"Il n'y a pas de droit, de loi ou de justice dans ce pays", a déclaré Kemal Kiliçdaroglu, chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), devant des milliers de ses partisans.

"Ce n'est pas une personne, mais 80 millions (l'ensemble de la population turque, NDLR) qui ont soif de justice", a-t-il ajouté.

"C'est mon devoir de réclamer justice. C'est mon devoir de me tenir au côté des innocents et contre les tyrans", a encore dit le chef du CHP.

M. Kiliçdaroglu tient ce congrès dans la foulée de la "marche pour la justice" au cours de laquelle il a parcouru à pied les quelque 450 kilomètres qui séparent Ankara d'Istanbul.

Cette initiative avait rencontré un succès inattendu, ralliant une foule croissante tout au long de son parcours. Des centaines de milliers de personnes avaient participé au rassemblement final de la marche, début juillet.

Le Congrès se tient dans la province de Canakkale (nord-ouest) et doit se poursuivre pendant quatre jours.

- Rivalités politiques -

Tandis que les rivalités politiques s'enflamment à deux ans des prochaines élections présidentielle et législatives, M. Erdogan tient lui-même samedi un meeting géant à Malazgirt (est), commémorant une bataille au cours de laquelle l'armée d'un sultan seldjoukide a mis en déroute les Byzantins en 1071.

Le choix de Canakkale par le CHP est lui aussi hautement symbolique puisque c'est là qu'a eu lieu la bataille de Gallipoli au cours de laquelle l'armée ottomane a repoussé les forces alliées au cours de la Première Guerre mondiale.

Cette bataille est devenue un symbole de la résistance qui a abouti à la fondation par Mustafa Kemal Atatürk de la République turque moderne en 1923.

Dans une ambiance bon enfant, les participants installaient des tentes dans les bois pour la durée du congrès, au cours duquel des sessions seront organisées chaque jour sur les différentes atteintes aux droits dont l'opposition accuse le président Erdogan.

"J'espère que ce congrès aidera à susciter un intérêt pour la justice parce qu'il n'en existe pas actuellement en Turquie", affirme Kismet Seyhan Aydin, venue d'Izmir (ouest), un bastion du CHP.

M. Kiliçdaroglu a réitéré samedi ses accusations selon lesquelles l'instauration de l'état d'urgence quelques jours après le putsch manqué du 15 juillet 2016 et les purges qui ont suivi constituent un "coup d'état civil" mené par le pouvoir turc.

Plus de 50.000 personnes ont été arrêtées sous l'état d'urgence et plus de 140.000 ont été limogées ou suspendues, dont des universitaires, des magistrats et des policiers.

Il a expliqué que l'incarcération du député CHP Enis Berberoglu, qui a été le déclencheur de la marche pour la justice, avait été "la goutte qui a fait déborder le vase".

M. Berberoglu a été condamné à 25 ans de prison pour avoir fourni au quotidien d'opposition Cumhuriyet des informations confidentielles.

- Déjeuner en débardeur -

Recep Tayyip Erdogan a remporté en avril un référendum sur l'extension de ses pouvoirs, et le pays semble d'ores et déjà engagé dans la campagne pour les élections législatives et présidentielle de novembre 2019.

Le président turc, qui a déjà exprimé sa volonté de se présenter pour un nouveau mandat, a exhorté l'AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir, à se restructurer en vue du scrutin.

Signe des tensions entre M. Kiliçdaroglu et M. Erdogan, une photographie du leader de l'opposition déjeunant dans sa caravane pendant la marche, vêtu d'un simple débardeur blanc, lui a attiré de vifs reproches de la part du président.

Kemal Kiliçdaroglu est parfois comparé par ses partisans au Mahatma Gandhi et M. Erdogan a particulièrement peu apprécié la une d'un journal le décrivant comme "le citoyen Kemal".

"Quelqu'un a fait une prétendue marche pour la justice, en s'asseyant de temps à autre dans sa caravane, mangeant en portant un débardeur (...) C'est une insulte à mes citoyens", a estimé M. Erdogan.

M. Kiliçdaroglu a appelé samedi le président à s'occuper des problèmes du pays plutôt que de l'"embêter nuit et jour à propos de (son) débardeur".

"Il n'y a pas de droit, de loi ou de justice dans ce pays", a déclaré Kemal Kiliçdaroglu, chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), devant des milliers de ses partisans."Ce n'est pas une personne, mais 80 millions (l'ensemble de la population turque, NDLR) qui ont soif de justice", a-t-il ajouté."C'est mon devoir de réclamer justice. C'est mon devoir de me tenir au côté des innocents et contre les tyrans", a encore dit le chef du CHP.M. Kiliçdaroglu tient ce congrès dans la foulée de la "marche pour la justice" au cours de laquelle il a parcouru à pied les quelque 450 kilomètres qui séparent Ankara d'Istanbul.Cette initiative avait rencontré un succès inattendu, ralliant une foule croissante tout au long de son parcours. Des centaines de milliers de personnes avaient participé au rassemblement final de la marche, début juillet.Le Congrès se tient dans la province de Canakkale (nord-ouest) et doit se poursuivre pendant quatre jours.- Rivalités politiques -Tandis que les rivalités politiques s'enflamment à deux ans des prochaines élections présidentielle et législatives, M. Erdogan tient lui-même samedi un meeting géant à Malazgirt (est), commémorant une bataille au cours de laquelle l'armée d'un sultan seldjoukide a mis en déroute les Byzantins en 1071.Le choix de Canakkale par le CHP est lui aussi hautement symbolique puisque c'est là qu'a eu lieu la bataille de Gallipoli au cours de laquelle l'armée ottomane a repoussé les forces alliées au cours de la Première Guerre mondiale.Cette bataille est devenue un symbole de la résistance qui a abouti à la fondation par Mustafa Kemal Atatürk de la République turque moderne en 1923.Dans une ambiance bon enfant, les participants installaient des tentes dans les bois pour la durée du congrès, au cours duquel des sessions seront organisées chaque jour sur les différentes atteintes aux droits dont l'opposition accuse le président Erdogan."J'espère que ce congrès aidera à susciter un intérêt pour la justice parce qu'il n'en existe pas actuellement en Turquie", affirme Kismet Seyhan Aydin, venue d'Izmir (ouest), un bastion du CHP.M. Kiliçdaroglu a réitéré samedi ses accusations selon lesquelles l'instauration de l'état d'urgence quelques jours après le putsch manqué du 15 juillet 2016 et les purges qui ont suivi constituent un "coup d'état civil" mené par le pouvoir turc.Plus de 50.000 personnes ont été arrêtées sous l'état d'urgence et plus de 140.000 ont été limogées ou suspendues, dont des universitaires, des magistrats et des policiers.Il a expliqué que l'incarcération du député CHP Enis Berberoglu, qui a été le déclencheur de la marche pour la justice, avait été "la goutte qui a fait déborder le vase".M. Berberoglu a été condamné à 25 ans de prison pour avoir fourni au quotidien d'opposition Cumhuriyet des informations confidentielles.- Déjeuner en débardeur -Recep Tayyip Erdogan a remporté en avril un référendum sur l'extension de ses pouvoirs, et le pays semble d'ores et déjà engagé dans la campagne pour les élections législatives et présidentielle de novembre 2019.Le président turc, qui a déjà exprimé sa volonté de se présenter pour un nouveau mandat, a exhorté l'AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir, à se restructurer en vue du scrutin.Signe des tensions entre M. Kiliçdaroglu et M. Erdogan, une photographie du leader de l'opposition déjeunant dans sa caravane pendant la marche, vêtu d'un simple débardeur blanc, lui a attiré de vifs reproches de la part du président.Kemal Kiliçdaroglu est parfois comparé par ses partisans au Mahatma Gandhi et M. Erdogan a particulièrement peu apprécié la une d'un journal le décrivant comme "le citoyen Kemal"."Quelqu'un a fait une prétendue marche pour la justice, en s'asseyant de temps à autre dans sa caravane, mangeant en portant un débardeur (...) C'est une insulte à mes citoyens", a estimé M. Erdogan.M. Kiliçdaroglu a appelé samedi le président à s'occuper des problèmes du pays plutôt que de l'"embêter nuit et jour à propos de (son) débardeur".