Ils expliquent que " toute victime est, par nature, une victime substituée " parce qu'elle subit la violence à la place d'un autre, et que cette violence-là est " plus insidieuse, plus existentielle ". Elle se traduit par un sentim...

Ils expliquent que " toute victime est, par nature, une victime substituée " parce qu'elle subit la violence à la place d'un autre, et que cette violence-là est " plus insidieuse, plus existentielle ". Elle se traduit par un sentiment d'arrachement à la société, de sacralisation ambivalente (" Le public compatit certes, mais en se réjouissant inconsciemment de ne pas faire partie du groupe maudit ") et d'assignation forcée à un rôle (" Incarner et conjurer le malheur "). En outre, la victime de terrorisme ajoute à cette première substitution, de nature sociale, une seconde : ce n'est pas sa personne qui est visée mais le pouvoir dont elle ressort. Elle s'expose donc à une instrumentalisation double, par les terroristes et par le pouvoir. La victime peut-elle cesser de l'être ? Le travail de reconstruction doit s'assigner pour tâche de rétablir la cohérence de la vie, estiment les auteurs. " Reprendre vie, réaffirmer sa volonté de vivre est la réponse à l'énigme du mal. C'est là qu'il faut situer la nouvelle autorité de la victime : elle n'a pas raison parce qu'elle a souffert mais, au contraire, parce qu'elle a dépassé la souffrance. "