D'abord, l'attentat à Istanbul dans une discothèque nous rappelle que ces attaques font désormais partie de notre quotidien. Ensuite, le bourbier syrien évoque l'urgence et la nécéssité pour l'ONU de retrouver un minimum de crédibilité. Enfin, la vision particulière du patriotisme de Donald Trump, plus enclin à donner du crédit à Poutine qu'à Obama et à ses propres services de renseignements.
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D'abord, l'attentat à Istanbul dans une discothèque nous rappelle que ces attaques font désormais partie de notre quotidien. Ensuite, le bourbier syrien évoque l'urgence et la nécéssité pour l'ONU de retrouver un minimum de crédibilité. Enfin, la vision particulière du patriotisme de Donald Trump, plus enclin à donner du crédit à Poutine qu'à Obama et à ses propres services de renseignements.Trois événements des derniers jours inclinent à penser que nous sommes entrés avec 2017 dans un nouveau monde. Il y a quelques années, les rédactions des médias se demandaient quel accident (incendie, bousculade...) allait rompre la torpeur caractéristique de l'actualité du Nouvel An. Aujourd'hui, la question est de savoir quel attentat va la bouleverser, même si le drame, hier et aujourd'hui, se passe toujours dans une discothèque. Pour ce réveillon, c'est donc Istanbul qui a été visée, une localisation qui n'était pas la plus improbable vu la tourmente dans laquelle est entraînée la Turquie en raison, notamment, de son attitude mouvante sur le conflit irako-syrien. En Syrie précisément, après la reconquête d'Alep par les troupes gouvernementales, un cessez-le-feu est entré en vigueur le soir du 29 décembre sous l'égide de la Turquie (comme représentante des rebelles), de la Russie et de l'Iran (en défenseurs du régime de Bachar al-Assad). Donc - c'est une première dans la région - hors toute implication des Etats-Unis, de l'Union européenne et même de puissances arabes. En outre, qu'une résolution du Conseil de sécurité ait validé cet arrangement ne masque pas le fiasco que le martyre syrien symbolise pour l'Organisation des Nations unies ni le défi que le nouveau secrétaire général Antonio Guterres aura à relever pour redonner un minimum de crédibilité à l'institution. Les accusations de piratage informatique à l'encontre de la Russie, enfin, ont révélé la vision très particulière du patriotisme du président des Etats-Unis qui entrera en fonction le 20 janvier, enclin à donner plus de crédit à son " ami " Poutine qu'à son prédécesseur Obama, soit, mais surtout plus qu'à ses propres services de renseignement. L'attitude détonne dans le chef de Donald Trump qui ambitionne de rendre une certaine grandeur à l'Amérique. Il n'y a cependant pas de fatalité à la suprématie sur la marche du monde des djihadistes, des autocrates comme Poutine et Erdogan et du fantasque Trump. Les extrémistes de Daech sont acculés par la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis dans leur repaire irakien de Mossoul qu'ils devraient perdre dans les prochains mois. Russes et Turcs s'apercevront vite qu'une issue durable à la crise syrienne est inconcevable sans le soutien des dirigeants sunnites, américains et, au moins pour financer la reconstruction, européens (le refus des rebelles modérés de participer aux négociations proposées par Moscou en est un premier indice). Et puis, le nouveau président américain devra bien s'atteler à gouverner autrement que par tweets, à arbitrer les conflits d'intérêts que les carrières dans le privé de nombre de ses ministres préfigurent et à insuffler de la cohérence dans son action. Sa majorité républicaine au Congrès et l'opinion publique se chargeront de toute façon de le lui rappeler. Il n'en reste pas moins que le leadership que l'Occident, par la puissance de sa prospérité et la force des ses idéaux, exerçait sur la planète depuis l'effondrement du bloc communiste vacille dangereusement. Les principes de primauté de la démocratie, de respect des droits de l'homme, de multilatéralisme de la diplomatie ou de progrès par le libéralisme économique sont chaque jour un peu plus attaqués. C'est à nous, Occidentaux, d'en rappeler l'utilité et la valeur. Sans l'arrogance qui a pu être celle de certains de nos dirigeants ou de nos intellectuels. En 2017, des élections modifieront la gouvernance de la France et peut-être celle des Pays-Bas, de l'Allemagne, voire de l'Italie. Si leurs résultats venaient à donner raison peu ou prou aux islamistes ou aux dictateurs, les valeurs occidentales en subiraient une nouvelle régression. A défaut d'être nécessairement apaisante, cette année sera passionnante.