"Le slogan de notre présidence résume notre objectif: 'Europe durable - Avenir durable'. Assurer à l'UE le leadership mondial en matière de climat est une priorité essentielle de la présidence finlandaise", a affirmé cette semaine le Premier ministre Antti Rinne (Parti social-démocrate) devant le Parlement finlandais.

Cet ancien syndicaliste âgé de 56 ans, à la tête d'une alliance de cinq partis située au centre-gauche, entend que l'UE s'engage d'ici la fin de l'année à devenir climatiquement neutre avant 2050, une ambition qu'une poignée de pays à l'économie dépendante du charbon freinent encore. "Les mesures de lutte contre les changements climatiques doivent être socialement justes", souligne Antti Rinne, en insistant sur l'emploi, une politique industrielle active ou l'économie numérique.

Face au développement du populisme et de l'extrémisme qui frappe aussi la Finlande, le pays réaffirmera lors de sa présidence européenne les valeurs d'État de droit, des droits de l'homme et de la démocratie, assure M. Rinne.

Il défendra notamment le principe proposé par la Commission européenne de lier l'obtention de fonds européens au respect de l'État de droit. Dans son discours aux députés finlandais, M. Rinne a abordé la migration sous l'angle de la coopération internationale. "Nous, Européens, nous ne sommes pas seuls au monde. Il est essentiel de soutenir la stabilité et le développement durable en Afrique, afin de pouvoir répondre aux défis posés par les changements climatiques, la croissance démographique et les migrations. La présidence finlandaise entend développer le partenariat UE-Afrique pour qu'il soit plus égalitaire et bénéfique pour les deux parties", a-t-il dit.

La saga du Brexit reviendra en force sous la présidence finlandaise, avec l'entrée en scène prochaine d'un nouveau Premier ministre britannique et la date maximale du 31 octobre à laquelle a été reporté le divorce. "Nous devons nous rappeler qu'il n'y a pas de réponses simples aux questions difficiles. C'est ainsi, malgré ce que certains affirment de manière irresponsable".

Quant au plat de résistance de la présidence finlandaise, il devrait être budgétaire. L'équipe présidentielle entamera des négociations bilatérales avec chaque État membre d'ici quelques semaines sur la programmation 2021-2027. Elle espère disposer d'un cadre de négociation en octobre et d'un accord avant la fin de l'année.

La Finlande mettra aussi en avant les investissements pour l'éducation et pour l'amélioration des connaissances ("super-universités", "super-Erasmus" d'échange de chercheurs). Petit pays, elle jouera la carte du multilatéralisme fondé sur des règles, contre la "volonté unilatérale d'une partie plus forte ou plus grande".

"C'est à nous de décider si la Finlande est considérée comme un petit ou un grand État membre. Plus nous serons actifs, plus grande sera notre image. C'est une question de toute première importance pour la Finlande", a exhorté Antti Rinne.