Faisant rage de juin à septembre, la mousson est essentielle à l'irrigation des cultures et au remplissage des réserves d'eau de ce sous-continent qui abrite un cinquième de la population mondiale. Mais chaque année, les précipitations sont aussi accompagnées de leur cortège de victimes et de destructions. "Des communautés entières sont coupées du monde par la montée des eaux, augmentant les risques que les gens aient faim et tombent malades", a averti Xavier Castellanos, de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Presque un tiers du Bangladesh, un pays de delta strié par des centaines de rivières et de faible élévation, est actuellement sous l'eau, a déclaré à l'AFP Arifuzzaman Bhuyan, du centre de prévention des inondations et d'alerte du Bangladesh. Au moins 14 cours d'eau majeurs, dont le Brahmapoutre, sont sortis de leur lit et ont dépassé des niveaux considérés comme dangereux, a-t-il précisé. La mousson a pour l'instant coûté la vie à 44 personnes au total dans ce pays de 160 millions d'habitants. En 1998, au moment d'un des pires épisodes d'inondations au Bangladesh, près de 70% de sa surface était sous l'eau.

Appel à l'aide

Au Népal, au moins 78 personnes ont péri et 16.000 familles ont été déplacées en raison de la montée des eaux, avant que la décrue ne commence. Des images montraient des sauveteurs utilisant des canots gonflables pour évacuer les familles bloquées dans des maisons inondées.

"Le rez-de-chaussée de notre maison a été complètement submergé", a raconté à l'AFP Rajaram Yadav, un habitant de 45 ans d'un district frontalier de l'Inde. "Notre famille et quelques voisins ont survécu en restant à l'étage supérieur pendant deux jours. La plupart des maisons de plain-pied en terre ont été gravement endommagées", a-t-il décrit. Les experts sanitaires s'inquiètent de possibles épidémies de maladies véhiculées par l'eau et ont appelé à l'aide la communauté internationale.

En Inde, la mousson à coûté la vie à plus de 50 personnes. Deux États du nord et du nord-est, le Bihar et l'Assam, sont les plus durement touchés par le déluge. Les autorités de l'Assam ont émis une alerte rouge face aux inondations, dans lesquelles jusqu'ici 11 personnes ont péri tandis que 83.000 ont dû être déplacées. Au Bihar, 25 décès ont été signalés, les inondations affectant 2,5 millions d'habitants au total.

Un immeuble de plusieurs étages s'est par ailleurs effondré mardi dans la capitale économique Bombay après un épisode de fortes pluies, entraînant la mort de 10 personnes. Huit autres ont été blessées et plus de dix seraient toujours ensevelies sous les décombres, selon les services de secours locaux. L'effondrement d'un bâtiment dimanche dans l'État montagneux d'Himachal Pradesh avait quant à lui coûté la vie à 14 personnes. Plus au nord, dans le Cachemire pakistanais, les autorités ont fait état de 23 morts et de 120 maisons endommagées dans de brusques montées des eaux.

Les Nations unies ont déclaré lundi "se tenir prêtes à travailler avec les autorités des pays affectés dans leur réponse aux besoins humanitaires résultant de la saison de mousson en cours".