Pour les négociations du Brexit, l'heure tourne. "La date limite absolue" du 4 décembre, fixée par les Européens pour avoir des "progrès suffisants" dans trois sujets identifiés comme prioritaires approche à grands pas. Ces trois thématiques sont : le règlement financier, les droits des citoyens européens expatriés au Royaume-Uni et la question de la frontière irlandaise. Sans engagements sur ces points, pas question d'aborder la seconde phase de négociations, celle qui inclut les relations commerciales post-Brexit entre l'Union européenne et le Royaume-Uni.
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Pour les négociations du Brexit, l'heure tourne. "La date limite absolue" du 4 décembre, fixée par les Européens pour avoir des "progrès suffisants" dans trois sujets identifiés comme prioritaires approche à grands pas. Ces trois thématiques sont : le règlement financier, les droits des citoyens européens expatriés au Royaume-Uni et la question de la frontière irlandaise. Sans engagements sur ces points, pas question d'aborder la seconde phase de négociations, celle qui inclut les relations commerciales post-Brexit entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. Les discussions sur la facture du divorce n'ont déjà pas été simples, mais ont connu une certaine progression ces dernières semaines. Mais le contentieux irlandais, qui a émergé comme un point de blocage important, pourrait bien tout remettre en question. Après le référendum de juin 2016, toutes les parties avaient convenu que le processus de réconciliation entre les communautés irlandaise et nord-irlandaise était sacro-saint. La raison de ce consensus : la frontière irlandaise, invisible depuis l'accord de paix de 1998, seulement identifiable par un changement des panneaux de signalisation et le passage des kilomètres aux miles. L'Irlande, soutenue par les autres membres de l'UE, demande des engagements clairs de Londres pour éviter le retour d'une frontière physique.Mais désormais, l'échéance se rapproche et Dublin met en garde contre la menace que fait peser le Brexit sur le processus de paix en Irlande du Nord. "Personne ne devrait sous-estimer le poids des émotions pour le gouvernement irlandais sur cette question de la frontière", insiste le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney. Son message : la réinstauration d'une frontière, quelle que soit sa forme, entraînerait une grave discorde en Europe.Pour la commission parlementaire britannique, il n'y a pourtant aucun doute sur la question. La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne entraînera inévitablement le rétablissement de contrôles douaniers à la frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, écrit-elle dans un rapport. "Nous ne voyons actuellement pas comment il sera possible de réconcilier le fait qu'il n'y ait pas de frontière avec la volonté du gouvernement de quitter le marché unique et l'union douanière", écrit la commission. Pour la commission parlementaire, les propositions avancées par Londres pour éviter une frontière dure entre les deux Irlande, en recourant notamment à la technologie, sont "non éprouvées et dans une certaine mesure spéculatives". Certains députés conservateurs pro-Brexit ont cependant refusé de soutenir ce rapport. La question irlandaise pourrait donc faire vaciller le siège de la Première ministre britannique. Le DUP, parti unioniste démocrate nord-irlandais, a établi un pacte de gouvernement avec le Parti conservateur de Theresa May après son pari raté des élections de juin 2017. Le DUP menace désormais de se retirer et de repenser son soutien à la Première ministre si elle ose compromettre la frontière irlandaise. Les députés ne veulent pas que l'Irlande du Nord soit "traitée différemment du reste du Royaume-Uni", rapporte The Independent. Donald Tusk, président du Conseil européen, doit quant à lui rencontrer ce vendredi à Dublin le Premier ministre irlandais Leo Varadkar dans le cadre des négociations du Brexit. Les discussions devraient aborder la manière "d'éviter une frontière dure" entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord après le départ du Royaume-Uni de l'UE en 2019.