Dans les passions générées par la procédure de destitution contre Donald Trump resurgissent les notions de "faits alternatifs" ou de "faits contestés". Il est parfois difficile de savoir où se trouve la réalité. "Il y a toujours eu des divergences d'opinions entre progressistes et conservateurs aux Etats-Unis", rappelle Richard Hasen, professeur de droit et de science politique à l'Université de Californie Irvine.

Mais aujourd'hui, "il y a de plus en plus de désaccords sur les faits" qui sont pourtant avérés, comme la réalité du changement climatique ou l'ingérence documentée de la Russie dans la présidentielle remportée par Donald Trump en 2016, dit-il. "Les sondages montrent un fossé entre républicains et démocrates sur l'état du monde", explique M. Hasen, selon qui les Etats-Unis sont entrés dans une "ère de post-vérité".

Le président républicain qui fustige régulièrement la "désinformation" des grands médias, avait été l'un des premiers à colporter une théorie du complot assurant que Barack Obama était né au Kenya et que son élection était donc illégitime. Kellyanne Conway, proche conseillère du président, avait introduit la notion de "faits alternatifs" après la controverse sur le nombre de spectateurs à la cérémonie d'investiture du 45e président américain en 2017. Depuis son arrivée au pouvoir, M. Trump a fait 13.435 "affirmations fausses ou trompeuses", selon un comptage établi par les "vérificateurs" du Washington Post.

"Différences tribales"

Dans l'affaire ukrainienne, M. Trump insiste sur le fait que l'échange téléphonique avecson homologue Volodymyr Zelensky, était "parfait". L'Américain a simplement demandé à l'Ukrainien de lui faire la "faveur" d'enquêter sur la corruption dans son pays. Pour les démocrates, c'est tout le contraire. Le président a commis un abus de pouvoir, qui lui vaut une mise en accusation devant le Congrès, en demandant que Kiev enquête contre Joe Biden, son potentiel adversaire à la présidentielle 2020.

La Maison Blanche a publié la transcription de l'appel téléphonique mais "les gens peuvent lire les mêmes mots et comprendre des choses complètement différentes", dit David Barker, professeur d'affaire publiques à l'American University de Washington. "Les Trumpistes portent des T-shirts Lisez la transcription quand tous ses opposants disent on l'a lu et c'est tout le problème", explique M. Barker. Pour le parlementaire républicain Doug Collins, la procédure de destitution se résume à une série de "faits contestés".

"Le simple fait que je dise quelque chose et que vous disiez le contraire est un fait contesté", a-t-il lancé à ses collègues démocrates de la commission judiciaire de la Chambre. "Ce sera la première (procédure de) destitution où les faits sont considérés selon une logique partisane". David Barker souligne les "différences tribales" qui séparent aujourd'hui républicains et démocrates. "On ne va pas dans les mêmes magasins, on ne boit pas la même bière, on ne mange pas dans les mêmes restaurants, on n'écoute pas la même musique, on ne voit pas les mêmes films et on n'habite plus les uns à côté des autres", dit-il. "Tous ces changements dans notre style de vie, ces différences tribales, font que nous ne croyons plus aux informations, à moins qu'elles émanent d'un membre de notre tribu", ajoute-t-il. "Vous pouvez vous acharner à les vérifier, pour l'autre camp se seront toujours des fausses informations", explique l'universitaire.

La démocratie en danger

Comme la politique, les médias naviguent dans un environnement de plus en plus polarisé, du très conservateur Fox News au très anti-Trump CNN. Selon une étude du centre de recherche Pew, les républicains doutent beaucoup plus de la sincérité des médias que les démocrates.

Parmi les républicains partisans de Donald Trump, 40% ont une mauvaise opinion des journalistes, contre seulement 5% des démocrates. Les médias traditionnels qui faisaient office "d'arbitres de la vérité" sont désormais menacés par les réseaux sociaux, selon Richard Hasen, de l'Université de Californie Irvine. "Sur les réseaux sociaux, on reçoit et on partage des messages qui renforcent nos convictions ", dit-il. M. Hasen craint même que le fossé grandissant entre ces "univers factuels différents" ne résulte en une incapacité à accepter les faits les plus simples. Comme, par exemple, "le résultat de l'élection" de novembre 2020, en cas de défaite de Donald Trump.

Dans les passions générées par la procédure de destitution contre Donald Trump resurgissent les notions de "faits alternatifs" ou de "faits contestés". Il est parfois difficile de savoir où se trouve la réalité. "Il y a toujours eu des divergences d'opinions entre progressistes et conservateurs aux Etats-Unis", rappelle Richard Hasen, professeur de droit et de science politique à l'Université de Californie Irvine. Mais aujourd'hui, "il y a de plus en plus de désaccords sur les faits" qui sont pourtant avérés, comme la réalité du changement climatique ou l'ingérence documentée de la Russie dans la présidentielle remportée par Donald Trump en 2016, dit-il. "Les sondages montrent un fossé entre républicains et démocrates sur l'état du monde", explique M. Hasen, selon qui les Etats-Unis sont entrés dans une "ère de post-vérité".Le président républicain qui fustige régulièrement la "désinformation" des grands médias, avait été l'un des premiers à colporter une théorie du complot assurant que Barack Obama était né au Kenya et que son élection était donc illégitime. Kellyanne Conway, proche conseillère du président, avait introduit la notion de "faits alternatifs" après la controverse sur le nombre de spectateurs à la cérémonie d'investiture du 45e président américain en 2017. Depuis son arrivée au pouvoir, M. Trump a fait 13.435 "affirmations fausses ou trompeuses", selon un comptage établi par les "vérificateurs" du Washington Post.Dans l'affaire ukrainienne, M. Trump insiste sur le fait que l'échange téléphonique avecson homologue Volodymyr Zelensky, était "parfait". L'Américain a simplement demandé à l'Ukrainien de lui faire la "faveur" d'enquêter sur la corruption dans son pays. Pour les démocrates, c'est tout le contraire. Le président a commis un abus de pouvoir, qui lui vaut une mise en accusation devant le Congrès, en demandant que Kiev enquête contre Joe Biden, son potentiel adversaire à la présidentielle 2020.La Maison Blanche a publié la transcription de l'appel téléphonique mais "les gens peuvent lire les mêmes mots et comprendre des choses complètement différentes", dit David Barker, professeur d'affaire publiques à l'American University de Washington. "Les Trumpistes portent des T-shirts Lisez la transcription quand tous ses opposants disent on l'a lu et c'est tout le problème", explique M. Barker. Pour le parlementaire républicain Doug Collins, la procédure de destitution se résume à une série de "faits contestés"."Le simple fait que je dise quelque chose et que vous disiez le contraire est un fait contesté", a-t-il lancé à ses collègues démocrates de la commission judiciaire de la Chambre. "Ce sera la première (procédure de) destitution où les faits sont considérés selon une logique partisane". David Barker souligne les "différences tribales" qui séparent aujourd'hui républicains et démocrates. "On ne va pas dans les mêmes magasins, on ne boit pas la même bière, on ne mange pas dans les mêmes restaurants, on n'écoute pas la même musique, on ne voit pas les mêmes films et on n'habite plus les uns à côté des autres", dit-il. "Tous ces changements dans notre style de vie, ces différences tribales, font que nous ne croyons plus aux informations, à moins qu'elles émanent d'un membre de notre tribu", ajoute-t-il. "Vous pouvez vous acharner à les vérifier, pour l'autre camp se seront toujours des fausses informations", explique l'universitaire.Comme la politique, les médias naviguent dans un environnement de plus en plus polarisé, du très conservateur Fox News au très anti-Trump CNN. Selon une étude du centre de recherche Pew, les républicains doutent beaucoup plus de la sincérité des médias que les démocrates.Parmi les républicains partisans de Donald Trump, 40% ont une mauvaise opinion des journalistes, contre seulement 5% des démocrates. Les médias traditionnels qui faisaient office "d'arbitres de la vérité" sont désormais menacés par les réseaux sociaux, selon Richard Hasen, de l'Université de Californie Irvine. "Sur les réseaux sociaux, on reçoit et on partage des messages qui renforcent nos convictions ", dit-il. M. Hasen craint même que le fossé grandissant entre ces "univers factuels différents" ne résulte en une incapacité à accepter les faits les plus simples. Comme, par exemple, "le résultat de l'élection" de novembre 2020, en cas de défaite de Donald Trump.