M. Trump, qui arrivera de Ryad, a déjà déjoué les attentes sur ce dossier, en donnant aux Palestiniens plus d'espoir que prévu et en décevant la droite israélienne qui s'était emballée après son investiture.

Affichant son optimisme, le président américain a dit de ce conflit, l'un des plus vieux du monde, que c'était le "deal le plus difficile à conclure", "l'accord ultime", tout en promettant: "Nous allons y arriver".

Mais il vient d'essuyer des critiques israéliennes liées à des déclarations de la Maison Blanche sur le statut ultra-sensible de Jérusalem.

Et il est confronté à de nombreux problèmes de politique intérieure, à commencer par l'enquête sur une possible collusion entre des membres de son équipe de campagne et la Russie.

Les informations selon lesquelles M. Trump aurait partagé avec les Russes des renseignements hautement classifiés fournis par Israël ont aussi fait des vagues.

"Le danger est grand que cette visite ne puisse être productive en raison de tout le chaos et de la controverse en cours à Washington", explique à l'AFP Dan Shapiro, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Israël.

Avant de rencontrer lundi le Premier ministre Benjamin Netanyahu, M. Trump devrait devenir le premier président américain en exercice à se rendre au mur des Lamentations, le site le plus sacré où les juifs peuvent prier, situé à Jérusalem-Est occupée et annexée par Israël.

Israël considère Jérusalem comme sa capitale indivisible tandis que les Palestiniens considèrent l'est de Jérusalem comme la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

Mardi, Donald Trump se rendra à Bethléem, en Cisjordanie occupée, pour des entretiens avec le président palestinien Mahmoud Abbas. Puis il visitera le mémorial de l'Holocauste Yad Vashem à Jérusalem et prononcera un discours au Musée d'Israël.

'Position pas claire'

M. Trump, connu pour être imprévisible, a envoyé des signaux confus sur la façon dont il abordera le conflit israélo-palestinien.

Pendant sa campagne électorale, il avait promis de transférer l'ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, rompant avec des décennies de diplomatie américaine et alarmant les Palestiniens et le monde arabe. Il ne semble plus si pressé aujourd'hui.

Lors de sa rencontre avec M. Netanyahu à la Maison Blanche en février, il a déclaré qu'il soutiendrait un Etat unique si cela permettait de parvenir à la paix, remettant en question des années d'efforts internationaux pour une solution à deux États et faisant le jeu de la droite israélienne.

Mais dans le même temps, il a exhorté Israël à freiner la colonisation des Territoires occupés, préoccupation de longue date des Palestiniens et d'une grande partie du monde.

Et en recevant Mahmoud Abbas ce mois-ci, il a prédit avec confiance qu'un accord de paix était à portée de main.

Malgré l'apparente ouverture de Trump à certaines des préoccupations de M. Abbas, la prudence reste de mise côté palestinien, note le politologue palestinien Ghassan Khatib.

"La position de Trump n'est pas claire et semble encore évoluer", dit-il. "Les premiers jours de Trump ont provoqué l'inquiétude. Alors maintenant, avec l'aide d'autres pays arabes, ils veulent équilibrer la position de Trump sur le conflit".

M. Netanyahu dirige ce qui est considéré comme le gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël et les membres de sa coalition se sont félicités de l'élection de M. Trump, certains y voyant la fin de l'idée d'un Etat palestinien.

Les premiers mois de M. Trump les ont déçus, eux qui espéraient l'ambassade à Jérusalem et une colonisation débridée.

S'il se consacre pleinement à l'effort de paix, Donald Trump devra composer avec les difficultés de MM. Netanyahu et Abbas.

Ce dernier, âgé de 82 ans, est impopulaire alors que le Premier ministre israélien peut difficilement faire des concessions importantes en raison des exigences de sa coalition de droite, soulignent les analystes.

"C'est toujours un effort considérable pour une administration qui découvre ces questions, qui est relativement inexpérimentée et fait face à des parties ayant une longue pratique du jeu des accusations réciproques", résume M. Shapiro.

AFP