"Nous sommes très préoccupés par l'incident relatif à un inspecteur de l'AIEA", a dit un représentant de l'UE dans une déclaration au Conseil des gouverneurs de cette agence de l'Onu qui se réunissait à Vienne. "Nous appelons l'Iran à s'assurer que les inspecteurs de l'AIEA puissent remplir leurs fonctions conformément" aux engagements de Téhéran, ajoute la déclaration consultée par l'AFP.

Lors d'un "contrôle" à l'entrée de l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz, dans le centre de l'Iran, cette inspectrice de l'AIEA "a déclenché une alarme", suscitant l'inquiétude qu'elle puisse porter sur elle "un produit suspect", a assuré jeudi l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA). L'organisation iranienne indique avoir notifié l'incident à l'AIEA et l'avoir informée que "l'accréditation (de l'inspectrice) avait été retirée". "L'incident a été résolu", selon la déclaration de l'UE à Vienne, qui appelle à ce que cela "ne se reproduise pas dans l'avenir".

Les 35 membres du Conseil des gouverneurs de l'AIEA se sont retrouvés jeudi matin pour une réunion spéciale consacrée à l'Iran. A l'issue de cette réunion, l'ambassadeur iranien auprès de l'AIEA Kazem Gharib Abadi est revenu sur l'incident qui s'est déroulé le 28 octobre alors que l'inspectrice, dont la nationalité n'a pas été précisée, se soumettait à un contrôle de routine.

Selon M. Abadi, l'experte s'est "faufilée" dans une salle de bain en attendant une inspection plus approfondie, après avoir déclenché l'alarme du détecteur chimique destiné à repérer certains types d'explosifs. A son retour, les alarmes ne se sont plus déclenchées mais les autorités iraniennes ont décelé une contamination dans les tuyaux d'évacuation de la salle de bain et, plus tard, dans son sac à main vide lors d'une perquisition effectuée à son domicile.

L'AIEA, en charge de surveiller les activités nucléaires de l'Iran via des contrôles réguliers effectués sur le terrain, n'avait pas officiellement réagi jeudi à l'annonce des autorités iraniennes sur l'incident avec son employée. La mise en oeuvre du régime d'inspection extrêmement strict de l'agence en Iran est l'un des aspects cruciaux de l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015 entre la République islamique et le groupe "5+1" (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne). Téhéran s'est engagé en mai dans un plan en plusieurs phases de réduction de ses engagements pris dans l'accord de 2015, afin de riposter au retrait américain de ce pacte et au rétablissement des sanctions décidé par le président Donald Trump en 2018, qui a plongé l'économie iranienne dans une sévère récession.