Ceux qui, en RDC et à l'étranger, ont vu dans le pouvoir bicéphale mis en place il y a cinq mois à Kinshasa un moindre mal, une formule garantissant l'apaisement politique et la stabilité du pays, doivent déchanter. Les tensions sont de plus en plus vives entre les partisans du président Félix Tshisekedi, investi le 24 janvier, et ceux de son prédécesseur, Joseph Kabila, qui a conservé la mainmise sur le pouvoir grâce à son écrasante majorité dans les assemblées. L'alliance entre pro-Kabila du Front commun pour le Congo (FCC) et pro-Tshisekedi de la coalition Cap pour le changement (Cash) ne tient que parce que le contact est maintenu au plus haut niveau. La base de chaque camp, elle, affiche une défiance croissante, tandis que kabilistes et tchisekedistes ne sont pas encore parvenus à se mettre d'accord sur la composition du prochain gouvernement. La coalition est-elle au bord de la rupture ? Tshisekedi, qui profite du vide politique pour prendre des décisions, peut-il faire évoluer le rapport de force en sa faveur ? Décryptage de la crise en dix questions.
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