Né en 1963, cet universitaire plaide de longue date pour concilier résistance armée et combat politique au sein du mouvement, considéré comme "terroriste" par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.

L'aile pragmatique du mouvement, à laquelle appartient aussi son prédécesseur Khaled Mechaal, semble avoir pesé sur la rédaction d'un nouveau document adjoint à la charte du Hamas, qui reconnaît les frontières de 1967 et insiste sur le caractère "politique" et non "religieux" du conflit avec Israël.

Son élection intervient toutefois moins de trois mois après que le Hamas a élu à sa tête dans la bande de Gaza Yahya Sinouar, un commandant issu de sa branche militaire tenant de la ligne dure du mouvement, présentée comme concurrente des pragmatiques prônant la négociation.

Contrairement à M. Mechaal, qui était en exil au Qatar, cet homme à l'air bonhomme et père de 13 enfants dirigera le Hamas depuis la petite enclave palestinienne, sous blocus israélien depuis une décennie.

Si sa modeste maison est gardée en permanence et les entrées sont contrôlées dans sa ruelle étroite du camp de réfugiés de Chatti, où des logements informels s'entassent en bord de mer, sa porte, assure-t-on à Gaza, est ouverte à tous ceux qui voudraient déposer leurs doléances.

C'est dans ce camp que celui qui se fait aussi appeler Abou Abed est né en 1963 dans une famille qui avait dû fuir Ashkelon (Asqalan en arabe), à quelques kilomètres au nord de Gaza, à la création d'Israël quinze ans plus tôt.

- A contre-courant -

Son mouvement n'a de cesse de mettre en avant ses origines modestes et sa proximité avec le peuple pour mieux épingler les chefs du Fatah de Mahmoud Abbas ou de l'Autorité palestinienne, accusés d'être des "corrompus" et "des agents israéliens et américains", vivant dans des villas cossues.

Après la victoire du Hamas aux législatives de 2006, Ismaïl Haniyeh prend la tête d'un gouvernement d'union et s'engage à oeuvrer à la création d'un Etat palestinien "en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, avec Jérusalem comme capitale", allant à contre-courant du discours officiel du Hamas qui, alors, ne reconnaissait pas ces frontières.

Mais c'est sous sa direction qu'a éclaté en 2007 la quasi guerre civile entre le Hamas et l'Autorité palestinienne. Privé de sa victoire aux législatives, le mouvement islamiste a pris le pouvoir dans la bande de Gaza au prix d'affrontements meurtriers qui laissent aujourd'hui encore les rancoeurs vivaces entre les deux rivaux.

Connu pour son calme et son discours posé, Ismaïl Haniyeh, le visage rond encadré par une barbe poivre et sel bien taillée, entretient toutefois de bonnes relations avec les chefs des différents mouvements palestiniens.

Dans son salon trône toujours un portrait du fondateur et chef spirituel du Hamas, le cheikh Ahmad Yassine, assassiné par Israël en 2004, et dont il a été le bras droit. Un an plus tôt, ils avaient réchappé ensemble à une tentative d'assassinat, sortant vivants d'une maison sur laquelle un avion israélien avait largué une bombe.

C'est à l'Université islamique de Gaza qu'il a commencé à militer au sein de la branche estudiantine des Frères musulmans, dont est issu le Hamas, avant de devenir membre de l'union des étudiants de l'Université islamique en 1983 et 1984.

Trois ans plus tard, il adhère au Hamas à sa création, alors qu'éclate la première Intifada, soulèvement qui durera jusqu'en 1993. Durant cette période, Ismaïl Haniyeh a été emprisonné à plusieurs reprises par Israël et expulsé pour six mois vers le sud du Liban.

Né en 1963, cet universitaire plaide de longue date pour concilier résistance armée et combat politique au sein du mouvement, considéré comme "terroriste" par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël. L'aile pragmatique du mouvement, à laquelle appartient aussi son prédécesseur Khaled Mechaal, semble avoir pesé sur la rédaction d'un nouveau document adjoint à la charte du Hamas, qui reconnaît les frontières de 1967 et insiste sur le caractère "politique" et non "religieux" du conflit avec Israël.Son élection intervient toutefois moins de trois mois après que le Hamas a élu à sa tête dans la bande de Gaza Yahya Sinouar, un commandant issu de sa branche militaire tenant de la ligne dure du mouvement, présentée comme concurrente des pragmatiques prônant la négociation.Contrairement à M. Mechaal, qui était en exil au Qatar, cet homme à l'air bonhomme et père de 13 enfants dirigera le Hamas depuis la petite enclave palestinienne, sous blocus israélien depuis une décennie. Si sa modeste maison est gardée en permanence et les entrées sont contrôlées dans sa ruelle étroite du camp de réfugiés de Chatti, où des logements informels s'entassent en bord de mer, sa porte, assure-t-on à Gaza, est ouverte à tous ceux qui voudraient déposer leurs doléances.C'est dans ce camp que celui qui se fait aussi appeler Abou Abed est né en 1963 dans une famille qui avait dû fuir Ashkelon (Asqalan en arabe), à quelques kilomètres au nord de Gaza, à la création d'Israël quinze ans plus tôt.- A contre-courant -Son mouvement n'a de cesse de mettre en avant ses origines modestes et sa proximité avec le peuple pour mieux épingler les chefs du Fatah de Mahmoud Abbas ou de l'Autorité palestinienne, accusés d'être des "corrompus" et "des agents israéliens et américains", vivant dans des villas cossues.Après la victoire du Hamas aux législatives de 2006, Ismaïl Haniyeh prend la tête d'un gouvernement d'union et s'engage à oeuvrer à la création d'un Etat palestinien "en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, avec Jérusalem comme capitale", allant à contre-courant du discours officiel du Hamas qui, alors, ne reconnaissait pas ces frontières. Mais c'est sous sa direction qu'a éclaté en 2007 la quasi guerre civile entre le Hamas et l'Autorité palestinienne. Privé de sa victoire aux législatives, le mouvement islamiste a pris le pouvoir dans la bande de Gaza au prix d'affrontements meurtriers qui laissent aujourd'hui encore les rancoeurs vivaces entre les deux rivaux.Connu pour son calme et son discours posé, Ismaïl Haniyeh, le visage rond encadré par une barbe poivre et sel bien taillée, entretient toutefois de bonnes relations avec les chefs des différents mouvements palestiniens. Dans son salon trône toujours un portrait du fondateur et chef spirituel du Hamas, le cheikh Ahmad Yassine, assassiné par Israël en 2004, et dont il a été le bras droit. Un an plus tôt, ils avaient réchappé ensemble à une tentative d'assassinat, sortant vivants d'une maison sur laquelle un avion israélien avait largué une bombe.C'est à l'Université islamique de Gaza qu'il a commencé à militer au sein de la branche estudiantine des Frères musulmans, dont est issu le Hamas, avant de devenir membre de l'union des étudiants de l'Université islamique en 1983 et 1984. Trois ans plus tard, il adhère au Hamas à sa création, alors qu'éclate la première Intifada, soulèvement qui durera jusqu'en 1993. Durant cette période, Ismaïl Haniyeh a été emprisonné à plusieurs reprises par Israël et expulsé pour six mois vers le sud du Liban.