Même le bruit et la fureur s'enrhument. Ce mercredi 10 avril, Jean-Luc Mélenchon arrive à Amiens pour un meeting avec la tête de liste aux élections européennes, Manon Aubry, et le décoiffant député du secteur, François Ruffin. Le leader de La France insoumise (LFI) est patraque. Un coup de froid attrapé à Nîmes quelques jours plus tôt. Dans la Somme, malgré des traits fatigués, il fait bonne figure face aux médias venus nombreux couvrir cette affiche de campagne inédite. Dans l'après-midi, le trio rencontre une délégation d'ex-salariés de Whirlpool et de son sous-traitant Prima. " Ça me rappelle la présidentielle ", glisse Frédéric Chantrelle, délégué syndical CFDT, désignant la quinzaine de micros et de caméras qui les cernent. Le 26 avril 2017, Emmanuel Macron et Marine Le Pen avaient visité à quelques heures d'intervalle le site industriel, promis à une délocalisation en Pologne. Les témoignages des ouvriers, dont beaucoup restent encore sur le carreau, réveillent Mélenchon. Il compare l'Union européenne à " une cage ", où politiques et patrons organisent la concurrence entre les peuples. " Rendez les coups, ils ne comprennent que ça ! " lâche-t-il d'une voix blanche.
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