De nombreux autobus ont été incendiés ainsi que des domiciles de personnalités, selon les médias locaux. A La Paz, des dizaines de manifestants "sont entrés dans nos installations et sont en train d'incendier les autobus", a déclaré sur Twitter le service municipal de transport public de La Paz. Les médias ont montré que quinze véhicules étaient en flammes dans le centre d'entretien des autobus. Le dirigeant d'un collectif de citoyens, Waldo Albarracin, qui a oeuvré aux demandes de démission de M. Morales, a déclaré que sa maison avait été incendiée et détruite par "une foule" de membres du Mouvement vers le socialisme (MAS), le parti d'Evo Morales.

Ce recteur de l'université d'Etat de La Paz a diffusé sur son compte Twitter une vidéo de sa résidence en flammes. Une présentatrice de la chaîne Television Universitaria, Casimira Lema, a elle aussi déclaré que sa maison avait été incendiée. Le domicile d'un ancien ministre, Juan Ramon Quintana, a été pillé par des inconnus qui ont emporté tous ses documents, selon les déclarations de M. Quintana lui-même à la télévision. De plus, plusieurs dizaines de personnes semaient la peur au cours de la nuit dans le quartier aisé d'Achumani, dans le sud de La Paz. Dans ce quartier se trouve le siège d'un quotidien critique envers Evo Morales, Pagina Siete.

Sur la porte de ce journal, on pouvait lire un avertissement disant: "Devant la vague de terreur qui s'est déchaînée dans la ville de La Paz, le quotidien Pagina Siete suspend ses activités par sécurité". Egalement à La Paz, le siège de l'ambassade du Venezuela a été occupé par des manifestants cagoulés à la suite de la démission du président Morales, fidèle allié de Caracas. "Equipés de dynamite, des manifestants cagoulés avec des boucliers ont pris l'ambassade du Venezuela en Bolivie. Nous allons bien et sommes à l'abri, mais ils veulent faire un massacre. Aidez-nous à dénoncer cette barbarie", a déclaré l'ambassadrice vénézuélienne Crisbeylee Gonzalez à l'agence de presse officielle ABI. Au milieu de la nuit, des patrouilles de l'armée ont commencé à parcourir les rues de La Paz et d'El Alto. En revanche, les policiers, dont de nombreuses unités s'étaient mutinées ces derniers jours contre le président Maduro, n'effectuaient pas de patrouilles, sans que leur absence actuelle ne soit expliquée par leur commandement.