L'idée d'organiser une rencontre entre les dirigeants des pays membres de ces deux organisations régionales avait émergé lors d'un sommet informel des leaders européens à Salzbourg, en septembre 2018. Vingt-quatre présidents et Premiers ministres de l'UE sur 28 sont attendus dans la station balnéaire égyptienne, a-t-on appris vendredi auprès d'un responsable de l'Union européenne.

Parmi eux, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre belge Charles Michel ou encore son homologue britannique Theresa May, au moment où cette dernière affronte l'inflexibilité des Européens sur le Brexit. Du côté des pays arabes, le Premier ministre libanais Saad Hariri, les présidents irakien Barham Salih et tunisien Béji Caïd Essebsi, seront entre autres présents.

Le leader égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, présidera quant à lui le sommet aux côtés de ses homologues du Conseil européen Donald Tusk et de la Commission Jean-Claude Juncker. Il n'était pas clair dans l'immédiat si le président soudanais Omar el-Béchir, confronté à une vague de manifestations antigouvernementales dans son pays et sous le coup de plusieurs mandats d'arrêt, se rendra en Egypte.

Les migrations, au coeur des relations entre les deux blocs

Si le sujet des migrations, au coeur des relations entre les deux blocs, sera évoqué au cours du sommet, ce dernier ne sera "absolument pas" consacré à cette seule question, a récemment assuré la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini. La coopération économique entre l'Europe et les pays arabes, les défis mondiaux et les questions régionales occuperont aussi une place importante.

Le commerce et l'investissement autour de la Méditerranée, le multilatéralisme, les changements climatiques, la sécurité et la situation dans la région - Syrie, conflit israélo-palestinien, Yémen et Libye - devraient être évoqués. Premier exercice du genre entre l'UE et la Ligue arabe, ce sommet devrait avant tout avoir "une dimension symbolique", estimait récemment Anthony Dworkin du think thank "Conseil européen des relations internationales". Si des engagements en faveur du multilatéralisme, de la coopération économique ou encore de la stabilité régionale ne manqueront probablement pas d'être soulignés par les participants, aucune mesure concrète ne devrait émerger de la réunion, analysait-il.

En marge du sommet, des discussions informelles sur le Brexit pourraient aussi avoir lieu entre les leaders européens, mais aucune percée n'est attendue. "Il n'y aura pas d'accord dans le désert, c'est un sommet entre l'UE et la Ligue arabe", a d'ailleurs insisté un responsable européen, douchant des espoirs d'avancée évoqués par la presse. Le sort des combattants étrangers détenus en Syrie pourrait aussi être abordé en informel lors du sommet. Le Premier ministre belge, Charles Michel, n'a d'ailleurs pas caché sa volonté d'évoquer ce point avec certains de ses homologues.