Les incendies qui ravagent les îles de Bornéo et de Sumatra en Indonésie ont pollué l'air d'une vaste région d'Asie du Sud-Est, contraignant des milliers d'écoles à fermer et forçant de nombreux habitants à porter des masques ou à se faire soigner pour des affections respiratoires.

Jakarta a déployé jusqu'à 29.000 pompiers et militaires pour venir à bout des feux souvent d'origine humaine. Des incendies surviennent tous les ans dans l'archipel indonésien mais ils ont pris de l'ampleur cette année en raison d'une saison sèche particulièrement longue et intense.

Près de 10 millions de jeunes de moins de 18 ans, dont un quart de moins de cinq ans, vivent dans les régions les plus touchées à Sumatra et sur la partie indonésienne de Bornéo, relève le Fonds des Nations unis pour l'Enfance (Unicef) dans un communiqué.

Les enfants les plus jeunes sont les plus vulnérables face à cette pollution à cause de leur système immunitaire encore en développement tandis que les bébés nés de mères exposées à la pollution pendant leur grossesse risquent d'avoir un poids plus bas que la moyenne et de naître avant terme, précise l'Unicef.

"La mauvaise qualité de l'air est un défi sérieux en Indonésie et qui empire", a souligné Debora Comini de l'Unicef.

Des milliers d'écoles ont également été fermées en Indonésie et en Malaisie à cause du danger de la pollution.

Le Service de surveillance de l'atmosphère de Copernicus (CAMS), un programme européen utilisant les données des satellites, a souligné que les feux en Indonésie cette année avaient émis presque autant de CO2 dans l'atmosphère que les incendies de 2015, les pires depuis deux décennies dans le pays.

Du début août au 18 septembre, 360 millions de tonnes de gaz à effet de serre ont été émis par les feux, contre 400 millions en 2015, a noté le service.

"La qualité de l'air est jugée aussi mauvaise que lors des incendies de 2015", relève-t-il dans un communiqué.

Au pire de la crise des incendies de 2015, les feux en Indonésie libéraient chaque jour autant de gaz à effet de serre que l'économie américaine, selon le World Resources Institute.