Les résultats d'un sondage organisé en ligne par l'Unicef et Eurochild, un réseau d'organisations actives dans la défense des droits de l'enfant, serviront de base aux débats, auxquels doivent participer des enfants de toute l'Europe mais aussi des personnalités politiques. Le sondage lancé en juin dernier, destiné prioritairement aux enfants et jeunes de moins de 18 ans habitant sur le Vieux Continent, pose la question de "l'Europe voulue par les enfants". On y trouve des questions comme "Comment vous sentiriez-vous si des personnes d'un pays différent, avec une langue, une culture ou une religion différentes, venaient vivre dans votre région?", ou encore "Si vous deviez déménager dans un nouvel endroit où vous ne connaissiez personne, quelles seraient les deux choses les plus importantes qui vous feraient vous sentir chez vous? ". Les "inquiétudes" par rapport à l'avenir sont aussi sondées, et on demande aux jeunes répondants s'ils ont l'impression d'être écoutés, s'ils apprécient le temps passé sur les bancs de l'école, etc.

Le sondage est toujours en cours, mais l'Unicef et Eurochild ont déjà compilé les réponses de "plus de 15.000 enfants et jeunes de plus de 23 pays", selon Eurochild. Les tendances qui en ressortent seront discutées dans l'enceinte du Parlement européen, à Bruxelles. L'expérience découle d'un engagement pris l'an dernier à la même date par Antonio Tajani, qui avait alors promis que "l'an prochain, et à chaque Journée mondiale de l'enfance suivante, nous évaluerons les progrès réalisés et ce qu'il faut encore faire", dans un effort d'intégrer à la politique européenne la promotion des droits de l'Enfant.

De premières tendances issues du sondage "l'Europe voulue par les enfants", révélées par l'Unicef et Eurochild, indiquent qu'une très large majorité (68%) des jeunes répondants a une attitude de curiosité et une volonté d'accueil par rapport aux personnes issues de l'immigration, un chiffre à mettre en perspective avec les tendances au repli identitaire que l'on peut observer actuellement dans divers Etats européens face aux questions migratoires. Dans les inquiétudes listées comme prioritaires parmi les enfants, surtout en Italie, en Serbie, en Espagne, en Irlande et en Bulgarie, figure la possibilité qu'ils ne trouvent pas de travail, près de trois quarts des répondants estimant que les écoles ne les préparent pas suffisamment à la suite de leur vie.

Mardi, ce sont environ 40 enfants et jeunes qui auront pour tâche de développer un plan concret sur base de ces réponses, avec des politiques européens et autres "decision makers".