Le président américain traverse incontestablement une bonne période: son acquittement quasi-certain mercredi par le Sénat souligne combien le parti républicain est prêt à faire bloc derrière lui, le doigt sur la couture du pantalon.

L'affaire ukrainienne à l'origine de la procédure en destitution le visant n'a pas fait vaciller sa base électorale, toujours fidèle d'après tous les sondages. Et à moins de 300 jours du scrutin présidentiel, les indicateurs économiques sont au beau fixe.

Selon le dernier sondage de l'institut Gallup, rendu public à quelques heures de son discours sur l'état de l'Union, il enregistre 49% d'opinions favorables, son score le plus élevé depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2017.

Cerise sur le gâteau: les primaires de ses adversaires démocrates ont débuté dans l'Iowa par un retentissant fiasco qui lui permet de rester sous la lumière des projecteurs, au centre du jeu, la position qu'il préfère.

Son allocution, prévue à 21H00 (02H00 GMT mercredi) dans la Chambre des représentants, à l'endroit même où il a été mis en accusation pour "abus de pouvoir" et "entrave à la bonne marche du Congrès", sera placé sous le signe du "grand retour de l'Amérique".

Il devrait à cette occasion, selon la Maison Blanche, revenir sur le "boom des cols bleus", vanter les récents accords commerciaux avec la Chine, le Canada et le Mexique et défendre son bilan en matière migratoire.

Evoquera-t-il l'"impeachment", au risque de souffler sur les braises de la discorde?

Le sénateur républicain Roy Blunt a estimé dans les pages du New York Times que le tempétueux président devrait se garder d'en parler. "C'est une occasion pour aller de l'avant", a-t-il plaidé.

En 1999, le président démocrate Bill Clinton, jugé au Sénat pour avoir menti sur sa liaison avec la stagiaire de la Maison Blanche Monica Lewinsky, avait fait profil bas dans son discours sur l'état de l'Union.

- "Démocrates-qui-ne-font-rien" -

Donald Trump, qui n'a jamais cherché à rassembler au-delà de son camp, pourrait être tenté de se déchaîner sur les parlementaires démocrates qui l'accusent d'avoir essayé de forcer l'Ukraine à "salir" son possible adversaire à la présidentielle Joe Biden, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en guerre.

Mis en accusation mi-décembre par la Chambre des représentants, dominée par les démocrates, Donald Trump sait pouvoir compter sur le soutien de la quasi-totalité des 53 sénateurs républicains. Or la Constitution impose une majorité des deux tiers (67 sièges sur 100) pour le déclarer coupable.

Depuis que le scandale a éclaté, l'hôte de la Maison Blanche se dit victime d'un "coup monté" orchestré par ses opposants pour l'empêcher de figurer sur les bulletins de vote.

Lundi encore, il a dénoncé sur Twitter une "mascarade" ourdie par "les démocrates-qui-ne-font-rien".

Les élus de l'opposition l'écouteront-ils d'une oreille attentive mardi soir ou manifesteront-ils leur désaccord? L'an dernier, leur chef à la Chambre, Nancy Pelosi, assise légèrement au-dessus et dans le dos du président, avait surjoué ses applaudissements pour marquer sa différence.

Avant de se retrouver chez leurs confrères et consoeurs de la Chambre, les sénateurs défileront toute la journée dans leur hémicycle pour expliquer comment ils entendent voter lors du verdict du procès en destitution. A cette occasion, les démocrates devraient étaler leurs griefs contre le président.

Lors de son réquisitoire lundi, l'élu démocrate Adam Schiff, qui a fait office de procureur en chef au procès, a estimé que l'ancien homme d'affaires n'avait "pas de boussole morale". "La vérité lui importe peu, le bien encore moins et la décence pas du tout", a-t-il assené.

Les avocats du président ont estimé qu'il n'avait "rien fait de mal" et appelé les sénateurs à le déclarer non coupable.

Un bug gâche le début des primaires démocrates

Au lendemain du premier vote des primaires démocrates pour la Maison Blanche, dans l'Iowa, le parti restait incapable mardi de publier le moindre résultat, un fiasco technique et politique raillé par l'homme que les démocrates veulent battre en novembre, Donald Trump.

L'absence totale de résultat des "caucus" de lundi soir prive les candidats de l'élan créé habituellement par l'Iowa, petit Etat rural fier de lancer les primaires depuis les années 1970. Les journaux américains n'ont pu afficher sur leurs unes mardi aucun vainqueur, et l'actualité politique se détournera vite sur le discours sur l'état de l'Union que prononcera le président républicain au Congrès mardi soir, et sur son acquittement prévu mercredi au Sénat dans son procès en destitution.

Remplissant le vide, deux candidats revendiquaient en attendant le succès: le sénateur Bernie Sanders, 78 ans, qui était en tête des sondages et avait failli remporter l'Iowa contre Hillary Clinton il y a quatre ans, et l'ex-maire modéré Pete Buttigieg, 38 ans, surgi de nulle part l'an dernier.

Pete Buttigieg a affirmé dans des interviews mardi depuis le New Hampshire, qui votera dans une semaine, avoir engrangé une "nette victoire", sur la base de ses propres estimations, mais sans explicitement dire s'il pensait avoir battu Bernie Sanders ou seulement avoir dépassé les attentes.

Le trentenaire veut reprendre à Joe Biden le flambeau de l'aile modérée du parti, et espère que son bon score rassurera ceux qui doutent de sa jeunesse.

L'ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, semblait lui avoir réalisé une contre-performance, selon les résultats de quelques grands bureaux de vote, et une estimation publiée par le camp Sanders.

Le parti démocrate de l'Iowa a expliqué mardi dans un communiqué que le problème venait de l'application développée pour que les responsables des 1.700 bureaux de vote rapportent les résultats. Le parti affirme qu'il n'existe aucun signe d'intrusion ou de piratage informatique.

"Les investigations nous ont permis de confirmer avec certitude que les données sous-jacentes récoltées par l'application sont correctes. Bien que l'application ait enregistré les données correctement, elle n'enregistrait que des données partielles. Nous avons déterminé que cela était dû à un problème de code dans le système", écrit le parti.

La collecte des résultats se poursuivait mardi, et une publication officielle devrait avoir lieu "dès que possible aujourd'hui". "Rien ne fonctionne, exactement comme lorsqu'ils dirigeaient le pays", a tweeté mardi matin Donald Trump. Puis il a ironisé: "Quand les démocrates commenceront-ils à blâmer la RUSSIE, la RUSSIE, la RUSSIE, au lieu de leur propre incompétence?".

Les candidats démocrates ne se sont pas attardés dans l'Iowa et ont rallié dans la nuit le New Hampshire, qui votera le 11 février lors d'une primaire normale, organisée par l'Etat et avec des bulletins de vote.

Le président américain traverse incontestablement une bonne période: son acquittement quasi-certain mercredi par le Sénat souligne combien le parti républicain est prêt à faire bloc derrière lui, le doigt sur la couture du pantalon. L'affaire ukrainienne à l'origine de la procédure en destitution le visant n'a pas fait vaciller sa base électorale, toujours fidèle d'après tous les sondages. Et à moins de 300 jours du scrutin présidentiel, les indicateurs économiques sont au beau fixe.Selon le dernier sondage de l'institut Gallup, rendu public à quelques heures de son discours sur l'état de l'Union, il enregistre 49% d'opinions favorables, son score le plus élevé depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2017.Cerise sur le gâteau: les primaires de ses adversaires démocrates ont débuté dans l'Iowa par un retentissant fiasco qui lui permet de rester sous la lumière des projecteurs, au centre du jeu, la position qu'il préfère.Son allocution, prévue à 21H00 (02H00 GMT mercredi) dans la Chambre des représentants, à l'endroit même où il a été mis en accusation pour "abus de pouvoir" et "entrave à la bonne marche du Congrès", sera placé sous le signe du "grand retour de l'Amérique". Il devrait à cette occasion, selon la Maison Blanche, revenir sur le "boom des cols bleus", vanter les récents accords commerciaux avec la Chine, le Canada et le Mexique et défendre son bilan en matière migratoire.Evoquera-t-il l'"impeachment", au risque de souffler sur les braises de la discorde? Le sénateur républicain Roy Blunt a estimé dans les pages du New York Times que le tempétueux président devrait se garder d'en parler. "C'est une occasion pour aller de l'avant", a-t-il plaidé.En 1999, le président démocrate Bill Clinton, jugé au Sénat pour avoir menti sur sa liaison avec la stagiaire de la Maison Blanche Monica Lewinsky, avait fait profil bas dans son discours sur l'état de l'Union.- "Démocrates-qui-ne-font-rien" -Donald Trump, qui n'a jamais cherché à rassembler au-delà de son camp, pourrait être tenté de se déchaîner sur les parlementaires démocrates qui l'accusent d'avoir essayé de forcer l'Ukraine à "salir" son possible adversaire à la présidentielle Joe Biden, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en guerre.Mis en accusation mi-décembre par la Chambre des représentants, dominée par les démocrates, Donald Trump sait pouvoir compter sur le soutien de la quasi-totalité des 53 sénateurs républicains. Or la Constitution impose une majorité des deux tiers (67 sièges sur 100) pour le déclarer coupable.Depuis que le scandale a éclaté, l'hôte de la Maison Blanche se dit victime d'un "coup monté" orchestré par ses opposants pour l'empêcher de figurer sur les bulletins de vote.Lundi encore, il a dénoncé sur Twitter une "mascarade" ourdie par "les démocrates-qui-ne-font-rien". Les élus de l'opposition l'écouteront-ils d'une oreille attentive mardi soir ou manifesteront-ils leur désaccord? L'an dernier, leur chef à la Chambre, Nancy Pelosi, assise légèrement au-dessus et dans le dos du président, avait surjoué ses applaudissements pour marquer sa différence.Avant de se retrouver chez leurs confrères et consoeurs de la Chambre, les sénateurs défileront toute la journée dans leur hémicycle pour expliquer comment ils entendent voter lors du verdict du procès en destitution. A cette occasion, les démocrates devraient étaler leurs griefs contre le président.Lors de son réquisitoire lundi, l'élu démocrate Adam Schiff, qui a fait office de procureur en chef au procès, a estimé que l'ancien homme d'affaires n'avait "pas de boussole morale". "La vérité lui importe peu, le bien encore moins et la décence pas du tout", a-t-il assené.Les avocats du président ont estimé qu'il n'avait "rien fait de mal" et appelé les sénateurs à le déclarer non coupable.