Malgré son score historiquement bas, le SPD a remporté un gros butin lors des négociations gouvernementales.
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Malgré son score historiquement bas, le SPD a remporté un gros butin lors des négociations gouvernementales. Steven Van Hecke: Il est vrai que grâce aux négociations ratées de Merkel avec les libéraux et les verts, le SPD a pu se vendre plus cher. Mais ce n'est pas très visible à l'accord gouvernemental : il n'est pas vraiment rouge. Le plus grand butin remporté par le SPD me semble une poignée de postes de ministre importants. Olaf Scholz, le populaire bourgmestre de Hambourg, succède à Wolfgang Schäuble, célèbre pour son zèle à faire des économies. Cela devrait provoquer un revirement ? Je n'y crois pas. Scholz non plus n'ouvrira pas le robinet à l'Union européenne et ce n'est pas sous sa houlette qu'il y aura une Transferunion : à l'instar de son prédécesseur, il fera tout pour éviter qu'on ait l'impression que les trous du sud sont comblés par l'argent du contribuable allemand. Notez que l'accord gouvernemental allemand ne parle nulle part d'un budget séparé pour l'Europe. Il est uniquement question de plans pour renforcer le budget d'investissement européen. En pratique, cela revient à de vagues plans pour un renforcement du plan existant du président de la Commission Jean-Claude Juncker.L'accord gouvernemental allemand commence par un chapitre où l'on promet "un nouveau départ pour l'Europe". Cela semble ambitieux, mais on n'y trouve pas de propositions vraiment concrètes. J'ai utilisé l'une des résolutions de cet accord comme question d'examen : "Nous allons renforcer le parlement européen", lit-on dans le document. La question c'est : que veulent-ils dire par là ? Tout cela est encore très confus.Les projets de réforme d'Emmanuel Macron en France semblent beaucoup plus ambitieux. Je ne surestimerais pas cette différence. Le discours donné par Macron à l'Université de la Sorbonne semblait inspiré, mais je n'ai pas pu en tirer de mesures concrètes. Pour cela, nous devons probablement attendre le fameux plan Macron-Merkel pour le renforcement de la zone euro. Par contre, je souhaite mettre en garde contre les attentes trop élevées. Si la France et l'Allemagne se mettaient d'accord sur un certain nombre de domaines, la question reste : les autres pays seront-ils d'accord? Les Français et les Allemands restent le moteur de l'Union, mais le temps où ils s'entendaient et où les autres suivaient sans protester est révolu depuis longtemps.