Le Parquet national financier a également demandé à l'encontre des édiles dix ans d'interdiction de gérer des sociétés.

Dans ce dossier, le couple Balkany - proche de l'ancien président Nicolas Sarkozy - est poursuivi pour avoir omis de payer l'impôt sur la fortune (ISF) et sous-évalué ses revenus entre 2009 et 2014, le fisc estimant à 4 millions d'euros le total dû.

Le principal volet de leur procès, pour blanchiment et corruption, débutera lundi jusqu'au 20 juin et fera l'objet d'un réquisitoire distinct.

"Vous êtes un grand fraudeur fiscal, Monsieur, de tels comportements notamment quand ils viennent d'élus ne sont pas tolérables", a lancé l'un des deux procureurs du Parquet national financier à l'audience, Arnaud de Laguiche.

Dénonçant un "acharnement à frauder", le procureur a estimé que "la mise à l'écart d'un individu est parfois nécessaire au vivre-ensemble", sous le regard fixe de l'ancien député.

Son épouse Isabelle était toujours absente, hospitalisée depuis une tentative de suicide le 1er mai.

Le fisc français avait porté plainte en 2015, estimant que les Balkany menaient un train de vie sans commune mesure avec leurs revenus officiels et détenaient un patrimoine caché à l'étranger.

Dans le détail, l'administration et l'accusation reprochent aux époux de n'avoir pas payé d'ISF entre 2010 et 2015, malgré des actifs estimés à 16 millions d'euros annuels minimum. Mais également d'avoir payé un impôt sur le revenu amplement sous-évalué entre 2009 et 2014.

Interrogé mercredi sur son train de vie dispendieux et ses fortes dépenses en liquide pendant cette période, Patrick Balkany avait expliqué que le couple avait "mangé" son capital issu notamment d'héritages cachés en Suisse.

Isabelle Balkany avait tardivement reconnu être propriétaire d'une luxueuse villa à Saint-Martin, Pamplemousse, désormais vendue, achetée avec de l'argent familial issu d'un compte suisse.

Outre cette propriété et leur luxueux moulin à Giverny (Eure) évalué à 4 millions d'euros, les Balkany sont notamment soupçonnés d'être les réels propriétaires d'un somptueux riad à Marrakech, et les bénéficiaires de plusieurs structures offshore.