Encore méconnu il y a quelques jours en Belgique, James Robart, juge fédéral républicain de l'Etat de Washington a réussi à faire plier, du moins temporairement, l'administration Trump en incarnant la puissance du contre-pouvoir américain. Cet homme, que le président a qualifié de "soi-disant juge " de Seattle, dont la "terrible décision " mettrait le pays en danger, a tenu tête et a simplement suivi ses principes. Vendredi soir, le magistrat a émis une injonction temporaire sur la totalité du territoire des Etats-Unis visant à bloquer le décret anti-immigration de Trump, pointant sept pays à majorité musulmane. Un bras de fer est depuis engagé entre la Maison-Blanche et la justice américaine.

Trump s'exprime via ses tweets foudroyants en traitant Robart de "soi-disant juge", dont la "terrible décision" allait "faire venir des personnes mauvaises et très dangereuses dans le pays", Twitter
Trump s'exprime via ses tweets foudroyants en traitant Robart de "soi-disant juge", dont la "terrible décision" allait "faire venir des personnes mauvaises et très dangereuses dans le pays" © Twitter

Nommé par George W.Bush

Avocat dans un cabinet privé pendant trente ans, James Robart a été nommé par le républicain George W. Bush en 2003, avant d'être approuvé en 2004 à l'unanimité par le Sénat. Né en 1947 à Seattle, Robart est diplômé en 1969 du Whitman College et de la prestigieuse université de droit de Georgetown, selon la biographie officielle, sur le site de la cour de l'Etat de Washington.

Un homme aux multiples combats

James Robart est dépeint comme un homme aux engagements multiples, en particulier au profit des jeunes et des minorités. Avec son épouse, ils n'ont pas d'enfant, mais ils ont été parents d'accueil pour plusieurs enfants immigrants. Le juge s'est également impliqué dans des organismes de protection de l'enfance. Au cours de son audition de confirmation, le sénateur démocrate Patty Murray, de Washington, a salué Robart pour son "sens généreux de service communautaire de par son travail avec la jeunesse à risque".

Lors de son audience de confirmation, le Sénateur républicain de l'Utah, Orrin Hatch, souligne que James Robart avait fait un travail pro bono (NDLR : Pour le bien public) et avait représenté bénévolement les réfugiés durant sa carrière : "Il a défendu activement les personnes plus défavorisées via son travail pour Evergreen Legal Services et la représentation en dehors de son cabinet, de réfugiés d'Asie du Sud-Est", a déclaré Hatch.

"Black lives matter"

Malgré sa discrétion, ce n'est pas la première prise de position médiatisée du juge. En Août 2016, il a suscité la controverse en citant "Black lives matter" ("Les vies noires comptent"), pour dénoncer la violence excessive présumée de policiers envers la population Afro-Américaine. Un véritable slogan du mouvement de protestation des afro-américains contre la police.

Robart a rappelé avec émotion durant le procès, en citant des statistiques du FBI : "Les tirs des policiers entraînant la mort touchent 41% de Noirs, alors qu'ils ne représentent que 20% de la population des villes concernées. Quarante et un pour cent des morts, vingt pour cent de la population... Les vies noires comptent".

" Black lives matter ", symbole du mouvement de protestation des afro-américains contre la police, BELGAIMAGE
" Black lives matter ", symbole du mouvement de protestation des afro-américains contre la police © BELGAIMAGE

Le système judiciaire, un moyen d'aider les gens

Le New York Times le décrit, selon des avocats de Seattle, comme un juge "discipliné", qui se soucie peu de prendre des décisions impopulaires. Ce conservateur croit dur comme fer à l'indépendance de la justice.

Selon CNN, il a été entendu, durant l'audience de sa confirmation, que Robart voulait utiliser les tribunaux pour aider ceux qui se sentaient privés de leurs droits. A ses yeux, l'aspect le plus satisfaisant dans la pratique du droit est la possibilité d'aider les gens dans le besoin et de fournir un procès équitable à chacun. " On m'a présenté à des gens qui, dans de nombreux cas, estimaient que le système judiciaire était truqué, en leur défaveur, ou était injuste", témoigne-il. Robart s'est cependant mobilisé toute sa carrière pour leur prouver le contraire : "Je voulais leur montrer que le système a été mis en place pour leur bénéficier, et que s'il était correctement utilisé, il représenterait une opportunité pour eux afin de demander réparation s'il y a lésion." Robart a également déclaré en 2004, avant que le sénat ne confirme sa nomination, que tout le monde sera traité dans sa salle d'audience " avec dignité et respect ".

Encore méconnu il y a quelques jours en Belgique, James Robart, juge fédéral républicain de l'Etat de Washington a réussi à faire plier, du moins temporairement, l'administration Trump en incarnant la puissance du contre-pouvoir américain. Cet homme, que le président a qualifié de "soi-disant juge " de Seattle, dont la "terrible décision " mettrait le pays en danger, a tenu tête et a simplement suivi ses principes. Vendredi soir, le magistrat a émis une injonction temporaire sur la totalité du territoire des Etats-Unis visant à bloquer le décret anti-immigration de Trump, pointant sept pays à majorité musulmane. Un bras de fer est depuis engagé entre la Maison-Blanche et la justice américaine.Avocat dans un cabinet privé pendant trente ans, James Robart a été nommé par le républicain George W. Bush en 2003, avant d'être approuvé en 2004 à l'unanimité par le Sénat. Né en 1947 à Seattle, Robart est diplômé en 1969 du Whitman College et de la prestigieuse université de droit de Georgetown, selon la biographie officielle, sur le site de la cour de l'Etat de Washington.James Robart est dépeint comme un homme aux engagements multiples, en particulier au profit des jeunes et des minorités. Avec son épouse, ils n'ont pas d'enfant, mais ils ont été parents d'accueil pour plusieurs enfants immigrants. Le juge s'est également impliqué dans des organismes de protection de l'enfance. Au cours de son audition de confirmation, le sénateur démocrate Patty Murray, de Washington, a salué Robart pour son "sens généreux de service communautaire de par son travail avec la jeunesse à risque".Lors de son audience de confirmation, le Sénateur républicain de l'Utah, Orrin Hatch, souligne que James Robart avait fait un travail pro bono (NDLR : Pour le bien public) et avait représenté bénévolement les réfugiés durant sa carrière : "Il a défendu activement les personnes plus défavorisées via son travail pour Evergreen Legal Services et la représentation en dehors de son cabinet, de réfugiés d'Asie du Sud-Est", a déclaré Hatch.Malgré sa discrétion, ce n'est pas la première prise de position médiatisée du juge. En Août 2016, il a suscité la controverse en citant "Black lives matter" ("Les vies noires comptent"), pour dénoncer la violence excessive présumée de policiers envers la population Afro-Américaine. Un véritable slogan du mouvement de protestation des afro-américains contre la police.Robart a rappelé avec émotion durant le procès, en citant des statistiques du FBI : "Les tirs des policiers entraînant la mort touchent 41% de Noirs, alors qu'ils ne représentent que 20% de la population des villes concernées. Quarante et un pour cent des morts, vingt pour cent de la population... Les vies noires comptent".Le système judiciaire, un moyen d'aider les gensLe New York Times le décrit, selon des avocats de Seattle, comme un juge "discipliné", qui se soucie peu de prendre des décisions impopulaires. Ce conservateur croit dur comme fer à l'indépendance de la justice.Selon CNN, il a été entendu, durant l'audience de sa confirmation, que Robart voulait utiliser les tribunaux pour aider ceux qui se sentaient privés de leurs droits. A ses yeux, l'aspect le plus satisfaisant dans la pratique du droit est la possibilité d'aider les gens dans le besoin et de fournir un procès équitable à chacun. " On m'a présenté à des gens qui, dans de nombreux cas, estimaient que le système judiciaire était truqué, en leur défaveur, ou était injuste", témoigne-il. Robart s'est cependant mobilisé toute sa carrière pour leur prouver le contraire : "Je voulais leur montrer que le système a été mis en place pour leur bénéficier, et que s'il était correctement utilisé, il représenterait une opportunité pour eux afin de demander réparation s'il y a lésion." Robart a également déclaré en 2004, avant que le sénat ne confirme sa nomination, que tout le monde sera traité dans sa salle d'audience " avec dignité et respect ".