Avec la perspective de la sortie de l'Union européenne, l'United Kingdom Independent Party devrait nager en plein bonheur. Mais mardi, il était au bord de l'implosion en raison du conflit entre son seul représentant au Parlement, Douglas Carswell, et son ex-patron tout puissant Nigel Farage, dernière crise en date de l'après-référendum.

Visiblement à bout de nerfs, Nigel Farage accuse Douglas Carswell d'être "dévoré par la jalousie et obsédé par la volonté de (lui) nuire", dans le quotidien Daily Telegraph. Et réclame qu'il quitte le parti. Cela fait un moment que Nigel Farage reproche à son rival, transfuge du Parti conservateur, de vouloir détruire l'Ukip de l'intérieur. Cette fois, il l'accuse aussi d'avoir torpillé sa candidature en vue d'un anoblissement par la reine.

La querelle, alimentée par des fuites dans la presse et des tweets sarcastiques, peut faire penser à une dispute de cour d'école. Sauf qu'elle révèle au grand jour les divisions qui minent un parti en pleine crise existentielle. Vainqueur des élections européennes en 2014, l'Ukip, devenu ensuite la troisième force politique du pays lors des législatives de 2015, avec 13% des voix, a connu la consécration lors du référendum du 23 juin 2016 lorsque 52% des Britanniques ont voté en faveur d'une sortie de l'UE.

"Ce n'est que le début", claironnait alors un Nigel Farage euphorique, dont l'inlassable travail de sape contre l'Europe a payé.

'Géré comme une brocante'

Mais depuis juin, plutôt que de capitaliser sur le Brexit, le parti s'est fait remarquer par la démission express de sa nouvelle cheffe puis par une bagarre entre eurodéputés au Parlement de Strasbourg. Orphelin de son charismatique timonier Nigel Farage, parti soutenir Donald Trump aux Etats-Unis, Ukip peine à faire entendre sa voix, borduré par le gouvernement conservateur et sa ligne d'un Brexit "dur". En mal d'objectifs, Ukip comptait sur une victoire à la législative partielle de jeudi à Stoke-on-Trent (centre) pour rebondir, diligentant même son général, le nouveau leader Paul Nuttall, pour tenter d'arracher la circonscription des mains des travaillistes. Ce fut un échec retentissant, déclenchant une énième guerre personnelle entre, cette fois, Paul Nuttall et le millionnaire Arron Banks, principal donateur du parti. "Ecoeuré" par l'échec à Stoke, Arron Banks a sommé Paul Nuttall de "faire le ménage" dans un parti "géré comme une brocante" en "virant des benêts comme Douglas Carswell". Avant de conclure: "Soit je deviens le président du parti soit je m'en vais".

Grand architecte de la campagne pour le Brexit, Arron Banks a déjà plusieurs fois menacé de monter un nouveau parti autour de Nigel Farage, ce qui signerait sans doute l'arrêt de mort de l'Ukip, moins d'un an après son heure de gloire.

En attendant, Arron Banks prépare le terrain, laissant entendre mardi qu'il pourrait se présenter contre... Douglas Carswell lors des législatives en 2020.

Avec la perspective de la sortie de l'Union européenne, l'United Kingdom Independent Party devrait nager en plein bonheur. Mais mardi, il était au bord de l'implosion en raison du conflit entre son seul représentant au Parlement, Douglas Carswell, et son ex-patron tout puissant Nigel Farage, dernière crise en date de l'après-référendum.Visiblement à bout de nerfs, Nigel Farage accuse Douglas Carswell d'être "dévoré par la jalousie et obsédé par la volonté de (lui) nuire", dans le quotidien Daily Telegraph. Et réclame qu'il quitte le parti. Cela fait un moment que Nigel Farage reproche à son rival, transfuge du Parti conservateur, de vouloir détruire l'Ukip de l'intérieur. Cette fois, il l'accuse aussi d'avoir torpillé sa candidature en vue d'un anoblissement par la reine.La querelle, alimentée par des fuites dans la presse et des tweets sarcastiques, peut faire penser à une dispute de cour d'école. Sauf qu'elle révèle au grand jour les divisions qui minent un parti en pleine crise existentielle. Vainqueur des élections européennes en 2014, l'Ukip, devenu ensuite la troisième force politique du pays lors des législatives de 2015, avec 13% des voix, a connu la consécration lors du référendum du 23 juin 2016 lorsque 52% des Britanniques ont voté en faveur d'une sortie de l'UE."Ce n'est que le début", claironnait alors un Nigel Farage euphorique, dont l'inlassable travail de sape contre l'Europe a payé.'Géré comme une brocante' Mais depuis juin, plutôt que de capitaliser sur le Brexit, le parti s'est fait remarquer par la démission express de sa nouvelle cheffe puis par une bagarre entre eurodéputés au Parlement de Strasbourg. Orphelin de son charismatique timonier Nigel Farage, parti soutenir Donald Trump aux Etats-Unis, Ukip peine à faire entendre sa voix, borduré par le gouvernement conservateur et sa ligne d'un Brexit "dur". En mal d'objectifs, Ukip comptait sur une victoire à la législative partielle de jeudi à Stoke-on-Trent (centre) pour rebondir, diligentant même son général, le nouveau leader Paul Nuttall, pour tenter d'arracher la circonscription des mains des travaillistes. Ce fut un échec retentissant, déclenchant une énième guerre personnelle entre, cette fois, Paul Nuttall et le millionnaire Arron Banks, principal donateur du parti. "Ecoeuré" par l'échec à Stoke, Arron Banks a sommé Paul Nuttall de "faire le ménage" dans un parti "géré comme une brocante" en "virant des benêts comme Douglas Carswell". Avant de conclure: "Soit je deviens le président du parti soit je m'en vais".Grand architecte de la campagne pour le Brexit, Arron Banks a déjà plusieurs fois menacé de monter un nouveau parti autour de Nigel Farage, ce qui signerait sans doute l'arrêt de mort de l'Ukip, moins d'un an après son heure de gloire.En attendant, Arron Banks prépare le terrain, laissant entendre mardi qu'il pourrait se présenter contre... Douglas Carswell lors des législatives en 2020.