"De fortes pressions se sont exercées depuis plusieurs mois pour la mise en oeuvre d'une nouvelle expérimentation en RDC", a écrit le ministre de la Santé dans sa lettre de démission.

"Le seul vaccin à être utilisé dans cette épidémie est le vaccin rVSV-ZEBOV fabriqué par le groupe pharmaceutique Merck", a rappelé lundi le bulletin quotidien du ministère de la Santé, en indiquant que 169.976 personnes ont été vaccinés.

Le ministre s'était opposé dans une circulaire à l'introduction d'un deuxième vaccin du laboratoire belge Johnson&Johnson, a indiqué son entourage.

"Il serait illusoire de croire que le nouveau vaccin (à deux doses administrées à 56 jours d'intervalle), proposé par des acteurs qui ont fait preuve d'un manque d'éthique manifeste en cachant volontairement des informations importantes aux autorités sanitaires, puisse avoir une incidence déterminante sur le contrôle de l'épidémie en cours", a ajouté le ministre.

Le ministre a présenté lundi sa démission au président Félix Tshisekedi, qui a décider de superviser directement le contrôle de la riposte contre Ebola par le biais d'un comité d'experts dirigé par le Pr Jean-Jacques Muyambe Tamfun.

Actuel directeur de l'Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa, ce médecin congolais "a fait partie de l'équipe de recherche ayant enquêté sur la première flambée connue de maladie à virus Ebola en 1976", peut-on lire sur le site de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Dans sa lettre de démission, le ministre-médecin estime que les membres de ce comité "ont pris ces derniers mois des interférences dans la conduite de la riposte".

Dans son entourage, on indique que certains membres du comité pourrait défendre l'introduction du deuxième vaccin, d'où l'enjeu profond de la démission.