Cette institution, puissant acteur politique et économique, vient d'étendre son pouvoir dans cette nation à bout de souffle.

Le pays pétrolier, dont l'économie s'est effondrée avec la chute des cours, n'a plus les moyens de financer ses importations, ce qui entraîne de graves pénuries d'aliments et de médicaments.

Très impopulaire, le chef de l'Etat, élu en 2013 jusqu'en 2019, est par ailleurs confronté à un Parlement contrôlé par l'opposition de centre droit. Cette dernière exige la tenue d'un référendum pour obtenir son départ anticipé.

Tenant pour responsables de cette situation ses adversaires politiques, le patronat et les Etats-Unis, accusés de mener une "guerre" économique, Nicolas Maduro a confié aux militaires la gestion des cinq principaux ports du Venezuela. L'armée est également en charge de "l'approvisionnement du pays".

"Le gouvernement doit gouverner les ports : savoir ce qui entre et ce qui sort, savoir où ça va. C'est une guerre. C'est pour cela que nous avons placé les forces armées en première ligne", a déclaré mercredi le vice-président Aristobulo Isturiz.

'Désordre' et 'corruption'

Depuis lundi, les militaires se sont déployés dans les ports, les aéroports et les entreprises sur ordre du président. Il y ont trouvé "un chaos" et "un désordre", selon lui, ce qui favorise "la corruption".

Alors que les étals des magasins sont vides, le marché noir, tenu par les "bachaqueros", prospère partout au Venezuela, où près de 80% des produits de première nécessité sont devenus quasi-introuvables, selon des organismes privés.

Au milieu de dizaines de caisses de poulets circulant sur des tapis pour y être emballés, le général Pedro Alvarez, commandant militaire de l'Etat de Miranda (centre), a expliqué mercredi sur la chaîne officielle VTV le rôle de l'armée dans cette entreprise de la ville de Los Teques.

De la matière première, aux points de livraisons en passant par le stockage, tout est passé au crible.

"Si l'on constate des détournements, nous serons très sévères. Ce sont les instructions. Nous vérifions les inventaires et les machines", explique ce haut gradé.

Mais les prérogatives des militaires ne s'arrêtent pas là.

M. Maduro a également décidé de placer son gouvernement sous l'autorité de son ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino, qui devient à 53 ans l'autre homme fort du pays.

Postes clé

Ces décisions interviennent dans le cadre de l'état d'"urgence économique", décidé en janvier, et de l'état d'exception, décrété mi-mai, qui attribuent des pouvoirs spéciaux aux militaires et autres forces de sécurité et permettent au gouvernement de prendre le contrôle des sources d'approvisionnement d'aliments, de produits de première nécessité et d'énergie.

"Nous sommes en guerre. C'est la raison pour laquelle le général Padrino assume ces nouvelles responsabilités (...) il saura se battre", a réagi mercredi le ministre de l'Agriculture Wilmar Castro, un des dix militaires membre du gouvernement de M. Maduro, souvent à des postes clé.

Mais pour les analystes, le problème n'est pas la distribution mais la production.

"C'est la distribution de ce qui n'existe pas. C'est impossible qu'ils (les militaires) trouvent une solution, s'ils n'augmentent pas la production. L'armée prend des risques car elle devra payer le coût du désastre économique", a déclaré à l'AFP l'économiste Luis Vicente Leon.

D'autres voient dans cette présence renforcée de l'armée un symbole fort alors que le pays est au bord de l'explosion sociale et que tous les voyants sont au rouge.

"Subordonner toutes la structure de l'Etat à Vladimir Padrino trace le chemin du Venezuela : le dialogue de la transition se fera avec les militaires", a estimé l'experte en questions de sécurité Rocio San Miguel.

Mais des voix s'élèvent pour dénoncer le rôle stratégique des hommes en uniforme : "l'accroissement du pouvoir militaire est une menace pour la tranquillité et la paix", ont dénoncé les évêques vénézuéliens.

Cette institution, puissant acteur politique et économique, vient d'étendre son pouvoir dans cette nation à bout de souffle.Le pays pétrolier, dont l'économie s'est effondrée avec la chute des cours, n'a plus les moyens de financer ses importations, ce qui entraîne de graves pénuries d'aliments et de médicaments.Très impopulaire, le chef de l'Etat, élu en 2013 jusqu'en 2019, est par ailleurs confronté à un Parlement contrôlé par l'opposition de centre droit. Cette dernière exige la tenue d'un référendum pour obtenir son départ anticipé.Tenant pour responsables de cette situation ses adversaires politiques, le patronat et les Etats-Unis, accusés de mener une "guerre" économique, Nicolas Maduro a confié aux militaires la gestion des cinq principaux ports du Venezuela. L'armée est également en charge de "l'approvisionnement du pays"."Le gouvernement doit gouverner les ports : savoir ce qui entre et ce qui sort, savoir où ça va. C'est une guerre. C'est pour cela que nous avons placé les forces armées en première ligne", a déclaré mercredi le vice-président Aristobulo Isturiz.Depuis lundi, les militaires se sont déployés dans les ports, les aéroports et les entreprises sur ordre du président. Il y ont trouvé "un chaos" et "un désordre", selon lui, ce qui favorise "la corruption".Alors que les étals des magasins sont vides, le marché noir, tenu par les "bachaqueros", prospère partout au Venezuela, où près de 80% des produits de première nécessité sont devenus quasi-introuvables, selon des organismes privés.Au milieu de dizaines de caisses de poulets circulant sur des tapis pour y être emballés, le général Pedro Alvarez, commandant militaire de l'Etat de Miranda (centre), a expliqué mercredi sur la chaîne officielle VTV le rôle de l'armée dans cette entreprise de la ville de Los Teques.De la matière première, aux points de livraisons en passant par le stockage, tout est passé au crible. "Si l'on constate des détournements, nous serons très sévères. Ce sont les instructions. Nous vérifions les inventaires et les machines", explique ce haut gradé. Mais les prérogatives des militaires ne s'arrêtent pas là. M. Maduro a également décidé de placer son gouvernement sous l'autorité de son ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino, qui devient à 53 ans l'autre homme fort du pays.Ces décisions interviennent dans le cadre de l'état d'"urgence économique", décidé en janvier, et de l'état d'exception, décrété mi-mai, qui attribuent des pouvoirs spéciaux aux militaires et autres forces de sécurité et permettent au gouvernement de prendre le contrôle des sources d'approvisionnement d'aliments, de produits de première nécessité et d'énergie."Nous sommes en guerre. C'est la raison pour laquelle le général Padrino assume ces nouvelles responsabilités (...) il saura se battre", a réagi mercredi le ministre de l'Agriculture Wilmar Castro, un des dix militaires membre du gouvernement de M. Maduro, souvent à des postes clé. Mais pour les analystes, le problème n'est pas la distribution mais la production. "C'est la distribution de ce qui n'existe pas. C'est impossible qu'ils (les militaires) trouvent une solution, s'ils n'augmentent pas la production. L'armée prend des risques car elle devra payer le coût du désastre économique", a déclaré à l'AFP l'économiste Luis Vicente Leon.D'autres voient dans cette présence renforcée de l'armée un symbole fort alors que le pays est au bord de l'explosion sociale et que tous les voyants sont au rouge."Subordonner toutes la structure de l'Etat à Vladimir Padrino trace le chemin du Venezuela : le dialogue de la transition se fera avec les militaires", a estimé l'experte en questions de sécurité Rocio San Miguel.Mais des voix s'élèvent pour dénoncer le rôle stratégique des hommes en uniforme : "l'accroissement du pouvoir militaire est une menace pour la tranquillité et la paix", ont dénoncé les évêques vénézuéliens.