Plus de 3,5 millions de ces réfugiés sont des Syriens et Ankara souhaite la création en Syrie d'une "zone de sécurité" où ils pourraient retourner. "Si cela n'arrive pas, nous serons obligés d'ouvrir les portes. Soit vous nous aidez, soit, si vous ne le faites pas, désolé, mais il y des limites à ce que l'on peut supporter", a-t-il déclaré lors d'un discours télévisé à Ankara. "Nous disons, établissons une zone de sécurité (...) si nous faisons une telle chose, cela soulagera la Turquie", a-t-il poursuivi.

Il a également évoqué la situation à Idleb - province syrienne frontalière de la Turquie où résident environ 3 millions de personnes et qui est soumise à des bombardements du régime- ainsi qu'un afflux croissant de réfugiés afghans vers la Turquie. "Nous n'avons pas eu de soutien suffisant, et nous serons obligés de faire cela pour l'obtenir", a-t-il ajouté, affirmant que la Turquie avait dépensé 40 milliards de dollars et n'avait obtenu que trois milliards d'euros de l'Union européenne pour l'accueil des réfugiés syriens.

La Turquie et l'UE ont conclu en 2016 un accord qui prévoyait le retour en Turquie de migrants entrés illégalement en Grèce en échange notamment d'une aide financière de 6 milliards d'euros de l'UE à Ankara. "A ce jour l'Union européenne a alloué 5,6 des 6 milliards d'euros approuvés", a cependant répliqué une porte-parole de la Commission européenne, Natasha Bertaud, assurant que le reste sera versé "prochainement".

Mettant également la pression sur les Etats-Unis, avec lesquels la Turquie négocie la création d'une "zone de sécurité" dans le nord-est de la Syrie, M. Erdogan s'est dit "déterminé" à ce qu'elle soit créée "d'ici la dernière semaine de septembre". Affirmant que 350.000 Syriens étaient déjà retournés dans les zones contrôlées par la Turquie dans le nord de la Syrie, il a souligné que l'objectif était d'en installer un million "dans une zone de sécurité de 450 kilomètres le long de la frontière".