Après le coup d'État avorté du 15 juillet, la Turquie réagit par une purge à grande échelle de son appareil d'état. Ainsi plus de 30 000 personnes ont déjà été arrêtées ou licenciées, ce qui a valu de nombreuses critiques de la part de l'Europe.

"Je crois que la Turquie, dans l'état où elle se trouve, n'est pas en situation de pouvoir adhérer à l'Union européenne sous peu, ni d'ailleurs sur une plus longue période", a déclaré Jean-Claude Juncker à la chaîne française France 2.

Le président de la Commission européenne a ajouté que les négociations d'adhésion avec la Turquie, lancées en 2005, cesseront immédiatement si l'état réintroduit la peine de mort, ce qu'il envisage pour punir les auteurs du coup d'État. "Un pays qui dispose dans son arsenal législatif de la peine de mort n'a pas sa place au sein de l'Union européenne", a-t-il affirmé.

Reproches

La semaine dernière, le président turc Recep Tayyip Erdogan a reproché à l'UE d'avoir des préjugés contre la Turquie, en réaction aux critiques européennes vis-à-vis de sa gestion du coup d'État avorté. "Ils ont des préjugés contre la Turquie et ils continueront à agir en fonction de ces préjugés", a déclaré le président turc. "Entre-temps, cela fait 53 ans que l'Europe nous fait attendre à la porte". (KVDA)