Donald Trump n'est pas le premier président des États-Unis à passer un savon aux alliés européens au sujet de leur engagement militaire léthargique. Le "burden sharing", une répartition plus juste des coûts de défense, figure sur l'agenda de l'OTAN depuis Ronald Reagan. C'était probablement surtout la façon dont Trump a décrit l'OTAN - il a qualifié l'organisation de "vieillie" - et toute sa rhétorique d'America First - qui a effrayé les Européens.
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Donald Trump n'est pas le premier président des États-Unis à passer un savon aux alliés européens au sujet de leur engagement militaire léthargique. Le "burden sharing", une répartition plus juste des coûts de défense, figure sur l'agenda de l'OTAN depuis Ronald Reagan. C'était probablement surtout la façon dont Trump a décrit l'OTAN - il a qualifié l'organisation de "vieillie" - et toute sa rhétorique d'America First - qui a effrayé les Européens. Soucieux d'apaiser les esprits, Washington a envoyé son ministre de la Défense James Mattis et le vice-président Mike Pence outre-Atlantique. Mattis était à Bruxelles pour une réunion des ministres de la défense de l'alliance et Pence a assisté à la Conférence annuelle de la Sécurité à Munich. Tous deux, ils ont souligné que l'Amérique croit toujours à l'OTAN, mais que les alliés doivent investir davantage dans l'alliance. Et ainsi le ministre russe aux Affaires étrangères Sergueï Lavrov était le seul à trouver que l'OTAN est un tacot du passé. Cela devrait calmer le ménage transatlantique, en attendant le sommet de l'OTAN au printemps pour lequel Trump fera lui-même la traversée. En 2014, tous les dirigeants européens ont promis solennellement au Pays de Galles de consacrer au moins 2% de leur PIB à la Défense au plus tard d'ici 2024. Angela Merkel a réitéré cette promesse à Munich. Elle a également déclaré que l'Europe ne pouvait se passer des États-Unis dans la lutte contre le terrorisme international et qu'il fallait de meilleures relations avec la Russie. Elle n'a pas ajouté comment une meilleure relation avec Moscou rime avec le renforcement récent de la frontière est de l'OTAN, après l'annexion de la Crimée. Merkel n'était donc pas totalement en désaccord avec le nouveau gouvernement américain. En même temps, l'Europe ne doit pas avoir la naïveté de compter uniquement sur les États-Unis pour sa sécurité, comme elle l'a fait ces septante dernières années. En ce sens, Lavrov avait raison. La Guerre froide est passée et l'ordre mondial établi après la Chute du mur, n'est plus. Il y a un nouvel ordre qui se prépare et qu'il qualifie de "post-occidental" et qui comporte d'autres intérêts. Alors que les États-Unis se focalisent sur l'Asie, l'Europe ne se heurte plus uniquement à la Russie, ce qui est dû de plus en plus aux problèmes au Moyen-Orient et en Afrique. Cela demande une approche propre. À cet égard, l'Europe doit développer et renforcer sa politique de sécurité elle-même.