Les hommes en noir de l'Etat islamique volent, violent, massacrent les yézidis au nom, disent-ils, de l'islam. Pourquoi tant de haine ?

Les yézidis constituent une minorité confessionnelle au sein du peuple kurde. Leur religion, monothéiste et préislamique, emprunte à l'islam et au christianisme. Cela suffit à faire d'eux, aux yeux des soldats de l'EI, des hérétiques promis à la destruction. Les yézidis sont à Daech ce que les Juifs et les Tsiganes étaient aux nazis : des peuples considérés comme inférieurs. Non seulement la domination totalitaire d'une population autorise meurtres, viols et pillages, mais, en prime, elle confère une illusion de supériorité et d'invincibilité au sein de l'espèce humaine. Les djihadistes se voient comme les Ubermenschen, les surhommes, d'aujourd'hui. Ce génocide qui se déroule à cinq heures de vol de Bruxelles comporte également une dimension utilitaire. Tout en éradiquant un peuple, ses traditions, sa mémoire et ses lieux, Daech engraisse sa machine de guerre : les yézidis sont dévalisés dès leur arrestation ; les femmes, vendues et revendues plusieurs fois, alimentant un très lucratif commerce d'esclaves sexuelles ; les jeunes garçons, quant à eux, sont entraînés pour devenir des combattants, terroristes ou kamikazes. Sexe, argent et pouvoir sont les trois piliers de Daech.
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