Un silence inhabituel plane au-dessus du Web. Les cases de publicité s'animent mais... personne n'est là pour les regarder. Le brouhaha intempestif a cessé. Plus de publications, de likes ni de commentaires. En théorie, c'est ce qui pourrait se passer le 28 février, journée mondiale sans Facebook. Une initiative qui serait d'ailleurs susceptible de s'étendre à Messenger, Instagram, WhatsApp, YouTube, Twitter ou Snapchat, pour ne citer qu'eux. Même si cela reste purement hypothétique, les 3,2 milliards d'utilisateurs des réseaux sociaux, soit 42 % de la population mondiale, s'accorderaient alors une pause.
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Un silence inhabituel plane au-dessus du Web. Les cases de publicité s'animent mais... personne n'est là pour les regarder. Le brouhaha intempestif a cessé. Plus de publications, de likes ni de commentaires. En théorie, c'est ce qui pourrait se passer le 28 février, journée mondiale sans Facebook. Une initiative qui serait d'ailleurs susceptible de s'étendre à Messenger, Instagram, WhatsApp, YouTube, Twitter ou Snapchat, pour ne citer qu'eux. Même si cela reste purement hypothétique, les 3,2 milliards d'utilisateurs des réseaux sociaux, soit 42 % de la population mondiale, s'accorderaient alors une pause. Fini de scroller indéfiniment son fil d'actualité, de bondir à chaque notification, de suivre ou d'intervenir dans les débats - souvent peu constructifs - en dessous d'articles et de vidéos. Une opération positive pour l'internaute, nettement moins pour les géants d'Internet. En boycottant ces applications, chaque personne gagnerait un temps précieux : 2 heures et 22 minutes par jour ! Selon Globalwebindex, société d'études de marché, c'est en effet la durée quotidienne moyenne passée sur les réseaux sociaux ou les services de messagerie. Perdant du coup des sommes colossales, une plateforme aussi puissante que Facebook risquerait par contre de regretter amèrement cet abandon. C'est que, vivant principalement des rentrées publicitaires, un impératif s'impose à elle pour être rentable : avoir un maximum de personnes connectées, le plus longtemps possible. A titre d'exemple, le matraquage des pubs, extrêmement ciblées grâce à la collecte massive et incessante des données personnelles des utilisateurs, représente 98 % des revenus de Facebook. Si ceux-ci ne donnent plus signe de vie, ce sont quasiment les 55,8 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel du réseau de Mark Zuckerberg qui s'évaporent. Alors que peut-il arriver d'aussi néfaste qu'une désertion des abonnés ? Un bad buzz d'une influenceuse, peut-être. " Est-ce que quelqu'un d'autre n'ouvre plus Snapchat ? Ou c'est juste moi... euh, c'est tellement triste ", écrivait en février 2018 Kylie Jenner, demi-soeur de Kim Kardashian, sur son compte Twitter totalisant plus de 24,5 millions de followers. Un message qui a provoqué un séisme sans précédent au sein de l'application de partage de photos et vidéos éphémères. Onze minutes plus tard, la jeune femme tentait de sauver les meubles : " Je t'aime toujours Snap... Mon premier amour. " Trop tard, le mal était fait. Les actions de Snap Inc. avaient déjà chuté de plus de 6 %, soit une perte de 1,3 milliard de dollars en valeur boursière. Preuve que les géants du digital ne sont pas invincibles et restent complètement dépendants de leurs adhérents. Mais l'inverse peut être vrai également ; l'addiction aux réseaux sociaux est un phénomène avéré. L'accro dégaine son smartphone à toute heure du jour et de la nuit, avec, pour potentielles répercussions, une perte de concentration, l'impression d'éloignement de ses proches, la diminution de l'estime de soi ou encore la perturbation du cycle de sommeil et de l'anxiété. Si la dépendance aux réseaux sociaux est souvent comparée à l'alcoolisme, alors contentons-nous de les consommer avec modération.