"Nous savons que nous devons continuer à protester (...) nous devons continuer de manière pacifique et citoyenne, sans tomber dans le piège" du gouvernement, a déclaré Juan Guaido lors d'une conférence de presse.

"Tout notre combat se déroule et va continuer à se dérouler dans le cadre de la Constitution", a fait valoir le député de centre droit de 35 ans, reconnu comme président par intérim du Venezuela par plus d'une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis.

"On est unis et plus forts que jamais", a ajouté le président de l'Assemblée, seule institution vénézuélienne contrôlée par l'opposition.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de vive tension au Venezuela.

Le chef de l'Etat Nicolas Maduro a lancé une chasse aux "traîtres" dès mardi soir, lorsqu'il a affirmé avoir déjoué l'"escarmouche putschiste" entreprise par un groupe de militaires entrés en rébellion pour rejoindre Juan Guaido.

La tentative de soulèvement de mardi s'est dégonflée au cours de la journée. Quelque 25 militaires rebelles ont demandé l'asile à l'ambassade du Brésil à Caracas. Puis Leopoldo Lopez, une des figures de l'opposition qui était assigné à résidence depuis 2017 et était apparu aux côtés de M. Guaido et des soldats insurgés, s'est réfugié dans l'ambassade d'Espagne.

La tentative de soulèvement a été accompagnée dans tout le Venezuela mardi et mercredi de manifestations monstre des partisans de M. Guaido, émaillées de violents heurts entre des manifestants et les forces de l'ordre.

Ces affrontements ont fait quatre morts parmi les manifestants, selon l'opposition et les familles. Selon Amnesty International, les troubles ont par ailleurs fait quelque 200 blessés et 205 personnes ont été arrêtées.

Le mécontentement populaire est alimenté par les conséquences de la pire crise de l'histoire récente du pays. L'hyperinflation pourrait atteindre 10.000.000%, selon le FMI, les coupures de courant se multiplient et les hôpitaux ne peuvent plus soigner les malades, faute de médicaments et d'équipement.