Un homme blanc de 21 ans a ouvert le feu samedi matin à El Paso, ville à majorité hispanique, faisant 20 morts dans un centre commercial.

Le soir même, un autre jeune homme blanc, âgé de 24 ans cette fois, a abattu neuf personnes, dont sa propre soeur, dans un quartier de fête de Dayton, dans l'Ohio, au nord-est.

Les autorités locales ont annoncé qu'elles allaient requérir la peine de mort contre le tireur du Texas, dont la police soupçonne une motivation raciste. Et l'affaire est traitée comme un cas de "terrorisme intérieur", a annoncé la justice fédérale.

Ce que l'on sait

A El Paso au Texas, tout près de la frontière mexicaine, un homme seul armé d'un fusil d'assaut a ouvert le feu samedi matin aux abords d'un hypermarché Walmart prisé de la communauté hispanique, tuant 20 personnes et faisant 26 blessés. Il s'est rendu et a été placé en garde à vue.

Treize heures plus tard à Dayton dans l'Ohio, dans le nord-est du pays, un tireur ouvre le feu dans un quartier animé du centre-ville peu après une heure du matin, faisant neuf morts et 27 blessés. Le suspect, qui utilisait un fusil d'assaut équipé de chargeurs à grande capacité et avait des munitions supplémentaires, a été tué moins d'une minute après le début de la fusillade par des policiers en patrouille dans le quartier.

Qui sont les tireurs?

A El Paso, le tireur est un homme blanc de 21 ans originaire d'Allen, près de Dallas, à neuf heures de voiture d'El Paso. Selon certains médias, il s'appelle Patrick Crusius. Les autorités ont annoncé qu'elles allaient requérir la peine de mort à son encontre.

A Dayton, la police n'a pas souhaité dans l'immédiat identifier l'auteur du massacre. Selon la chaîne CBS News, qui cite des sources auprès des autorités, il s'agit de Connor Betts, un homme blanc de 24 ans originaire de Bellbrook dans l'Ohio.

- Quelles étaient leurs motivations?

La police, qui soupçonne un motif raciste, enquête sur un manifeste attribué au tireur d'El Paso, dénonçant notamment "une invasion hispanique du Texas" et faisant référence à la tuerie commise par un suprémaciste blanc dans des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (51 morts, le 15 mars).

Dans l'Ohio, les autorités n'ont pour l'instant identifié aucun motif. Le fait que le tireur ait été lourdement armé suggère cependant qu'il avait l'intention de tuer un grand nombre de personnes.

- Qui sont les victimes?

Selon des responsables mexicains, trois Mexicains ont été tués dans la tuerie à El Paso et six font partie des blessés. Selon certains médias, les blessés, dont certains sont toujours dans un état grave, sont âgés de deux à 82 ans.

Peu d'information ont filtré sur l'identité des victimes à Dayton mais la fusillade s'est déroulée dans un quartier animé de la ville, a priori plutôt fréquenté par des jeunes gens à cette heure de la nuit.

Donald Trump a condamné des "actes haineux et lâches" et ordonné la mise en berne des drapeaux pendant quatre jours en hommage aux victimes.

Malgré ces gestes, le président a essuyé de vives attaques de la part de son opposition, qui lui reproche sa rhétorique anti-migrants.

"Le président en personne promeut le racisme et la suprématie blanche", a ainsi tonné Elizabeth Warren, candidate à la primaire démocrate.

- "Invasion hispanique du Texas" -

© AFP

Le tireur d'El Paso, Patrick Crusius, habitait la banlieue de Dallas, mais a frappé à El Paso, sur la frontière mexicaine, à près de neuf heures en voiture.

Il a fait 20 morts, dont trois Mexicains, et 26 blessés avant de se rendre. La police enquête sur un manifeste, qui lui a été attribué et qui circule sur internet.

L'auteur y dénonce notamment "une invasion hispanique du Texas" et fait référence à la tuerie commise par un suprémaciste blanc dans des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (51 morts, le 15 mars).

La nuit suivante, à l'autre bout du pays, dans l'Ohio, Connor Betts a semé la panique à la sortie de boîte de nuit de Dayton.

Il a tué neuf personnes et blessé 27 autres en moins d'une minute, avant d'être abattu par des policiers qui patrouillaient dans les environs.

"S'ils n'avaient pas été là (...) nous aurions pu avoir des centaines de morts et de blessés", a déclaré Nan Whaley, la maire de la ville.

Le suspect a utilisé un fusil d'assaut équipé de chargeurs à grande capacité, avait des munitions supplémentaires et portait un gilet par balles.

Parmi ses victimes figurent six Noirs et trois Blancs âgés de 22 à 57 ans, dont sa soeur, la plus jeune, a précisé la police.

Anthony Reynolds sortait d'un night-club avec son cousin au moment du drame. "Quand on a vu les corps commencer à tomber, on a compris que c'était grave (...) Nous avons crié aux gens: +courez, il y a un tireur", a affirmé ce témoin à MSNBC.

- "Attise le racisme" -

Les deux drames ont provoqué une onde de choc dans le pays.

© Reuters

"Notre nation est attristée et outragée par les actes insensés de terreur qui ont pris la vie d'innocents à El Paso et Dayton", a écrit sur Twitter Kellyanne Conway, conseillère de Donald Trump.

"La suprématie blanche, comme toute autre forme de terrorisme, est un fléau qui doit être détruit", a tweeté Ivanka Trump, dont le père est accusé par l'opposition de ne pas être assez ferme contre l'extrême droite blanche.

Le candidat à la primaire démocrate Beto O'Rourke, originaire d'El Paso, est même allé plus loin. Pour lui, Donald Trump "encourage non seulement la rhétorique raciste mais aussi la violence qui suit".

Les Etats-Unis, où le port d'armes est légal, sont régulièrement endeuillés par des fusillades qui touchent aussi bien les écoles que les lieux de culte, de travail et de divertissement ou des commerces.

Selon l'ONG Gun Violence Archives, depuis le 1er janvier, les Etats-Unis ont connu 251 fusillades ayant fait au moins quatre victimes, blessées ou tuées.

Comme après chaque bain de sang, des voix se sont élevées pour réclamer une meilleure régulation du marché des armes à feu. Jusqu'ici, ces appels sont toujours restés lettre morte.