Nommé lundi par le président Jovenel Moïse, M. Michel a choisi de réunir neuf femmes et neuf hommes pour son cabinet, en majorité peu connus de la scène politique, quand la constitution haïtienne n'impose qu'un quota de 30% de femmes "à tous les niveaux de la vie nationale, notamment dans les services publics".

Précédemment cadre du ministère de l'Économie et des Finances, Fritz-William Michel, 38 ans, est le quatrième chef de gouvernement de l'administration Moïse, qui dirige le pays de la Caraïbe depuis deux ans et demi. Selon la composition annoncée mercredi, M. Michel assumera aussi les fonctions de ministre de la planification et de la coopération externe.

"Je compte sur l'appui de la population et des parlementaires afin que l'on se mette ensemble: je ne peux pas faire le travail seul", a déclaré le Premier ministre haïtien un peu plus tôt dans la journée de mercredi, lors de son passage au parlement pour le dépôt des documents requis.

Avant que les ministres qu'il a choisi puissent prendre leurs fonctions, Fritz-William Michel doit obtenir la validation de sa politique générale par les députés et les sénateurs.

Son prédécesseur, Jean-Michel Lapin, a démissionné lundi après avoir passé seulement un peu plus de trois mois en poste, faute justement de n'avoir pas trouvé de consensus auprès du parlement.

La nomination de ce nouveau gouvernement signe une timide reprise du dialogue entre les acteurs de la scène politique: le choix de M. Michel a été arrêté après des consultations entre Jovenel Moïse et les présidents des deux chambres du parlement.

Néanmoins, certains opposants à Jovenel Moïse lui contestent toujours toute légitimité à nommer des ministres et continuent de réclamer sa démission immédiate.

Fin mai, la Cour supérieure des comptes a publié un rapport détaillant la gestion calamiteuse du fonds d'aide allouée à Haïti par le Venezuela depuis 2008.

Dans ce document de plus de 600 pages, une entreprise dirigée par l'actuel chef de l'État haïtien est épinglée par les juges comme étant au coeur d'un "stratagème de détournement de fonds".

Alors que 60% des Haïtiens vivent sous le seuil de pauvreté et que l'inflation a franchi la barre des 18%, Fritz-William Michel et son équipe gouvernementale auront fort à faire pour rétablir la confiance de la population envers la classe politique.