La France, à la pointe des quelques pays récalcitrants, réclame une révision du processus d'adhésion avant d'ouvrir des discussions avec Skopje et Tirana. "Après un débat intense, nous avons constaté hier soir qu'il n'était pas possible de trouver une unanimité. Nous devons continuer à dialoguer", a estimé M. Michel, à son arrivée au deuxième jour d'un sommet à Bruxelles.

"Le dossier va désormais être transmis au Conseil de l'UE (les ministres des Etats membres, ndlr), nous allons voir comment cela évoluera", a-t-il ajouté, tout en rappelant l'importance stratégique des Balkans occidentaux pour l'Union européenne. "De nombreux autres acteurs" tentent de jouer un rôle dans cette région, a d'ailleurs mis en garde M. Michel.

Un avertissement similaire avait été exprimé, plus explicitement, par le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, dès la veille. Si l'Europe se détourne des Balkans, des Etats comme la Russie, la Chine et la Turquie en profiteront, avait-il lancé.

Outre la France, les Pays-Bas et le Danemark auraient exprimé des réserves lors du débat sur l'élargissement jeudi soir. Charles Michel n'a pour sa part pas pu jouer de rôle actif dans la discussion. "Compte tenu des affaires courantes et de l'absence de majorité parlementaire", la Belgique pouvait en effet uniquement se joindre à un éventuel consensus, a-t-il précisé.

En tant que futur président du Conseil, le libéral n'a par ailleurs pas souhaité donner son opinion personnelle sur la question, soulignant l'importance de se montrer neutre dans sa prochaine fonction, afin de pouvoir jouer un rôle de "conciliateur".