée de célébrations à Bethléem, où le Christ est né selon la tradition biblique, trois nouvelles attaques ont été lancées contre des juifs en Cisjordanie occupée, dont les auteurs palestiniens ont été abattus par les forces de l'ordre. Un quatrième Palestinien a été tué lors de heurts avec des soldats israéliens.

La spirale meurtrière a également porté un rude coup au tourisme en Terre sainte, où les pèlerins étrangers étaient rares.

Sur la place de la Mangeoire, coeur touristique de Bethléem, Soeur Donatella, une religieuse italienne, affirmait qu'il était important "d'être là, pour réagir et envoyer le message de paix de Noël".

Cette année à Bethléem, selon le patriarche latin de Jérusalem Fouad Twal, la messe de Noël serait dédiée aux victimes du "terrorisme, cette idéologie mortifère, fondée sur le fanatisme et l'intransigeance religieuse qui répand la terreur et la barbarie au milieu d'innocents".

En leur hommage, il a invité "chaque paroisse à éteindre pendant cinq minutes les lumières de l'arbre de Noël, en signe de solidarité".

Dans de nombreux pays, la fête de Noël a été en partie éclipsée par les violences et les exactions de djihadistes.

En Syrie, c'est dans l'angoisse que les chrétiens de villages menacés par l'EI s'apprêtaient à passer la fête de la Nativité.

Le nonce (ambassadeur) du Saint-Siège à Damas, Mario Zenari, a souhaité jeudi sur les ondes de Radio Vatican que ce quatrième Noël de guerre "soit le dernier". "Nous voulons espérer que ces germes apparus (notamment la feuille de route approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU) puissent fleurir. Et que, l'an prochain, dans toutes les crèches de Syrie, il y ait autant de rameaux d'oliviers".

En Irak, un pays dont une partie est contrôlée par l'EI et où la communauté chrétienne s'est réduite comme peau de chagrin ces dix dernières années, le coeur n'est pas à la fête.

En Somalie, pays à majorité musulmane, le gouvernement est allé jusqu'à interdire les célébrations de Noël et du Nouvel An au motif qu'elles pourraient susciter des attaques des islamistes shebab.

En France, où des attentats revendiqués par l'EI ont fait 130 morts le mois dernier à Paris, la sécurité sera renforcée à l'entrée des églises durant les messes de Noël. Comme dans d'autres lieux publics, il conviendra de faire ouvrir les manteaux, a préconisé le ministère de l'Intérieur.

Faisant état de "possibles menaces contre les Occidentaux", les ambassades des Etats-Unis et de Grande-Bretagne à Pékin ont demandé à leurs ressortissants d'éviter un quartier animé de la capitale durant les fêtes de Noël. Des avertissements très inhabituels dans cette métropole.

Quant aux migrants en route vers l'Europe, dont 370 ont été sauvés jeudi en Méditerranée, c'est dans le dénuement qu'ils passeront Noël.

En novembre, le pape argentin avait dénoncé un monde qui "n'a pas pris la voie de la paix". "Il va y avoir des lumières, des fêtes, des arbres illuminés et aussi des crèches... Tout est feint ! Le monde continue à faire la guerre", avait-il dit.

"Sens de la justice" et "sobriété"

Le pape François a exhorté, lors de la messe de la veillée de Noël, les 1,2 milliard de catholiques dans le monde à rechercher "sobriété" et "sens de la justice" dans une société "éprise d'apparence et de narcissisme". "Dans un monde qui est trop souvent dur avec le pécheur et mou avec le péché, il faut cultiver un fort sens de la justice", a lancé le pape argentin dans une brève homélie devant des milliers de fidèles dans la basilique Saint-Pierre de Rome.

"Dans une société souvent éprise de consommation et de plaisir, d'abondance et de luxe, d'apparence et de narcissisme, Dieu nous appelle à un comportement sobre, c'est-à-dire simple, équilibré, cohérent, capable de saisir et de vivre l'essentiel", a-t-il poursuivi dans une basilique comble, à l'occasion de cette fête qui est avec Pâques un des deux célébrations centrales du christianisme.

Jorge Bergoglio, 79 ans, était pâle et parlait d'une voix assez basse après une grippe qui l'a rendu fiévreux pendant plusieurs jours.

François a dénoncé "une culture de l'indifférence qui finit par être impitoyable" et jugé que doivent "cesser toute peur et toute frayeur" pour les chrétiens, en raison de la "lumière" que constitue la naissance de Jésus, "notre Sauveur né dans une mangeoire" à Bethléem.

Cette célébration de Noël intervient pendant le "Jubilé de la miséricorde", une occasion, pour les chrétiens d'obtenir le pardon pour leurs péchés, mais également après les révélations du "Vatileaks" sur les finances du Saint-Siège.

Vendredi verra la traditionnelle bénédiction urbi et orbi (à la ville et au monde) depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre.

Arrivé à 20H30 GMT, le pape argentin, 79 ans, qui semblait fatigué et pâle après une grippe qui l'a affecté ces derniers jours, est arrivé au milieu d'une longue procession dans la nef de la basilique au son du "Gloria in excelsis Deo". Ce chant traditionnel ouvre la longue célébration de la messe dite de minuit, avancée de plus d'une heure depuis des années. Les flashs de centaines de portables immortalisaient l'instant.Les pèlerins, par crainte d'attentats, n'étaient pas venus en foule plus tôt dans la journée sur la place Saint-Pierre, malgré l'ouverture début décembre du "Jubilé de la miséricorde" par le pape François.Soldats, policiers et gendarmes étaient déployés dans tout le quartier autour du Vatican, comme ils le sont chaque jour depuis le début de cette "Année Sainte".Les célébrations de cette fête de la "paix" pour les chrétiens, qui célèbre la naissance de Jésus, ont lieu dans un contexte international tendu, notamment en raison des menaces du groupe Etat islamique et d'autres mouvements djihadistes.Alors que débutait plus tôt une journée de célébrations à Bethléem, où le Christ est né selon la tradition biblique, trois nouvelles attaques ont été lancées contre des juifs en Cisjordanie occupée, dont les auteurs palestiniens ont été abattus par les forces de l'ordre. Un quatrième Palestinien a été tué lors de heurts avec des soldats israéliens.La spirale meurtrière a également porté un rude coup au tourisme en Terre sainte, où les pèlerins étrangers étaient rares.Sur la place de la Mangeoire, coeur touristique de Bethléem, Soeur Donatella, une religieuse italienne, affirmait qu'il était important "d'être là, pour réagir et envoyer le message de paix de Noël".Cette année à Bethléem, selon le patriarche latin de Jérusalem Fouad Twal, la messe de Noël serait dédiée aux victimes du "terrorisme, cette idéologie mortifère, fondée sur le fanatisme et l'intransigeance religieuse qui répand la terreur et la barbarie au milieu d'innocents".En leur hommage, il a invité "chaque paroisse à éteindre pendant cinq minutes les lumières de l'arbre de Noël, en signe de solidarité".Dans de nombreux pays, la fête de Noël a été en partie éclipsée par les violences et les exactions de djihadistes.En Syrie, c'est dans l'angoisse que les chrétiens de villages menacés par l'EI s'apprêtaient à passer la fête de la Nativité.Le nonce (ambassadeur) du Saint-Siège à Damas, Mario Zenari, a souhaité jeudi sur les ondes de Radio Vatican que ce quatrième Noël de guerre "soit le dernier". "Nous voulons espérer que ces germes apparus (notamment la feuille de route approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU) puissent fleurir. Et que, l'an prochain, dans toutes les crèches de Syrie, il y ait autant de rameaux d'oliviers".En Irak, un pays dont une partie est contrôlée par l'EI et où la communauté chrétienne s'est réduite comme peau de chagrin ces dix dernières années, le coeur n'est pas à la fête.En Somalie, pays à majorité musulmane, le gouvernement est allé jusqu'à interdire les célébrations de Noël et du Nouvel An au motif qu'elles pourraient susciter des attaques des islamistes shebab.En France, où des attentats revendiqués par l'EI ont fait 130 morts le mois dernier à Paris, la sécurité sera renforcée à l'entrée des églises durant les messes de Noël. Comme dans d'autres lieux publics, il conviendra de faire ouvrir les manteaux, a préconisé le ministère de l'Intérieur.Faisant état de "possibles menaces contre les Occidentaux", les ambassades des Etats-Unis et de Grande-Bretagne à Pékin ont demandé à leurs ressortissants d'éviter un quartier animé de la capitale durant les fêtes de Noël. Des avertissements très inhabituels dans cette métropole.Quant aux migrants en route vers l'Europe, dont 370 ont été sauvés jeudi en Méditerranée, c'est dans le dénuement qu'ils passeront Noël.En novembre, le pape argentin avait dénoncé un monde qui "n'a pas pris la voie de la paix". "Il va y avoir des lumières, des fêtes, des arbres illuminés et aussi des crèches... Tout est feint ! Le monde continue à faire la guerre", avait-il dit.Le pape François a exhorté, lors de la messe de la veillée de Noël, les 1,2 milliard de catholiques dans le monde à rechercher "sobriété" et "sens de la justice" dans une société "éprise d'apparence et de narcissisme". "Dans un monde qui est trop souvent dur avec le pécheur et mou avec le péché, il faut cultiver un fort sens de la justice", a lancé le pape argentin dans une brève homélie devant des milliers de fidèles dans la basilique Saint-Pierre de Rome."Dans une société souvent éprise de consommation et de plaisir, d'abondance et de luxe, d'apparence et de narcissisme, Dieu nous appelle à un comportement sobre, c'est-à-dire simple, équilibré, cohérent, capable de saisir et de vivre l'essentiel", a-t-il poursuivi dans une basilique comble, à l'occasion de cette fête qui est avec Pâques un des deux célébrations centrales du christianisme.Jorge Bergoglio, 79 ans, était pâle et parlait d'une voix assez basse après une grippe qui l'a rendu fiévreux pendant plusieurs jours.François a dénoncé "une culture de l'indifférence qui finit par être impitoyable" et jugé que doivent "cesser toute peur et toute frayeur" pour les chrétiens, en raison de la "lumière" que constitue la naissance de Jésus, "notre Sauveur né dans une mangeoire" à Bethléem.Cette célébration de Noël intervient pendant le "Jubilé de la miséricorde", une occasion, pour les chrétiens d'obtenir le pardon pour leurs péchés, mais également après les révélations du "Vatileaks" sur les finances du Saint-Siège.Vendredi verra la traditionnelle bénédiction urbi et orbi (à la ville et au monde) depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre.