Le début de la campagne a été entaché par l'annonce de violences en provenance de la région instable du Kasaï (centre), avec la mort samedi de militants faisant campagne pour un candidat du parti présidentiel à l'Assemblée nationale. Trois hommes ont été décapités, selon le fils d'une des victimes et un candidat du Parti du peuple pour la démocratie et le progrès social (PPRD) Richard Ilunga Ntumba. Deux ont été tués après avoir été kidpnappés, selon une autre source proche du dossier consultée par l'AFP qui ne pouvait confirmer le mode opération de la décapitation.

A Kinshasa, des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour saluer le retour du "candidat commun" d'une partie de l'opposition, Martin Fayulu, de retour d'un séjour en Europe. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés par intermittence par la police pendant la manifestation autorisée entre l'aéroport de Ndjili et le centre-ville. "Nous devons à tout prix arracher l'alternance démocratique", a lancé M. Fayulu, l'un des 21 candidats à la succession du président Joseph Kabila, qui ne peut plus se représenter après 18 ans de pouvoir dont deux mandats de cinq ans.

Au Parlement, devant des représentants de la majorité et de l'opposition, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) Corneille Nangaa a souhaité que "la campagne ne soit pas un moment de violences" et appelé les 21 candidats à la "courtoisie" et au "débat d'idées". "Que le meilleur gagne!", a lancé M. Nangaa, en rappelant que la campagne commençait officiellement jeudi 22 novembre à minuit selon le calendrier électoral.

Celle-ci doit prendre fin le 21 décembre à minuit, deux jours avant les élections présidentielle, législatives et provinciales à un seul tour. L'enjeu est historique: permettre une première transmission du pouvoir sans effusion de sang depuis l'indépendance en 1960 de ce pays-continent instable (2,3 millions de km2, neuf frontières, 80 millions d'habitants, d'immenses richesses minérales). Sous la pression internationale - et de la rue congolaise selon l'opposition -, le chef de l'État sortant a renoncé à briguer un troisième mandat interdit par la Constitution, au regret d'une partie de ses partisans. Avec sa coalition Front commun pour le Congo (FCC), M. Kabila a désigné un "dauphin", son ex-ministre de l'Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary.

Machines à voter et "brouillard"

Plus de 40 millions d'électeurs ont été enregistrés par la commission électorale, qui a acheté quelque 106.000 "machines à voter" à une société sud-coréenne pour les trois scrutins. Cet écran tactile qui doit permettre de choisir les candidats et imprimer les bulletins de vote braque une partie de l'opposition. A peine arrivé, M. Fayulu a répété qu'il voulait "des élections crédibles, c'est-à-dire des élections avec bulletins de papier, sans machine à voter".

Pour la première fois mardi, un des candidats, Seth Kikuni, a officiellement demandé à la commission électorale le "report immédiat" des élections pour éviter des risques de "chaos". "Nous sommes dans le brouillard", sur la tenue ou non des élections au 23 décembre, résume un observateur étranger averti. Les "partenaires" étrangers de la RDC sont tenus à l'écart du processus électoral par Kinshasa, qui a refusé toute aide financière ou logistique, même de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), la plus importante au monde.

Outre les polémiques sur la "machine", des violences menacent la tenue du scrutin en de nombreux endroits du pays, à commencer par Beni (Nord Kivu, dans l'est), sous la double emprise des tueries attribuées au groupe armé ADF (rebelles musulmans de l'Ouganda voisin) et d'une épidémie de fièvre hémorragique Ebola. L'opposition congolaise aborde la campagne en ordre dispersé, après un très éphémère accord à Genève à sept sur la "candidature commune" de M. Fayulu. Dès le lendemain, M. Fayulu a perdu le soutien du parti historique de l'opposition UDPS et de son candidat Félix Tshisekedi, qui refuse de se désister en sa faveur. M. Tshisekedi doit rentrer samedi à Kinshasa, après avoir cherché des fonds en Europe avec son allié Vital Kamerhe, l'ex-président de l'Assemblée nationale. Les deux hommes pourraient annoncer un "ticket" dans les prochains jours.

Face aux divisions de l'opposition, le camp du président Joseph Kabila se présente en ordre de bataille autour du "dauphin", Emmanuel Ramazani Shadary, bientôt 58 ans. Originaire de l'Est comme bien des cadres du pouvoir, M. Ramazani Shadary est une des quinze personnalités congolaises sous sanction de l'Union européenne (UE) pour atteinte aux droits de l'Homme quand il était ministre de l'Intérieur entre décembre 2016 et début 2018. A cette date, les élections prévues fin 2016 à l'expiration du second mandat de M. Kabila avait été reportées à fin 2017, puis de nouveau au 23 décembre prochain. Ces sanctions devraient être renouvelées par Bruxelles d'ici la fin de l'année, en pleine campagne.

Le début de la campagne a été entaché par l'annonce de violences en provenance de la région instable du Kasaï (centre), avec la mort samedi de militants faisant campagne pour un candidat du parti présidentiel à l'Assemblée nationale. Trois hommes ont été décapités, selon le fils d'une des victimes et un candidat du Parti du peuple pour la démocratie et le progrès social (PPRD) Richard Ilunga Ntumba. Deux ont été tués après avoir été kidpnappés, selon une autre source proche du dossier consultée par l'AFP qui ne pouvait confirmer le mode opération de la décapitation.A Kinshasa, des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour saluer le retour du "candidat commun" d'une partie de l'opposition, Martin Fayulu, de retour d'un séjour en Europe. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés par intermittence par la police pendant la manifestation autorisée entre l'aéroport de Ndjili et le centre-ville. "Nous devons à tout prix arracher l'alternance démocratique", a lancé M. Fayulu, l'un des 21 candidats à la succession du président Joseph Kabila, qui ne peut plus se représenter après 18 ans de pouvoir dont deux mandats de cinq ans.Au Parlement, devant des représentants de la majorité et de l'opposition, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) Corneille Nangaa a souhaité que "la campagne ne soit pas un moment de violences" et appelé les 21 candidats à la "courtoisie" et au "débat d'idées". "Que le meilleur gagne!", a lancé M. Nangaa, en rappelant que la campagne commençait officiellement jeudi 22 novembre à minuit selon le calendrier électoral.Celle-ci doit prendre fin le 21 décembre à minuit, deux jours avant les élections présidentielle, législatives et provinciales à un seul tour. L'enjeu est historique: permettre une première transmission du pouvoir sans effusion de sang depuis l'indépendance en 1960 de ce pays-continent instable (2,3 millions de km2, neuf frontières, 80 millions d'habitants, d'immenses richesses minérales). Sous la pression internationale - et de la rue congolaise selon l'opposition -, le chef de l'État sortant a renoncé à briguer un troisième mandat interdit par la Constitution, au regret d'une partie de ses partisans. Avec sa coalition Front commun pour le Congo (FCC), M. Kabila a désigné un "dauphin", son ex-ministre de l'Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary.Plus de 40 millions d'électeurs ont été enregistrés par la commission électorale, qui a acheté quelque 106.000 "machines à voter" à une société sud-coréenne pour les trois scrutins. Cet écran tactile qui doit permettre de choisir les candidats et imprimer les bulletins de vote braque une partie de l'opposition. A peine arrivé, M. Fayulu a répété qu'il voulait "des élections crédibles, c'est-à-dire des élections avec bulletins de papier, sans machine à voter".Pour la première fois mardi, un des candidats, Seth Kikuni, a officiellement demandé à la commission électorale le "report immédiat" des élections pour éviter des risques de "chaos". "Nous sommes dans le brouillard", sur la tenue ou non des élections au 23 décembre, résume un observateur étranger averti. Les "partenaires" étrangers de la RDC sont tenus à l'écart du processus électoral par Kinshasa, qui a refusé toute aide financière ou logistique, même de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), la plus importante au monde.Outre les polémiques sur la "machine", des violences menacent la tenue du scrutin en de nombreux endroits du pays, à commencer par Beni (Nord Kivu, dans l'est), sous la double emprise des tueries attribuées au groupe armé ADF (rebelles musulmans de l'Ouganda voisin) et d'une épidémie de fièvre hémorragique Ebola. L'opposition congolaise aborde la campagne en ordre dispersé, après un très éphémère accord à Genève à sept sur la "candidature commune" de M. Fayulu. Dès le lendemain, M. Fayulu a perdu le soutien du parti historique de l'opposition UDPS et de son candidat Félix Tshisekedi, qui refuse de se désister en sa faveur. M. Tshisekedi doit rentrer samedi à Kinshasa, après avoir cherché des fonds en Europe avec son allié Vital Kamerhe, l'ex-président de l'Assemblée nationale. Les deux hommes pourraient annoncer un "ticket" dans les prochains jours.Face aux divisions de l'opposition, le camp du président Joseph Kabila se présente en ordre de bataille autour du "dauphin", Emmanuel Ramazani Shadary, bientôt 58 ans. Originaire de l'Est comme bien des cadres du pouvoir, M. Ramazani Shadary est une des quinze personnalités congolaises sous sanction de l'Union européenne (UE) pour atteinte aux droits de l'Homme quand il était ministre de l'Intérieur entre décembre 2016 et début 2018. A cette date, les élections prévues fin 2016 à l'expiration du second mandat de M. Kabila avait été reportées à fin 2017, puis de nouveau au 23 décembre prochain. Ces sanctions devraient être renouvelées par Bruxelles d'ici la fin de l'année, en pleine campagne.