A quelques jours de Noël, elle cherche désespérément un endroit où vivre. Et en attendant, elle dort avec son mari et sa fille sur des lits de camp dans un refuge de la Croix Rouge à Chico, une cité voisine.

"Nous étions bien installés, nous étions heureux et maintenant nous avons un acre (environ 4.000 m2) de terres brûlées et nulle part où aller", déplore-t-elle. "Il ne reste plus rien."

Son mari, lui, se remet d'une crise cardiaque lors d'un séjour passé dans un autre centre.

Au moins 86 morts et près de 14.000 maisons parties en fumée, c'est le terrible bilan du Camp Fire qui s'était déclenché dans le comté de Butte début novembre et propagé sur les contreforts du massif de la Sierra Nevada au nord de la Californie.

- Sommes astronomiques -

Les demandes d'indemnisation ont déjà atteint les 7 milliards de dollars, et les autorités estiment à au moins 3 milliards le montant nécessaire pour simplement nettoyer les débris carbonisés des maisons et commerces.

Quelques mètres plus loin, environ 700 personnes vivent dans des tentes, des camping-cars et sous un gigantesque hall d'exposition. Là, Rubi Solis surveille ses quatre enfants, quatre chiens et un chat.

Elle ne savait pas que son mari, dont elle est séparée, avait cessé de payer pour l'assurance.

Sa maison située dans la région de Concow valait 200.000 dollars. Elle estime qu'elle ne pourrait se payer qu'une nouvelle cuisine avec les 34.900 dollars reçus de la part du gouvernement.

Les Wright et les Solis font partie de ces milliers de familles en extrême difficulté pour retrouver une demeure à l'approche de l'hiver et commencer à reconstruire leur vie. Et les mois à venir ne s'annoncent pas plus faciles.

- Des plaies encore vives -

Car chez certains rescapés des incendies ayant ravagé le comté de Sonoma l'année dernière, les plaies sont encore vives, même si la reconstruction a parfois commencé.

Quand les fumées du Camp Fire ont atteint ce comté situé à environ 160 kilomètres à l'ouest de Paradise le mois dernier, beaucoup ont eu des flashback difficiles à supporter.

Wadner Anilus, un responsable d'un programme d'aide aux sinistrés, explique observer une hausse d'abus de drogue et de décrochage scolaire parmi les jeunes rescapés de ces incendies.

"Vous voyez des clients simplement rester au lit pendant des jours", relate M. Anilus.

Niveen Rizkalla, chercheure de l'université de Berkeley spécialisée dans le trouble de stress post-traumatique a suivi des rescapés des incendies de Sonoma et le personnel les accompagnant.

Ils ont passé les semaines juste après les incendies à régler ce qu'elle nomme des "besoins de survivants": savoir comment se nourriture, s'habiller, se loger. C'est seulement dans un second temps qu'ils ont été confrontés aux conséquences psychologiques.

"Nous devons les encourager à ne pas se retenir, nos esprits prendront leur revanche si on ne les laisse pas s'exprimer", avertit-elle.

La situation est encore plus délicate pour les rescapés du Camp Fire, où de nombreuses personnes pauvres ou âgées n'avaient pas d'assurance.

Dans sa quête vers un retour à la normalité, Trudi Angel, dont la maison et le studio de danse à Paradise ont été détruits, espère réussir à jouer mi-janvier "Casse-noisette", un ballet que sa compagnie présente depuis 32 ans avant Noël.

"Presque tous mes danseurs ou leurs familles ont perdu leurs maisons", dit-elle. "Notre studio a totalement disparu. Tous les costumes, les décors, il ne reste plus rien. Les danseurs n'ont plus de souliers."

Note d'espoir, Trudi Angel précise que des dons sont parvenus aussi bien de Stuttgart, de Londres que du Japon. Une compagnie de ballet dans l'Oregon a même offert ses costumes de casse-noisette.

"Les gens dans la communauté disent que c'est une tradition, un point positif dans notre vie, nous en avons besoin dans ces moments peu lumineux."

A quelques jours de Noël, elle cherche désespérément un endroit où vivre. Et en attendant, elle dort avec son mari et sa fille sur des lits de camp dans un refuge de la Croix Rouge à Chico, une cité voisine."Nous étions bien installés, nous étions heureux et maintenant nous avons un acre (environ 4.000 m2) de terres brûlées et nulle part où aller", déplore-t-elle. "Il ne reste plus rien."Son mari, lui, se remet d'une crise cardiaque lors d'un séjour passé dans un autre centre.Au moins 86 morts et près de 14.000 maisons parties en fumée, c'est le terrible bilan du Camp Fire qui s'était déclenché dans le comté de Butte début novembre et propagé sur les contreforts du massif de la Sierra Nevada au nord de la Californie.- Sommes astronomiques -Les demandes d'indemnisation ont déjà atteint les 7 milliards de dollars, et les autorités estiment à au moins 3 milliards le montant nécessaire pour simplement nettoyer les débris carbonisés des maisons et commerces.Quelques mètres plus loin, environ 700 personnes vivent dans des tentes, des camping-cars et sous un gigantesque hall d'exposition. Là, Rubi Solis surveille ses quatre enfants, quatre chiens et un chat.Elle ne savait pas que son mari, dont elle est séparée, avait cessé de payer pour l'assurance. Sa maison située dans la région de Concow valait 200.000 dollars. Elle estime qu'elle ne pourrait se payer qu'une nouvelle cuisine avec les 34.900 dollars reçus de la part du gouvernement. Les Wright et les Solis font partie de ces milliers de familles en extrême difficulté pour retrouver une demeure à l'approche de l'hiver et commencer à reconstruire leur vie. Et les mois à venir ne s'annoncent pas plus faciles. - Des plaies encore vives -Car chez certains rescapés des incendies ayant ravagé le comté de Sonoma l'année dernière, les plaies sont encore vives, même si la reconstruction a parfois commencé.Quand les fumées du Camp Fire ont atteint ce comté situé à environ 160 kilomètres à l'ouest de Paradise le mois dernier, beaucoup ont eu des flashback difficiles à supporter.Wadner Anilus, un responsable d'un programme d'aide aux sinistrés, explique observer une hausse d'abus de drogue et de décrochage scolaire parmi les jeunes rescapés de ces incendies. "Vous voyez des clients simplement rester au lit pendant des jours", relate M. Anilus. Niveen Rizkalla, chercheure de l'université de Berkeley spécialisée dans le trouble de stress post-traumatique a suivi des rescapés des incendies de Sonoma et le personnel les accompagnant.Ils ont passé les semaines juste après les incendies à régler ce qu'elle nomme des "besoins de survivants": savoir comment se nourriture, s'habiller, se loger. C'est seulement dans un second temps qu'ils ont été confrontés aux conséquences psychologiques. "Nous devons les encourager à ne pas se retenir, nos esprits prendront leur revanche si on ne les laisse pas s'exprimer", avertit-elle.La situation est encore plus délicate pour les rescapés du Camp Fire, où de nombreuses personnes pauvres ou âgées n'avaient pas d'assurance.Dans sa quête vers un retour à la normalité, Trudi Angel, dont la maison et le studio de danse à Paradise ont été détruits, espère réussir à jouer mi-janvier "Casse-noisette", un ballet que sa compagnie présente depuis 32 ans avant Noël. "Presque tous mes danseurs ou leurs familles ont perdu leurs maisons", dit-elle. "Notre studio a totalement disparu. Tous les costumes, les décors, il ne reste plus rien. Les danseurs n'ont plus de souliers." Note d'espoir, Trudi Angel précise que des dons sont parvenus aussi bien de Stuttgart, de Londres que du Japon. Une compagnie de ballet dans l'Oregon a même offert ses costumes de casse-noisette."Les gens dans la communauté disent que c'est une tradition, un point positif dans notre vie, nous en avons besoin dans ces moments peu lumineux."