Une digue végétale protégeant la ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, au bord du lac des Deux-Montagnes en crue, à quelques dizaines de kilomètres de Montréal, a cédé samedi soir. Cette rupture a entraîné une montée subite des eaux, parfois de 1,5 mètre, dans plusieurs quartiers de la ville, sans faire de victimes, selon la police.

"On n'a eu le temps de rien faire (...), j'ai juste eu le temps de prendre mes médicaments", a témoigné une résidente à la chaîne publique Radio-Canada. Certains sinistrés ont raconté que dans l'urgence, ils n'avaient pu emporter leurs animaux de compagnie.

Plusieurs centaines de policiers, militaires et pompiers ont évacué près de 2.600 maisons dans la nuit de samedi à dimanche. D'autres évacuations ont été menées dimanche, a expliqué un porte-parole de la Sûreté du Québec. Au total, plus du tiers de la population de la ville a dû être déplacée, et deux centres d'hébergement ont été ouverts.

"Ca se passe très bien, personne heureusement n'a été blessé, personne n'est porté disparu ou manquant", a déclaré dimanche le sergent Daniel Thibodeau.

Suite à ces évacuations, les autorités québécoises ont donné un nouveau bilan: près de 8.000 personnes ont déjà été évacuées au Québec depuis deux semaines, et près de 6.000 résidences ont été inondées.

Ces chiffres dépassent désormais ceux des crues catastrophiques du printemps 2017, les pires depuis un demi-siècle: 4.000 personnes avaient été évacuées et 5.400 habitations inondées rien qu'au Québec.

Plus de 1.700 militaires ont été déployés en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick pour aider aux évacuations et à l'érection de digues provisoires.

Face à la montée des eaux dans ces trois provinces, qui devrait culminer dans les prochains jours selon les autorités, la capitale fédérale Ottawa et la plus grande ville du Québec, Montréal, ont déclaré l'état d'urgence en fin de semaine.

A Ottawa, la rivière des Outaouais a atteint des niveaux record, entraînant la fermeture d'un des ponts reliant la capitale à la ville québécoise de Gatineau, elle aussi durement touchée.

Le Premier ministre Justin Trudeau, qui s'est une nouvelle fois rendu sur le terrain près d'Ottawa avec son fils samedi, a estimé dimanche que ces inondations à répétition obligeaient le gouvernement à accélérer sa lutte contre le changement climatique.

Ces crues "soulignent l'importance pour nous de lutter contre le changement climatique, de nous adapter et d'atténuer les impacts des événements climatiques extrêmes", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec son homologue japonais Shinzo Abe.

Les crues printanières ont pour l'instant fait un seul mort, une septuagénaire dont le véhicule est tombé dans un cours d'eau qui a coupé en deux la route sur laquelle elle circulait près de Pontiac (ouest d'Ottawa).