L'ouragan Harvey, qui avait touché terre au Texas vendredi soir avant d'être revu en "tempête tropicale", est désormais considéré comme une "dépression tropicale", peut-on voir mercredi soir (jeudi en Belgique) sur le site du National Hurricane Center, l'agence américaine qui surveille les cyclones tropicaux. Des pluies importantes, causant des inondations, continuent de s'abattre sur l'extrême est du Texas ainsi que sur l'ouest de la Louisiane, prévient le centre.

A 19h00 locale (2h00 jeudi matin en Belgique), Harvey se déplaçait vers le nord, nord-est à une vitesse d'environ 13 km/h, apportant des vents soutenus allant jusqu'à 56 km/h, selon les observations du NHC. Ces vents moins forts font rétrograder le phénomène de la catégorie de "tempête tropicale" vers celle de "dépression tropicale", selon les données utilisées par le centre.

Le centre du cyclone se situait mercredi soir en Louisiane, non loin de la ville d'Alexandria. Après le Texas, c'est donc cet Etat, encore traumatisé par le passage de l'ouragan Katrina en 2005, qui se préparait mercredi à des inondations meurtrières.

Dans l'après-midi, le NHC avait prévenu que le danger d'inondation s'est étendu vers le nord et l'est, prévoyant localement jusqu'à 25 cm de précipitations accumulées d'ici à vendredi, dans une zone allant du sud-ouest de la Louisiane et de la frontière adjacente avec le Texas jusqu'à l'ouest du Kentucky.

Les menaces de chutes de pluie importantes se sont atténuées dans la région de Houston et Galveston, mais des "inondations catastrophiques et potentiellement meurtrières continueront à et dans les environs de Houston, Beaumont/Port Arthur, et vers l'est dans le sud-ouest de la Louisiane pour le reste de la semaine", prévenait le NHC dans l'après-midi.

Un bilan provisoire de 33 morts, selon les autorités texanes

La tempête tropicale Harvey est responsable directement ou indirectement de la mort de 33 personnes au Texas, estiment les autorités locales dans un bilan provisoire fourni mercredi. Le bilan devrait cependant s'alourdir avec le retrait des eaux, ont-elles prévenu.

La mort de 10 personnes a été confirmée dans plusieurs comtés du sud-est du Texas, tandis que 23 décès supplémentaires "sont potentiellement liés à Harvey", a annoncé Tricia Bentley, porte-parole du bureau des médecins légistes de Harris, le comté qui comprend la ville de Houston. Les responsables locaux craignent une aggravation du bilan au fur et à mesure que l'eau reculera et que l'accès aux zones les plus inondées sera libéré.

Quelques signes de recul des inondations étaient perceptibles mercredi à Houston, où les aéroports internationaux George-Bush et William P. Hobby ont rouvert dans l'après-midi, mais des localités situées au sud-est de la ville ont quant à elles subi de nouvelles pluies.

Au nord-est de Houston cette fois, à Crosby, une usine chimique du groupe français Arkema est menacée d'explosion à cause de l'eau qui a envahi le site, a prévenu le PDG de la filiale américaine, tout en assurant que l'entreprise a "des plans pour cette éventualité". "Actuellement, nous avons 1,80 mètre d'eau dans l'usine. Nous avons perdu l'alimentation électrique d'urgence et deux sources d'alimentation de secours. En conséquence, nous avons perdu les capacités indispensables de réfrigération des matériaux sur le site qui pourraient donc maintenant exploser et causer un incendie intense", a-t-il ajouté. Le personnel a été évacué, ainsi que la zone d'habitations dans un rayon de 2,4km autour du site, qui fabrique des peroxydes organiques.

Sur le front de l'aide aux victimes, de nombreuses célébrités ont récemment annoncé leur intention de sortir le porte-monnaie au profit d'organisations comme la Croix-Rouge et l'Armée du Salut. C'est le cas de Beyoncé, du rappeur Drake, mais aussi de l'actrice Sandra Bullock, qui a des maisons tant à Austin (Texas) qu'à la Nouvelle Orléans, de la starlette Khloe Kardashian et de Jennifer Lopez, entre autres.

Les Etats-Unis remercient le Mexique pour son aide

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a chaleureusement remercié mercredi le Mexique pour avoir proposé son aide au Texas en proie aux inondations, oubliant un instant les tensions entre les deux pays au sujet du mur frontalier voulu par Donald Trump.

"Je veux remercier le gouvernement mexicain pour sa proposition d'aide à l'Etat du Texas", a dit le chef de la diplomatie en recevant son homologue mexicain Luis Videgaray à Washington. "C'est très généreux de la part du Mexique d'offrir son aide en ces temps très, très difficiles", "merci beaucoup", a-t-il insisté. Il n'a pas décrit la nature de l'aide proposée mais précisé que le sujet était coordonné par le Texas et l'agence fédérale des situations d'urgence.

"Nous sommes voisins, nous sommes amis et c'est ce que font les amis", lui a répondu le ministre mexicain.

Mexico avait annoncé dimanche avoir proposé son aide aux Etats-Unis après l'arrivée dévastatrice de l'ouragan Harvey au Texas, Etat du sud américain frontalier du Mexique.

Dans le même communiqué, le ministère mexicain des Affaires étrangères avait toutefois de nouveau assuré que le Mexique ne paierait pas pour le mur anti-immigrés clandestins que Donald Trump veut bâtir à la frontière. Le président américain a répété à plusieurs reprises ces derniers jours que le Mexique paierait pour le mur d'une manière ou d'une autre.

Les tensions entre les deux voisins concernent aussi la renégociation en cours du traité de libre-échange Alena, dont Donald Trump menace de se retirer.

"Nous sommes convenus de continuer à négocier selon le calendrier prévu", a dit à la presse Luis Videgaray après avoir rencontré Rex Tillerson, rappelant que le prochain round de négociations démarrait vendredi. "Le processus ne fait que commencer. Il y a bien sûr des défis importants, nous ne nous attendons pas à ce que tout soit résolu du jour au lendemain, mais je crois que toutes les parties s'y attèlent sérieusement et avec une attitude constructive", a-t-il ajouté.