La cité balnéaire de Biarritz dans le sud-ouest de la France vit ses dernières heures sous la cloche ultra-sécurisée du G7, qui s'achèvera en milieu d'après-midi par une série de conférences de presse des différents dirigeants réunis depuis samedi.

Temps fort de la journée, le président hôte, Emmanuel Macron, pourrait tenir une conférence de presse commune avec l'hôte du prochain G7, Donald Trump, hostile au multilatéralisme. Les deux hommes, qui entretiennent une relation apparemment cordiale, ont montré au cours de ce week-end de sommet leurs approches très différentes de ce que doit être un G7.

Donald Trump a tenu des réunions bilatérales et parlé surtout d'économie et de commerce, Emmanuel Macron s'est mobilisé sur la crise des feux en Amazonie et a surtout réussi un coup diplomatique en faisant venir dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif à Biarritz pour parler de la crise iranienne. M. Zarif a rencontré Emmanuel Macron et son homologue français Jean-Yves Le Drian ainsi que des représentants des deux autres pays européens - Allemagne et Grande-Bretagne - signataires de l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015 dénoncé par les Etats-Unis. Washington applique une pression maximale sur les dirigeants iraniens, qui répliquent en reprenant progressivement leurs activités nucléaires. "Le chemin est difficile" mais cela "vaut la peine d'essayer", a tweeté le chef de la diplomatie iranienne à l'issue des discussions, jugées "positives" par la présidence française.

Guerre commerciale, Brexit

Parmi les autres sujets largement abordés: la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, qui préoccupe les dirigeants réunis, craignant que cela n'entraîne une économie mondiale flageolante vers la récession. Mais Donald Trump s'est montré inflexible, poursuivant sa logique de confrontation avec Pékin en disant que son seul regret était de ne pas taxer encore plus fortement les exportations chinoises.

Enfin, les incendies en Amazonie, ajoutée au menu du sommet par Emmanuel Macron à la dernière minute, provoquant une crise avec le Brésil du président climato-sceptique Jair Bolsonaro, ont certes été évoqués, mais les leaders n'avaient pas dimanche soir annoncé de mesure concrète. Pas plus qu'il n'y a eu d'avancées sur la taxation des géants américains du numérique, une pomme de discorde entre la France, qui a voté une taxe sur leur chiffre d'affaires sur le territoire, et les Etats-Unis, qui menacent de taxer les vins français en représailles.

Ce sommet, élargi par la France à plusieurs autres pays non-membres dans un souci de renouvellement de l'exercice, aura été aussi le premier grand tour de piste du nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson, en pleine négociation avec l'Union européenne sur les modalités du Brexit. Biarritz aura permis de constater qu'il n'y a aucune avancée sur la question de la frontière irlandaise, point de blocage des négociations, alors qu'approche à grands pas la date couperet du 31 octobre à laquelle le Royaume-Uni sera hors de l'UE. M. Johnson en a aussi profité pour faire du charme à Donald Trump, espérant nouer avec Washington des relations commerciales privilégiées pour amortir le choc du Brexit.

Sur le plan sécuritaire, le gouvernement français a passé l'épreuve avec succès, lui qui voulait éviter à tout prix de voir le sommet émaillé de manifestations violentes comme la France en a connu l'hiver dernier lors de la crise des gilets jaunes. Les autorités avaient déployé plus de 13.000 policiers et gendarmes et verrouillé la région, poussant les organisateurs de manifestations à revoir leurs ambitions à la baisse, dénonçant un dispositif surdimensionné.

Pour clore cette séquence, Emmanuel Macron sera interrogé lundi soir au journal de la chaîne de télévision publique France 2, dans une volonté de rendre compte aux Français des résultats du sommet.