Après le référendum d'autodétermination interdit du 1er octobre, la Catalogne avait été mise sous tutelle par le gouvernement central et son parlement a été dissous, dans l'attente d'un nouveau scrutin. Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy comptait sur ce nouveau vote catalan pour affaiblir la position des indépendantistes dans la région et pour faire triompher sa vision de la démocratie via les urnes.
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Après le référendum d'autodétermination interdit du 1er octobre, la Catalogne avait été mise sous tutelle par le gouvernement central et son parlement a été dissous, dans l'attente d'un nouveau scrutin. Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy comptait sur ce nouveau vote catalan pour affaiblir la position des indépendantistes dans la région et pour faire triompher sa vision de la démocratie via les urnes. Il n'en sera donc rien : en égalant quasiment leur dernier score aux élections régionales, les indépendantistes catalans défient le gouvernement de Madrid et l'unité de l'Espagne.Le record historique de participation (82% de votants) montre l'importance que cette élection a prise aux yeux des électeurs catalans. Au total, les indépendantistes obtiennent 47,6% des voix, contre 52% pour les partis qui défendent l'unité du pays. Ce qui n'empêchera pas aux indépendantistes d'avoir une assise confortable au parlement régional. En effet, la loi électorale catalane contient un système de pondération visant à avantager les provinces rurales, zones plutôt favorables aux indépendantistes. Le Parti populaire de Mariano Rajoy essuie de son côté une cuisante défaite dans la région, en passant de 11 à 3 sièges au parlement régional. La stratégie de Mariano Rajoy a-t-elle été mauvaise ? Pour El Mundo, c'est un "grand échec" pour Rajoy, tandis qu'El Pais considère que ce scrutin représente "la plus grande défaite de sa carrière politique". Pour le quotidien espagnol, le Premier ministre "a tout perdu" en Catalogne, et oblige l'Espagne entière à faire face aux conséquences.La Premier ministre espagnol a gardé le silence à l'issue du scrutin. Mais il pourrait s'exprimer aujourd'hui après une réunion avec son parti.(avec AFP)