"Moi aussi! J'ai subi du harcèlement sexuel, comme des millions d'autres femmes dans l'Union européenne", a déclaré devant ses homologues l'élue écologiste Terry Reintke, lors d'un débat en plénière à Strasbourg, avant une résolution qui doit être votée jeudi.

"Il est temps de dire clairement que nous ne devons plus avoir honte, ce sont les auteurs qui doivent avoir honte!", a ajouté la députée allemande. Avec d'autres élues, elle a commencé son intervention en brandissant une pancarte arborant le mot-dièse "#MeToo", qui fait actuellement florès sur les réseaux sociaux.

L'eurodéputée écologiste a appelé à des "mesures législatives" mais a aussi encouragé les hommes à "prendre la parole sur le sujet".

"J'avais 19 ans, à l'université. Lui en avait environ 70, un professeur, un intellectuel", a confié de son côté l'élue italienne Eleonora Forenza (GUE, gauche radicale), appelant à "lutter contre la culture machiste".

"Nous devons sortir les femmes de l'humiliation et de la honte dans laquelle elles sont, et nous devons tous ensemble cesser de fermer les yeux", a dit durant le débat l'eurodéputée française Elisabeth Morin-Chartier (PPE, droite).

Des cas au Parlement

Ce débat au Parlement européen sur le harcèlement sexuel a été organisé dans le sillage des révélations sur le célèbre producteur américain Harvey Weinstein, qui ont déclenché des témoignages partout dans le monde, relayés sur les réseaux sociaux sous des mots-dièse comme #metoo ou encore #balancetonporc en France.

Mais des cas de harcèlement au sein même de l'institution européenne ont été dénoncés dans la presse ces derniers jours.

Une dizaine ont été signalés à un comité interne dédié aux assistants parlementaires et aux députés, mais sans dimension sexuelle, selon le service de presse du Parlement.

En revanche, des "cas de harcèlement sexuel ou de viols" ont été rapportés auprès d'une autre structure interne, dédiée à son personnel fixe, ont indiqué à l'AFP les services du Parlement. "Des sanctions, des mesures disciplinaires ont été prises", ont-ils ajouté, sans toutefois donner plus de détails, "pour des raisons de confidentialité".

Pour l'élu socialiste français Edouard Martin, "dans ce Parlement européen, il n'y a pas plus de harcèlement qu'ailleurs, mais il n'y en a pas moins non plus".

Il a réclamé un "audit externe qui évaluerait l'ampleur du phénomène". Il faut également "mettre fin à la précarisation des contrats de travail de nos assistants, en leur donnant une vraie possibilité de dénoncer", a-t-il ajouté.

L'une des assistantes de M. Martin, Jeanne Ponté, a recensé depuis 2014 près de 50 comportements sexistes au sein du Parlement --dont elle a été témoin elle-même, ou qu'on lui a rapportés.

"Cela va du comportement de bas étage, à des épisodes où on nous prend pour la secrétaire du bureau, on doit prouver notre légitimité davantage qu'un collègue masculin", a expliqué à l'AFP Mme Ponté.

"Aujourd'hui, je suis optimiste, il y a une prise de conscience, beaucoup de femmes parlent. Ce n'est d'ailleurs pas forcément la parole qui se libère, c'est plutôt que les oreilles sont davantage à l'écoute", a-t-elle ajouté.

'Porc en puissance'

Les nombreuses élues qui ont pris la parole en plénière --et quelques hommes, également-- ont insisté sur la nécessité d'une prise de conscience du phénomène, y compris parmi les hommes.

"Cependant, aussi horribles que ces actes puissent être, ils ne peuvent justifier la mise au pilori sur la place publique de présumés coupables", a nuancé l'élue europhobe française Mylène Troszczynski, insistant sur la nécessité d'un traitement judiciaire du problème.

"Les femmes doivent porter plainte sans crainte et les accusés se défendre au tribunal (...) Le fameux hashtag #BalanceTonPorc est révélateur de l'erreur que nous ne devons pas commettre: confondre lynchage médiatique et justice", a dit l'élue membre du FN, estimant qu'il ne fallait pas faire "de chaque homme ou chaque garçon un porc en puissance".

Les eurodéputés voteront jeudi en plénière une résolution envisageant les mesures à prendre pour mieux lutter contre le harcèlement sexuel.

"Moi aussi! J'ai subi du harcèlement sexuel, comme des millions d'autres femmes dans l'Union européenne", a déclaré devant ses homologues l'élue écologiste Terry Reintke, lors d'un débat en plénière à Strasbourg, avant une résolution qui doit être votée jeudi."Il est temps de dire clairement que nous ne devons plus avoir honte, ce sont les auteurs qui doivent avoir honte!", a ajouté la députée allemande. Avec d'autres élues, elle a commencé son intervention en brandissant une pancarte arborant le mot-dièse "#MeToo", qui fait actuellement florès sur les réseaux sociaux.L'eurodéputée écologiste a appelé à des "mesures législatives" mais a aussi encouragé les hommes à "prendre la parole sur le sujet"."J'avais 19 ans, à l'université. Lui en avait environ 70, un professeur, un intellectuel", a confié de son côté l'élue italienne Eleonora Forenza (GUE, gauche radicale), appelant à "lutter contre la culture machiste"."Nous devons sortir les femmes de l'humiliation et de la honte dans laquelle elles sont, et nous devons tous ensemble cesser de fermer les yeux", a dit durant le débat l'eurodéputée française Elisabeth Morin-Chartier (PPE, droite).Ce débat au Parlement européen sur le harcèlement sexuel a été organisé dans le sillage des révélations sur le célèbre producteur américain Harvey Weinstein, qui ont déclenché des témoignages partout dans le monde, relayés sur les réseaux sociaux sous des mots-dièse comme #metoo ou encore #balancetonporc en France.Mais des cas de harcèlement au sein même de l'institution européenne ont été dénoncés dans la presse ces derniers jours.Une dizaine ont été signalés à un comité interne dédié aux assistants parlementaires et aux députés, mais sans dimension sexuelle, selon le service de presse du Parlement.En revanche, des "cas de harcèlement sexuel ou de viols" ont été rapportés auprès d'une autre structure interne, dédiée à son personnel fixe, ont indiqué à l'AFP les services du Parlement. "Des sanctions, des mesures disciplinaires ont été prises", ont-ils ajouté, sans toutefois donner plus de détails, "pour des raisons de confidentialité".Pour l'élu socialiste français Edouard Martin, "dans ce Parlement européen, il n'y a pas plus de harcèlement qu'ailleurs, mais il n'y en a pas moins non plus".Il a réclamé un "audit externe qui évaluerait l'ampleur du phénomène". Il faut également "mettre fin à la précarisation des contrats de travail de nos assistants, en leur donnant une vraie possibilité de dénoncer", a-t-il ajouté.L'une des assistantes de M. Martin, Jeanne Ponté, a recensé depuis 2014 près de 50 comportements sexistes au sein du Parlement --dont elle a été témoin elle-même, ou qu'on lui a rapportés."Cela va du comportement de bas étage, à des épisodes où on nous prend pour la secrétaire du bureau, on doit prouver notre légitimité davantage qu'un collègue masculin", a expliqué à l'AFP Mme Ponté. "Aujourd'hui, je suis optimiste, il y a une prise de conscience, beaucoup de femmes parlent. Ce n'est d'ailleurs pas forcément la parole qui se libère, c'est plutôt que les oreilles sont davantage à l'écoute", a-t-elle ajouté.Les nombreuses élues qui ont pris la parole en plénière --et quelques hommes, également-- ont insisté sur la nécessité d'une prise de conscience du phénomène, y compris parmi les hommes."Cependant, aussi horribles que ces actes puissent être, ils ne peuvent justifier la mise au pilori sur la place publique de présumés coupables", a nuancé l'élue europhobe française Mylène Troszczynski, insistant sur la nécessité d'un traitement judiciaire du problème."Les femmes doivent porter plainte sans crainte et les accusés se défendre au tribunal (...) Le fameux hashtag #BalanceTonPorc est révélateur de l'erreur que nous ne devons pas commettre: confondre lynchage médiatique et justice", a dit l'élue membre du FN, estimant qu'il ne fallait pas faire "de chaque homme ou chaque garçon un porc en puissance".Les eurodéputés voteront jeudi en plénière une résolution envisageant les mesures à prendre pour mieux lutter contre le harcèlement sexuel.