La première audience s'est déroulée de 9h00 à midi (4h30 à 8h30 GMT) en présence de l'accusé devant une cour pénale de Téhéran et a été consacrée à la lecture du dossier par le parquet. M. Najafi s'est vu signifier les charges pesant sur lui: assassinat, détention d'arme illégale et coups et blessures volontaires.

Le représentant du parquet a également lu un passage de la déposition de M. Najafi dans laquelle l'ancien édile fait état de "disputes" permanentes, parfois violentes, avec sa jeune épouse, et affirme que celle-ci l'avait un jour menacé d'un couteau et avait refusé le divorce.

L'audience a été renvoyée au 17 juillet.

Éphémère maire de Téhéran (de fin août 2017 à début avril 2018) et figure du mouvement réformateur, M. Najafi, 67 ans, s'était livré à la police le 28 mai et avait reconnu avoir abattu quelques heures plus tôt sa seconde épouse, Mitra Ostad, de plus de trente ans sa cadette. Le corps de la victime avait été retrouvé dans la baignoire de sa salle de bain.

Brillant mathématicien et professeur d'université, M. Najafi, qui a été vice-président de la République islamique et plusieurs fois ministre, est passible de la peine de mort. La famille de la victime a demandé que soit appliqué le "qesas" (la loi du talion).

Le statut de M. Najafi et le parfum de scandale entourant son deuxième mariage, sans qu'il ait divorcé de sa première épouse, comme le permet la loi iranienne, ont contribué à susciter un gros intérêt en Iran pour cette affaire.

L'histoire a aussi pris un tour politique sur fond de lutte entre les réformateurs, alliés du président, modéré, Hassan Rohani, dont M. Najafi était conseiller économique, et les ultraconservateurs qui n'ont de cesse de critiquer le gouvernement.

Selon des informations de presse, certains ultras ont vu dans la déchéance de M. Najafi un signe de la "faillite morale" du mouvement. D'autres ont mis au défi la justice de juger l'ancien maire aussi rapidement que, et comme, n'importe quel autre suspect de crime.

Du côté des réformateurs, on a accusé la télévision publique d'avoir couvert l'affaire de façon biaisée avec un goût prononcé pour le sordide. Certains sont allés jusqu'à suggérer que la victime avait été téléguidée par quelque "service" pour séduire M. Najafi et l'espionner.