La non ratification de l'accord sur le nouveau nom de la Macédoine était prévue, Gjorgje Ivanov, proche de la droite nationaliste de son pays, étant un adversaire affiché de tout compromis avec le voisin grec.

La loi doit désormais revenir au Parlement. Si celui-ci l'adopte de nouveau, le président macédonien ne pourra plus constitutionnellement s'y opposer.

"En accord avec la Constitution de la République de Macédoine, j'ai décidé de ne pas signer la loi sur la ratification de l'accord avec la Grèce. L'accord rend la Macédoine dépendante d'un tiers Etat, la Grèce en l'occurrence", a annoncé le président dans un communiqué diffusé mardi à Skopje.

Une fois de nouveau validé, l'accord sera soumis à un référendum dont la date n'a pas été fixée. La droite nationaliste a appelé à voter "non".

le Premier ministre social-démocrate Zoran Zaev, un des architectes de cet accord, a fait savoir qu'il présenterait sa démission en cas de défaite du "oui".

Ultime étape pour entériner le nouveau nom, une révision constitutionnelle devra ensuite de nouveau être validée par le Parlement, mais à la majorité des deux tiers. Le gouvernement de Zoran Zaev ne dispose pas pour l'heure de cette majorité.

En échange de cet accord, Skopje espère obtenir une ouverture rapide des négociations d'adhésion à l'Union européenne, ainsi qu'une invitation à rejoindre l'Otan.

Toutefois, si le gouvernement macédonien échoue à faire passer la révision constitutionnelle, "l'invitation de l'Otan est annulée et les négociations avec l'UE ne bougent pas", avait prévenu le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

Démission

En Grèce, la majorité de la coalition gouvernementale s'est affaiblie mardi après la démission d'un député du petit parti souverainiste Anel.

"J'ai pris cette décision devant Dieu et la patrie(...) je vais continuer mon mandat en tant que député indépendant", a indiqué dans une lettre Yorgos Lazaridis, député de l'Anel à Théssalonique, deuxième ville grecque dans le nord où le nouveau nom provoque de vives protestations.

Désormais la majorité gouvernementale dispose de 152 députés --145 de la gauche Syriza d'Alexis Tsipras et 7 de l'Anel-- sur un total de 300 de l'Assemblée.

"La majorité gouvernementale n'est pas menacée, elle reste stable", a assuré dans la foulée à la radio pro-Syriza Kokkino, le porte-parole du gouvernement grec Dimitris Tzanakopoulos.

Le 23 juin, l'Anel avait perdu un autre député, Dimitris Kammenos, radié du parti pour avoir voté "oui" à la motion de censure déposée par l'opposition de droite Nouvelle-Démocratie, qui est contre l'accord greco-macédonien.

Accusé de "trahison" par ses rivaux, Alexis Tsipras a surmonté cette motion de censure.

La Grèce dénie à son petit voisin l'usage du simple nom de "Macédoine", sans attribution géographique supplémentaire, considérant que c'est celui de sa province septentrionale.