Jair Bolsonaro "ne peut pas continuer à dire que l'Allemagne a détruit la Forêt noire. A cette époque, on ne parlait pas d'écologie", a déclaré devant des journalistes M. Neto, présent, avec 3.000 autres participants, à la Semaine du Climat, réunion régionale organisée par l'ONU à Salvador de Bahia (nord-est)

"Il doit simplement remplir son rôle, et son rôle c'est de prendre soin de l'Amazonie, de façon à ce qu'elle demeure une terre brésilienne et de façon à ce qu'elle devienne une solution importante pour les graves problèmes économiques de ce pays", a critiqué le responsable local.

Le président brésilien, qui encourage l'exploitation des ressources naturelles dans les aires protégées, notamment en Amazonie, a suscité récemment la polémique en remettant en cause les chiffres officiels de la progression de la déforestation dans la plus vaste forêt tropicale du monde, dont 60% se trouve en territoire brésilien.

Pour M. Neto, à la tête de la capitale de l'Etat de l'Amazonas (2,1 millions d'habitants), les incendies en cours dans la forêt amazonienne ont "débuté comme une petite blessure régionale (...) devenue une blessure nationale et maintenant une grande blessure internationale".

"Ouvrons les yeux pour que le Brésil ne mette pas en danger sa région la plus riche, la plus stratégique, sa dernière frontière possible de développement", a exhorté l'édile.

"L'Amazonie intéresse le monde, elle est fondamentale pour le monde", a rappelé M. Neto, mettant en garde contre de possibles représailles à l'égard de son pays.

"Le monde entier demande une gouvernance sensée, intelligente, appropriée de l'Amazonie au risque de conséquences regrettables pour notre pays dans tous les domaines : diplomatique, commercial, en terme d'exportations, y compris, qui sait - Dieu nous en préserve - militaire", ajoute-t-il.

Les feux de forêt en Amazonie, essentiellement dus à la déforestation, aggravée par la saison sèche, ont pris une dimension internationale.

L'ONU et le président français Emmanuel Macron ont interpellé vivement Jair Bolsonaro sur ce sujet tandis que la chancelière allemande, Angela Merkel, a réclamé que cette "situation d'urgence aiguë" figure au menu des discussions du G7 de Biarritz. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a évoqué "une crise internationale".

Face à la pression, le président brésilien pourrait décider d'envoyer l'armée pour lutter contre les feux.