Rassemblement à l'aéroport de Dallas pour protester contre le décret de Donald Trump. © REUTERS/Laura Buckman

Face au décret anti-immigration, Starbucks et Airbnb offrent emplois et hébergement aux réfugiés

Le Vif

Hébergement gratuit et emplois aux immigrés interdits d’entrée aux Etats-Unis: Airbnb et Starbucks apportent la première réponse concrète des grandes entreprises américaines au controversé décret anti-immigration pris par le président Donald Trump, qualifié d' »injuste » par des grands patrons.

La chaîne de cafés Starbucks va recruter 10.000 réfugies dans les cinq prochaines années, s’est engagé par écrit dimanche son PDG Howard Schultz. Sont concernées des personnes ayant fui les guerres, les persécutions et les discriminations dans les 75 pays où est présent le groupe américain.

Aux Etats-Unis, Starbucks va commencer par recruter les réfugiés ayant travaillé pour l’armée américaine, comme interprètes par exemple.

M. Schultz, proche du parti démocrate, indique également que Starbucks est en contact avec les employés affectés par le décret présidentiel ayant mis en place de sévères restrictions dans l’accès au territoire américain et des « vérifications extrêmes » à l’encontre des ressortissants de sept pays musulmans (Syrie, Libye, Soudan, Iran, Irak, Somalie et Yémen).

« Nous vivons dans une période sans précédent, un moment au cours duquel (…) la promesse du rêve américain est remise en cause », fustige-t-il.

Airbnb propose de son côté un hébergement gratuit aux personnes affectées, réfugiés comme voyageurs bloqués dans les aéroports par ces restrictions.

« Airbnb fournit un hébergement gratuit aux réfugiés et à toute personne interdite d’entrée aux Etats-Unis », précise sur son compte Twitter Brian Chesky, le PDG, promettant des annonces supplémentaires.

« Contactez-moi si vous avez besoin d’hébergement », conclut-il. Le groupe entend recourir à son programme de catastrophes naturelles, qui prévoit que des hôtes proposent un logement à des personnes déplacées.

La plateforme de location de meublés en ligne, dont environ 80% des offres d’hébergement sont hors des Etats-Unis, envisage aussi des mesures d’urgence spécifiques s’il n’y a pas d’hôtes à proximité du lieu où se trouve une personne frappée par le décret anti-immigration.

Au tour de la côte Est

« Ouvrir les frontières nous rapproche. Les fermer divise encore un peu plus les Etats-Unis. Trouvons des moyens pour mettre en relation les gens et non les séparer », enjoint Brian Chesky.

Son message a été reçu positivement par les membres du groupe. « J’ai un logement disponible à Philadelphie (nord-est des Etats-Unis), comment puis-je participer et contribuer? », demande par exemple Andrew Tran.

Dans le même ordre d’idée, Starbucks s’est engagée à rembourser les frais versés par les employés faisant partie du programme DACA, mis en place par le précédent président américain Barack Obama en 2012, qui a permis à plus de 750.000 clandestins arrivés mineurs sur le territoire américain d’obtenir des permis de séjour et de travail.

M. Schultz, un des rares PDG américains à s’immiscer dans le débat politique, notamment concernant les tensions raciales il y a deux ans, a par ailleurs volé dimanche au secours d’une autre cible privilégiée de Donald Trump: le Mexique.

Il faut « construire des ponts et non des murs avec le Mexique », fustige-t-il, en référence au mur que le nouveau président américain veut ériger à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.

Lyft, le service de réservation de voitures sans chauffeur, dont un des actionnaires est General Motors, a promis de donner 1 million de dollars à l’organisation de défense des droits civiques American Civil Liberties Union (ACLU), qui a attaqué devant la justice américaine ces restrictions à l’immigration.

Son concurrent Uber, très critiqué la veille sur les réseaux sociaux pour sa réaction initiale jugée molle, s’est engagé à aider les chauffeurs affectés, tandis qu’Elon Musk, PDG de Tesla, a demandé aux abonnés de son compte Twitter de lui faire des suggestions sur les amendements possibles au décret migratoire.

Après les patrons de géants de la Silicon Valley samedi, l’inquiétude a gagné les dirigeants de multinationales basées sur la côte Est.

Jeffrey Immelt, le PDG du conglomérat industriel General Electric (moteurs d’avions, turbines…), dont de nombreux employés sont touchés, affirme que ceux-ci « sont importants pour notre succès ».

La banque JPMorgan Chase a commencé pour sa part à examiner avec ses salariés titulaires de visas ce qui pouvait être fait, indique le PDG Jamie Dimon, leur promettant un soutien « indéfectible ».

MM. Dimon et Immelt font partie avec Elon Musk du forum de grands patrons choisis par Donald Trump pour le conseiller sur sa politique économique.

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